vendredi 27 mai 2011

Take a Worm for a Walk Week : T.A.W.F.A.W.W.


Un album qu'il fait rudement plaisir. Parce qu'il vient rincer le triste goût de déception laissé par les promesses non tenues de Down I Go, rétablir une foi ; celle en la capacité intrinsèquement angloise à rafraîchir les idées des marmousets ultratlantéens dont ils s'emparent - ils les ont inventés, après tout, l'aînesse n'est pas un vain mot pour tout le monde.
Ici, il s'agit de rockin' pervcore. Les TAWF (l'acronyme est amusant mais même lui est invraisemblablement long, ils me pardonneront de le tronquer), qui se sont au passage encore un peu désapés de leurs atours disqueuse-core, font toutes choses pervcore avec la subtilité qui est leur apanage insulaire : du Daughters subtil, allégé de la recherche forcenée de l'urticant à tout prix ; du Bungle subtil, avec, pour aussi incroyable que ce puisse paraître, des touches cirque-bastringue discrètes (!) et des touches klezmer-ska discrètes (!!) voire subliminales ("ah d'accord, le vieux nous mène en gondole"), du Blood Brothers subtil, éventé de son esthétique Brigitta, du Sex Positions subtil au discopunk sans surlignage bourdonnant, du QotSA époque Rated R même par endroits, sans le folklore, que l'acidité, et de la batcave ultrafunky en flashes, par la grâce d'un chanteur discrètement prodigieux de bout en bout, aigre, versatile et sudoripare, mais toujours plus occupé à écluser les pintes qu'il tient dans chaque main qu'à faire des effets de manche ; et on pourrait encore caser quelque part Rolo Tomassi et Binaire. Bref une musique bien plus subtile et cohérente que mon grossier bombardement de références, un humble rock âpre et libre, en forme d'arc-en-ciel inflammatoire et fourmillant de swing, qui bien plus que de tous ces lourdauds est du sang de Poino.

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