mardi 24 mai 2011

Haus Arafna : New York Rhapsody


Un nouveau disque de Haus Arafna qui ne révolutionne pas grand chose à Haus Arafna et dont l'unique saillance est qu'il a été composé comme bande-son d'un défilé ; de mode, c'est à dire. Vous avez bien lu.
L'auteur de ces lignes n'a pas vu le défilé en question, l'auteur de ces lignes n'est pas journaliste, il tient un blog et n'est pas même tenu de proscrire la première personne, vous êtes sur Soum et je ne vais pas donner dans le sociétal ou l'amphi de philo, l'anorexie et Auschwitz, tout ces sortes de choses, on est sur Soum on est ici pour ricaner et se délecter, on est ici pour ressentir - et on s'y croirait, car en vérité Haus Arafna s'est mis sur son trente-et-un, ses sons cintrés au cordeau, ses infiltrations gazeuses à leur plus limpide, rigoureusement fashion et design, avec l'amour du couturier pour la belle étoffe joignant le glacé du papier du même nom au glacé de la table d'autopsie où évidemment l'on évide des corps presque morts, avec des mouvements qui ont la grâce épurée des chorégraphies du meilleur goût abstrait - l'on se méduse comme les autres dans la salle de défilé qui s'est teintée en hématome&craie, devant l'armée des spectres qui doucement grimpent le runway dans des désarticulements d'araignées aux mouvement mollement heurtés et vacillants et distribuant les caresses du bout de langues pointues, l'esprit trop paralysé pour continuer à chercher un jeu de mots spirituel à faire sur new-wave et radiation, l'on se délecte, l'on déguste, jusqu'à la lie, certainement pas pour s'éveiller la conscience à quoi que ce soit, mais parce que c'est délice, jusqu'à la lie, parce que le défilé de Haus Arafna nous caresse de ses mousselines d'arcs électriques, de ses becquerelles d'organza, de ses tendres coups de fouet, et nous donne, enfin, tout à boire jusqu'au fond, tout notre saoul, avec toute la lenteur qui convient pour en jouir dans toute la gracieuse pureté, jusqu'à la dernière petite larme salée de plaisir, jusqu'au fond de la gorge.