mardi 28 juin 2011

Weekend Nachos : Worthless


Je vous causais tout récemment en contrebas, parmi d'autres, des Weekend Nachos, mais avec ce disque ils se présentent peut-être comme les pires de tous.
Weekend Nachos passent dans les cercles informés pour du power-violence ; je ne m'étendrai pas sur la question, moi qui n'ai jamais bien compris comment on caractérisait cette chose qui est censée rendre compte également d'Iron Lung et de Yacopsae.
Ce qui frappe avec Weekend Nachos et encore plus avec Worthless, ce sont bien entendu les décélérations, qui n'ont rien de sludge tant elles sont dénudées de toute larme de blues, tant elles ne sont basiquement que des décélérations, mécaniques et infaillibles, et surtout plus basiquement encore que du brutal dégazage de méthanier dans les valvules de l'auditeur déconfit ; mais en réalité, même les parties grindopunk-truc dont je présume qu'elles valent au machin l'appellation dont il est question plus haut, n'ont plus rien de rock'n'roll, avec leur riffing platement toxique sans aucun romantisme, rien ici n'a même l'oxygénante abstraction martialo-sadomaso d'Admiral Angry ou l'ultrapesanteur nonsensique de The Acacia Strain, les larsens même pas sinistres, mais seulement fait d'indifférente brutalité industrielle parfaitement stable et huilée, le signal de standby du transpalette avant une nouvelle bennée de veauisme pétri d'autant de violence beatdown gratuite que d'inhumanité digne de Mechanics of Dysfunction.

lundi 27 juin 2011

Pulling Teeth : Funerary


De nos jours où Integrity n'a plus rien ni de sainteté ni de terreur, il est bon, sans doute, d'avoir un groupe tel que Pulling Teeth.
Mais Pulling Teeth a dépassé le cadre du holy terror, houla ! et Integrity n'est point seul à prendre sur Funerary une biblique déculottée ; je ne vais pas vous dresser le détail et le comment de l'orgie contusive : Gorgoroth, Watain, Ringworm, Kickback, Slayer, Converge, Deicide, Complete Failure - Pulling Teeth vous sert tout ça rôti sous les giclées de lance-flamme de ses riffs aussi rutilants que le dernier Anaal, et les accents infects de son Billy Idol from Hell de chanteur, il est tellement bon qu'il en sublime les invités venus l'appuyer, et qu'on croit entendre Rennie Resmini, Human Furnace et Runhild Gammelsaeter, là où il n'y a que Dwid et une poignée de semi-inconnus (mes confuses à ceux qui les connaissent, j'ai pas encore fait bosser google). Et juste quand tu crois devoir commencer à penser à t'épuiser, à force de frémir de tu ne sais quoi de tsunamique et sanguinolent qui te rôde par là-bas dessous la peau, ils lâchent leur black thrash punk écarlate et volcanique pour dévoiler un vit apocalyptique à en faire remonter les bisounours de Neurosis le ventre à l'air, enchaînant sur la même tornade d'album la version racaille d'Ad Majorem Sathanas Gloriam - Gaahl relooké Cristiano Ronaldo, tu visualises ? - et la version racaille de Times of Grace - Edwardson qui remplace Sid sur "My Way", tu te fais dessus - sérieux les gars, les chœurs FM épique sur du gros post-core gay messianique, je dis banco, avec le solo dégueu éblouissant de castortroyitude comme au temps de Paradise Illusions, Paranoid Delusions, et le crust cérémoniel sur lequel défilent les cohortes funestes, que Jeff Hayward va en faire une jaunisse, et faute de ronds de chapeau en manger des palettes entières de son bien nommé nouveau groupe ...
En vérité je vous le dis, le holy terror a recouvré son envergure de musique religieuse. rampez, vermisseaux.
Now pompei-core.

