vendredi 20 mai 2011

Xibalba : Madre Mia Gracias por los Dias


Le beatdown, mieux que passer à tabac, ce qui est le minimum syndical et programmatif, ça doit flairer la mise à mort. Xibalba partent déjà avec un épais avantage : ils sont mexicains. Le hxc latino, c'est jamais rigolo, ou alors c'est les nerfs qui lâchent, de tension et d'épuisement ; ce doit être une sorte de ras-le-bol de toute cette salsa et toute cette bossa, un besoin de faire découvrir un autre folklore, le hxc latino c'est toujours souple comme la justice et comme un doigt sur la gachette d'un uzi.
Mais ils ne s'arrêtent pas là. Ce steak de disque possède une couleur tellement juste low - low-end, bas du front, ras les pâquerettes - qu'on ne capte plus nettement si c'est du death ou bien du sludge d'alambic clandestin - ce qui est certain, c'est qu'il a eu une croissance amoureusement couvée au gaz d'échappement et à l'alcool de boulons ; et puis la voix qui a toutes les peines à s'arracher - et qui même ainsi a sûrement réveillé des incontinences nocturnes chez le petit Dwid Hellion - à son rase-bitume à elle aussi, et le tempo itou qui rame, qui sent son trop-plein de béquilles encaissées dans les cuisses, et le goût crissant du sang mêlé de morceaux de dents sur la langue, et la pesanteur dans le front qui peu à peu obscurcit la vision, le pit tout autour qui devient tarpit ... A la réflexion c'est aussi bien, car lorsqu'ils parviennent d'aventure à presqu'emballer le machin, à prendre leur rythme et le combat à leur compte, ils rappellent très vite un certain Enemy of the Sun ; sans la dimension poétique, c'est à dire. Oui, t'as bien pigé, c'est le genre de disque qui débaroule sur le village en bande hirsute avec des torches, le genre de disque qui recroqueville le scrotum de Seasons in the Size of Days et liquéfie le riant dernier Weekend Nachos, le genre de disque qui sent le brûlé, l'urine panique et l'ichor ...
On va pas tenter de réaffecter le terme souillé et pompeux de deathcore, et stenchcore je crois est déjà pris. Scumcore, cabron !



NB : Je vous colle la pochette de la première édition que je ne possède pas parce qu'elle est plus appropriée, mais que celle vachement plus banale de la réédition à paraître chez Southern Lord ne vous arrête pas, les bonus prouvent haut la main qu'il reste toujours quelque chose à broyer - et le nappent avec des hectolitres de napalm.

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