dimanche 22 mai 2011

Bong : Beyond Ancient Space


Mine de rien, ce disque qui opiniâtrement donne la sensation à son auditeur d'être un cône d'encens en train de se consumer, est d'une race de vortex terminal encore plus infecte que le dernier Electric Wizard, chancelant comme il est non en bout de nuit, mais en bout de la route, quelque part seul au milieu de la nuit infinie, au moment où l'on ose plus changer d'un poil le geste mécanique, l'ampleur infime du balancement imbécile où l'on s'est ensablé depuis des heures impossibles à recompter, ce riff flasque que l'on ne peut cesser de cramponner comme un perdu de peur de s'effondrer, privé de l'appui du torride mur d'ondulation de basse qui est la chose même qui nous ronge la carcasse et rissole la caboche à en pleurer d'odeurs de cochon brûlé, et la seule chose qui nous sauve encore du siphon, dans un sursis qui crame doucement ses initiatiques instants, qui les égoutte avec le morne amour de Robert Smith pour les dernières larmes de sa bouteille de rouge pendant l'enregistrement de Carnage Visors, mine de rien ce disque redonne une virginité au clichesque "enfumé" tellement il pique les yeux et touffifie l'atmosphère, poussière par monceaux dans les conduits auditifs, kapok dans les poumons, sulfure d'hydrogène dans les yeux, et aux termes relatifs à la musique de drogués tous autant qu'ils sont, tant d'un bout à l'autre de son tracé il grésille avec la plus rigoriste des platitudes, mine de rien ce disque n'est même pas effrayant. Il est simplement fatidique.







Après, rien ne vous interdit d'avoir peur.

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