Elitist : Fear in a Handful of Dust


Vous me connaissez : du diable si je suis du genre à inventer des styles musicaux qui n'existent pas, ou chez moi à ranger sur la même pile dans l'étagère des trucs pas supposés avoir à faire ensemble (par exemple, imaginons : Phobia, Dystopia, Amebix et Iron Lung).
Mais là, il va falloir pas tarder à inventer un cadre où réunir tous ces trucs émergeant dernièrement, ceux tellement ridiculement heavy que, quoique pour la plupart affiliables au sludge donc au blues, qu'ils bourrent ou qu'ils lanternent, ils sont intégralement dépouillés du moindre atome de groove - dans l'acceptation sensuelle, mammifère du terme, car pour peu qu'on ait reconnu Jésus pour son sauveur et le potentiel-groove d'une presse hydraulique, plus de tracas ; tellement improbablement balourds que, quoique pour la plupart affiliés à un noyau dur de nerf écorché, ils sont imperméables dans les deux sens à tout reliquat d'affect, tellement outrageusement violents avec le plus grand fanatisme qu'ils en font oublier tout fondement à cette violence et la célèbrent obtusément comme un baphomet de déchetterie ; tellement monumentalement aplatissants qu'ils en sont monumentalement aplatis, ergo monumentalement plats, et d'autant plus terrifiants en cela, ces trucs qui massacrent au concasseur king-size avec une placide bonhomie.
Dans cette pile, il devra y avoir Haarp, Weekend Nachos, The Acacia Strain, Admiral Angry, The Abominable Iron Sloth et Dragged Into Sunlight, pour pouvoir accueillir convenablement Elitist, qui a à peu près complètement expurgé les accélérations cursedcore de son premier e.p, et expurgé celles qui subsistaient de toute vie, donc, et se fraie en conséquence une entrée gourmande dans la montagne de pulpe cuite à la George Foreman.
Comme evil-semoule-core est trop classique, je propose bravoleveau.

jeudi 23 juin 2011

Unsane, 23/6/11, le Rockstore, Montpellier


Que dire qui n'ait été déjà dit sur un concert d'Unsane - hormis que dans le Sud, ça drainera toujours plus de viande bleue qu'à Paris : que même avant la musique, entre les litres de mollard et les dégaines d'ouvriers, on est téléporté instantanément à Brooklyn ? que la musique est basique et fondamentale dans le sens noble des termes ? que les cervicales chiffonnées se ramassent à la pelle sur le parquet du Rockstore ? Aller voir Unsane pour ne pas se mettre la colonne vertébrale à l'état de linge essoré, j'ai jamais compris nettement l'intérêt.
Unsane c'est toujours la même chose, parce qu'Unsane c'est comme Motörhead : le blues ; et ceci vaut, bien sûr, pour leurs morceaux plusquetubesques connus et bien connus, bien sûr, mais aussi pour tous les autres, les grooves pollués et violentés, qui ne dégueulent pas moins de cette excessive évidence propre au groupe, et où j'entends de plus en plus rien que ça, le blues - et l'indus ; et rien d'autre d'important, et c'est une chose qui ne se conteste pas. Et ceci ne vaut pas pour leurs morceaux de tantouzes, j'ai beau n'en réussir à connaître aucun, je les reconnais toujours en un clin d’œil quand ils en jouent un, vous savez bien de quel album je parle ... Ils en ont joué un.
Dire aussi que le final toughdoom m'a joyeusement rappelé ma première fois avec eux sous le plafond bas d'une MJC des quartiers Nord de Marseille ?

