vendredi 20 mai 2011

Nader Sadek : In the Flesh


Il en va du death metal comme de l'orientation sexuelle. Il y a ceusses qui l'aiment pure race, dominatoire et athlétique, et ceux qui le préfèrent fin de race, vil et estropié. Et puis il y a les Romains ; ceux pour qui les huîtres n'empêchent pas les escargots, tout n'étant qu'affaire de proportions respectives, à la discrétion du particulier ; et ainsi, quoique la plus haute autorité m'ait certifié pédé musical, je me trouve être deathmetalliquement bisexuel. Je goûte autant le nouvel Autopsy qui, disons-le séance tenante en attendant qu'il soit évoqué céans, serait presqu'aussi pété que du Abscess, ne s'en fallait-il d'une production suffisamment intoxiquée - que ce Nader Sadek, pour y venir enfin, et qui d'évidence s'affilie à l'un des plus fameux fleurons du muscle monstrueux, à savoir Gateways to Annihilation, et à Nile - où les choses deviennent encore un peu plus intéressantes, puisque les vieux Nile étaient assez hermaphrodites dans leur genre, et que le petit père Nader a l'élégance de nous épargner les déguisements de tajine qui sont un peu le défaut gênant de Nile - mais si on va par là, Nader étant égyptien et Steve Tucker de la nationalité morbide que l'on sait, on aura vite fait d'inventorier à l'écoute du disque tout le pedigree de son staff, puisqu'on reconnaîtra tout aussi aisément la puissance féline du guitariste de Chimera - et concernant Cryptopsy je passe mon tour par ignorance, en m'inclinant devant la qualité jazz et rituelle des raids aériens mitraillés par le batteur incriminé.
Ne resteront plus à faire que les inévitables pirouettes miteuses sur le concept de l'album - l'huileux or noir en ses suppurantes cavernes - et la couleur y assortie que lui donnent les riffs du sus-cité, y greffer vaille que vaille un piquant mot d'esprit faisant intervenir la locution "Where the Slime Live" - et quoi ? En aura-t-on pour autant correctement donné idée d'un excellent disque de death scintillant, capiteux, pompier, recommandé aux fâcheux pour qui un Domination manquera toujours d'un petit chouïa, le cul qu'il est entre musculature proprement psychédélique et atroce angularité - et un précieux faux-jumeau du Hate Eternal qui sort justement ?

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