samedi 28 mai 2011

Inevitable End : The Oculus


Jusqu'à quel point un groupe a-t-il besoin d'être sincère pourvu qu'il soit très doué ? Vous avez quatre heures.
Car il est évident qu'Inevitable End sont très doués - et je ne parle pas de technique (décidément, ça revient souvent en ce moment, je dois trop aller sur Thrashocore), car il est évident qu'Inevitable End touchent tellement en technique qu'ils doivent faire de la desquamation critique. Non, doués pour emballer le machin. Car il est évident qu'ils ne peuvent être tout à fait sincères. Le premier album était du gros deathgrind mi-brutal mi-hystérique (de mémoire, bâtie sur un quart d'écoute) gentiment inutile ; et tout à coup pour le second, hop-là, la voix en parmesan, les riffs haribo-parfum-gazouillis-au-crack qui dérapent en flûtés limite-indus à faire sourire Psyopus, les allègres bouffées d'impromptu - piano music-hall, slide western, machin, rétropédalage pachydermique mais presque, bidule, sax, post-metal acide, claves drolatiques sur un riff sinistre, orientalismes - les morceaux à trente-douze changements de trajectoire et qui durent deux minutes, j'en passe et vous les voyez d'ici. C'est tout sauf vraisemblable - non mais, enfin, cette pochette ?! Ou alors c'est une clause obligative des contrats Relapse, de coller à une ringardise toujours up-to-date ? J'ai du mal à croire que même d'ici quelques années, ça ait pris un tout petit charme de type Samael, mais surtout, ça sent son métalleux qui kiffe les compos solides. Et pourtant ... pourtant plus qu'à ce pensum de Calculating Infinity, qui semble le marché ciblé (et qu'ils risquent d'air-baller, avec leurs conneries de packaging rôliste) on pense, de plus en plus, à un genre de Soilent Green - en puissance, disons, faut pas pousser mémé dans la fosse-à-langues - avec le coulé dans le dérapage permanent qui fut celui de Deathspell Omega le temps, béni, du zénith Fas, Ite - disons un Destroyer Destroyer qui finira bien par pencher plus du côté Arabrot que du Crowpath, avec un peu de chance ; peut-être dans quelque temps, l'effet roller-coaster une fois passé, y homologuerai-je avec un peu plus de certitude une intégrale absence de tralala éligible au label KEN Mode - dont ils évoqueront le croisement avec Brutal Truth, pour le plus grand bonheur des amateurs de rodeo-dancing.

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