mardi 21 juin 2011

Bong-Ra : Full Metal Racket


L'idée fumante, trop ébouriffante et botte-cul, là, de mixer metal extrême et techno extrême, on peut bien le dire, pendant qu'on est entre nous : c'est du vent - et dieu sait qu'il faut en avoir beaucoup entre les oreilles lorsqu'on écoute Cannibal Corpse, pour ne pas entendre que c'était chose faite bien avant Drumcorps, le death ça gabberise à tour de bras et il n'y a que les fans de Morbid Angel pour ne pas être au courant.
Ce que fait en revanche Bong-Ra, avec son nom qui fait penser à Mumm-Ra, sur ce disque, c'est exhausser et mettre en valeur tout le désespoir qui pleure comme les rivets la rouille des riffs d'un Slayer, d'un Terrorizer - mais surtout, car c'est le groupe qui récolte, à tout seigneur tout honneur, le plus gros de l'hommage ici canonné, surtout de Bolt Thrower.
Toute la sinistre détresse de ces riffs de la dernière charge au devant des hachoirs et du mortier, ressort d'un gris encore plus vif sur le champ de bataille boueux du teknival piétiné sans espoir aucun par l'armée de troufions perchés plus bas que terre sous leurs capotes et les rafales de kicks hostiles, de junglebeats vitrifiants et de blasts convulsés, le pouls morbide de la free et de sa ruine creuse les traits livides et la tristesse de ce brouillard que nulle couleur jamais ne vient trouer, que le feu des mines, et qui ne trempe pas tant toutes choses que ne fait la sueur s'épanchant en auréoles de peur, lourde, gluante, horrible ... Je veux dire, après ça, que reste-t-il, sinon écouter Mentallo & The Fixer - ou un album de Bolt Thrower, ramené à un épouvantable présent ? Quelqu'un a l'infoline de cet atroce truc ?

Front Line Assembly : FLAvour of the Weak


On avait pas dit qu'on en reparlerait ?
Parce que c'est bien là que ç'a commencé à se voir, quand bien même les fans, même les tièdes tels que bibi, ont de prime abord renâclé - quand l'infect Fulber a enfin laissé le pylônal et imagesinvoguien Leeb à se dépatouiller avec de vieux potes tels que Monsieur Will & Decree, le ci-devant et précieux Chris Peterson - que FLA a enfin commencé de recouvrer d'une longue maladie avec grosseurs métallistiques - que l'autre con aille au diable vauvert avec ses Burton Clochettes et ses Dinettes Cazaraï - que FLA en lieu et place de molle aérobic surgonflée a embrassé à pleins nerveux biceps un prodigy-beat intello-ifié à coups de psychotropes certifiés made in Canada, pour atteindre presque une abstract aggrotech brevetée chez Mentallo & the Fixer - en gardant sa touche sportive, pour le plus grand bien de son identité propre : Mentallo c'est le Bolt Thrower existentiel de l'ebm, merde quoi, que chacun reste chez soi, et les veaux électroniques seront bien abattus.

Ah merde, on en avait déjà parlé ... Pas grave, c'est aussi l'une des quelques réussites de McKean, faut pas se priver de la revoir.

M.K.B. : Docteur Chance

Obséquieux et abscons, plus de forme que de fond. Creuse à deux mains mon garçon, ils ont bien noyé le poisson. Rock de cave enfumée. Poésie prophétique, codée, mouvante, fuyante, évocatrice. Pose et prose. Mots distincts, détachés. Voie plaquée assumant généreusement des phrases télégraphiques, vaines ou visionnaires dans un souffle creux. Sous l’emphase esthétisante, un fil rouge qu’on devine : une géopolitique fumeuse, alambiquée. Un dessous des cartes ivre et livide. Le dernier printemps européen n’est plus très loin...

Les armes sont muettes
L’Ennemi se rapproche
Les mots d’ordre ont disparu
Des feuilles de bord.
Pourtant l’on avance.
Les irréguliers se perdent.
L’arme blanche à la ceinture.
Et une conviction vissée au cœur

