mardi 24 mai 2011

Owls : The Night Stays

Il est de ces line-up qui estomaquent à la simple lecture, mais qui très rapidement donnent à craindre la pire déception tant ils sont inespérés jusqu'à l'improbable. Ainsi : Tony Wakeford et Eraldo Bernocchi : ! (toutes mes excuses au troisième gus, il en est tout bonnement éclipsé, vous trouverez le nom tous seuls). D'autant que la chose dont il est question est présentée comme trip-hoppeuse et que l'Eraldo, depuis qu'il s'est mis à l'outillage électronique moderne, n'a pas fait autant d'étincelles que dans le temps.
Et à la première écoute on tique bien un peu.
Puis on s'incline, devant le fluide naturel flegmatique d'un genre de blues industriel et aristocratique tel que Depeche Mode peut en faire à ses moments - en discrètement plus coupe-gorge, tout de même. Et là-dessus ce vieux Tony, qu'on n'a certainement pas accoutumé d'entendre à pareille dérive, et qui se montre toujours aussi impérial, à errer au fil de l'eau de ces paysages mentaux déchiquetés et irradiés, à promener ses inflexions de matou et son œil madré entre les poubelles menaçantes de ce film noir dépeuplé, trébucher dans le persiflage du vent entre les étranges fruits, toujours se révélant plus chaloupé qu'on aurait jamais pu croire. Chère vieille chose. Qui fidèle à elle-même, partout comme à son salon, nous en fait les honneurs, à la fortune du pot, se faisant au besoin nuage de lait, comme si les lieux n'étaient pas aussi glaçants qu'une Nature Morte de Phallus Dei. Précieux Tony. Vieux barde dur à la peine sous son air de persan triste. Monsieur Tony.

2 commentaires:

Le Moignon a dit…

" (toutes mes excuses au troisième gus, il en est tout bonnement éclipsé, vous trouverez le nom tous seuls)"
Laisse-moi deviner, Bill Laswel ?

gulo gulo a dit…

ah, non non (on n'éclipse pas une infection), un vrai non-people en ce qui me concerne