lundi 20 juin 2011

Decree : Fateless


En voilà des qui nous rajeunissent pas ... Je vous refais pas les épisodes précédents (parcimonieux), on aura peut-être l'occasion d'y revenir, mais Decree n'est pas resté terré et ne prend pas son temps pour rien, ils ont bien affuté leur propos. Decree a redoutablement densifié et pris en masse moléculaire - et en température, aussi, tant et si bien que Decree aujourd'hui, ils incarnent ce qu'aurait dû être Ministry, si au lieu de devenir peu à peu ce que les métalleux appellent du metal-indus c'est à dire un groupe de metal, il avait suivi sa pente naturelle au sortir de Képhalè Xi Thêta, et plongé de bon cœur là où l'entraînaient des visions telles que "N.W.O", "Scarecrow", et "Corrosion", et "Grace" : dans les hallucinogènes durs, les délirogènes, et l'activisme d'une secte fin-du-mondiste paramilitaire dont le Saint Livre serait un triptyque de Sacrosanct Bleeds, Streetcleaner et Enemy of the Sun - pour un Mexique globalisé, embrasé en permanence, grouillant de rats dans son année du Cochon, et décoré par les cartels pillards de colonnades de crucifiés et d'irradiés, dans les huileuses fumées des hécatombes propitiatoires et le tonnerre des tambours miliciens sur leurs chars romains aux gueules de Baal monstrueuses - car c'est très exactement la même sensation retrouvée, de samba indus fanatique sortie des instruments infernaux d'un groupe de post-punk d'un autre monde, que sur les psaumes sus-cités (vous y ajouterez "The Cannibal Song", merci) ; en encore plus croyant.

jeudi 16 juin 2011

Sol Invictus : The Cruellest Month


Je le sentais : Ol'Tony est dans une putain d'année patate - au vrai, ç'avait même déjà commencé à gagner l'an dernier. Non pas, naturellement, que le galopin ait réellement plongé jamais : disons juste que je me suis dispensé d'acquérir l'album de The Triple Tree, collaboration d'autant plus décevante que Grey Force Wakeford ne l'était pas, ô combien - et que The Affordable Holmes ne m'a pas non plus balafré à vie. Mais foin des comptes d'apothicaire.
En bon branleur, je ne vais pas m'amuser à décrire Sol Invictus pour les novices - qui ne connaît pas Sol Invictus a tort, bien tort. Sol Invictus, trivialement, c'est de l'apo-folk.
Ce qui m'importe en vrai, c'est que Sol Invictus, c'est la meilleure apo-folk qui soit ; la preuve : c'est la seule qui m'aille. Parfaitement médiévale, élégamment fataliste, et je ne parle évidemment pas d'une voix l'une des plus belles de vieux matou à patte-folle. Et The Cruellest Month est un très bon Sol Invictus, aussi vivement médiéval que possible, c'est à dire présent, saisissant, comme la bise sur la lande ; et le pinacle saillant de cette vigueur vibrante est un "Cruel Lincoln" absolument brillant, hilare de virtuosité à sa plénitude, celle du ventre lunaire de Tony, et où ledit se permet même de nous renverser sur notre fondement en jonglant avec une goguenarde rougne, une aérienne grâce de bouffon qu'on ne lui avait jamais connue.
Ce n'est sans doute pas aux vieux bardes qu'on apprendra les plus véhémentes et époustouflantes grimaces, et cette prospère carcasse-là a encore de piquantes histoires en réserve, dans le manteau de son tendre rire diabolique.

mercredi 15 juin 2011

The Icarus Line : black lives at the golden coast


Doux Jésus ! Me les a-t-on changés, mes Icarus Line ? C'est à n'y pas les reconnaître ; ils ne sont presque plus têtes-à-claques - presque, car, n'est-ce past, comment voulez-vous, avec cette voix - avec ce talent, aussi.
Une autre chose qui n'a pas changé non plus, c'est l'adjectif solaire pour qualifier leur musique - mais si Penance Soirée appartenait à l'astre qui éclaire le dessous des cuillers, celui-ci est placé sous le soleil de Satan, pas n'importe où, exactement - au point d'en remontrer facile en explosion d'appétit au Monster Magnet de Superjudge - une autre chose qui n'a pas changé depuis Penance Soirée : l'hédonisme morbide de The Icarus Line, resplendissant dans ce disque aussi apollinien qu'il est voyou, aussi sleaze et glam qu'il est délavé de spleen, en anamorphose. Pour ne pas démentir la maladie du pitchpimping qui est la mienne, cet album est celui qu'auraient sorti les Stooges s'ils avaient été le groupe de Robert Smith - vous savez, le beau gosse dandy qui a sorti le tutti frutti de psychédélisme intitulé Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me ?Lien

mardi 14 juin 2011

Blaspherian : Allegiance to the Will of Damnation


Vous êtes sans doute rassasiécœurés du death metal.
Moi pas. Le death metal c'est la plus chouette foutue musique du monde. Blaspherian, ils ont tout : le patronyme, gauche, laid, pue-la-sueur ; le son, torride, touffu, suffocant ; les morceaux, obtuses broderies sur une cadence idéalement patapoufe, concupiscente et qui confine à la narquoiserie, de suzerain-démon ventru et dolent ; et la pochette, idéalement vilaine même si j'eusse préféré celle de l'album qui suivrait, on comprendra pourquoi en la cherchant dans "gogole image" - mais dont le contenu, lui, suivrait un peu moins.
En fait Blaspherian, sous ses airs modestes et artisans de death de proximité, joue carrément dans la cour d'Encoffination, dont il est l'indispensable pendant salace.

Ride for Revenge : The King of Snakes


Black metal, Ride for Revenge ? Oh, il y a bien un petit quelque chose de l'hirsutisme de Beherit là-dessous les frondaisons ... mais j'y entendrais surtout les Swans période Minotaure (celle que la plupart d'entre vous appellent plutôt période Police et Castration) et, surtout surtout, la horde des auteurs de Flowers of Romance, dont ils sembleraient avoir estampé le bocal à plantes qui font germer les envies - de porter peau de bête et gratter la terre avec son groin, y trouver os à ronger - les plantes qui font entendre les syrinx de la forêt, et tambouriner pour elles, avec le ravissement des idiots qui dénude les chicots. Pour tenter un angle d'attaque légèrement autre, à propos d'une musique qui ne le fait qu'à peine, jouissant comme elle le fait de la répétition et de la morosité extatique avec laquelle elle accélère et décélère sa sarabande, The King of Snakes fait communier, à la cadence des blasts de tibias sur les cuirs humains, le blasphème le plus sale (pedigree Profanatica, Ordo Tyrannis, Necroplasma) avec la régression dans la plus ignoble préhumanité d'un concert des Virgin Prunes.

samedi 11 juin 2011

Autopsy : Macabre Eternal


Je le fais pas exprès, je jure ! Le fait est, pourtant, que l'intérêt principal du nouvel Autopsy, outre un don intact pour les titres, est de montrer magistralement à quel point Autopsy est - ahem - vivant.
Les journalistes ont dit qu'ils avaient dû tuer Abscess pour cela. J'en étais fort marri, surtout à l'écoute d'un e.p. apéritif éventé ; mais aujourd'hui, en attendant qu'Abscess immanquablement ressuscite, je n'ai besoin pour me consoler que de goûter la ci-devant démonstration qu'ils n'ont même pas la nécessité du son eyehategodien de Mental Funeral pour sonner plus sludge que nature avec leurs solos fistuleux et leurs embardées punkblues ; de savourer des tubes à tiroirs (en forme de tubes eux aussi) tels que l'énorme "Dirty Gore Whore" (quand on a un don avec les mots ...) ou l'éléphantiasique "Always about to Die" ; d'apprécier la production épique juste ce qu'il faut à un album épique et fracassant, où tous les morceaux tournent dans les cinq minutes, et cinq minutes d'Autopsy on dépasse le stade de la poutre, ce sont d'entiers ouvrages de charpente sur le coin de la figure garantis, souriez ; de déguster l'évidence que Reifert est le meilleur chanteur de mormétal sans conteste possible, devant même les deux connauds de Bolt Thrower, vu qu'il redonne à chaque ligne un sens - très gastrique, et très giclatoire - au mot jubilation (oui, j'ai une coupable inclination pour ses presleyiennes inflexions), et cette ordure fait tout cela, non en battant, mais en battant comme un sauvage ... On s'offre même le luxe princier de claquer quelques bises bien frappées aux nineties, et particulièrement au proto-neo de Chaos A.D.
Le problème d'Autopsy, ou plutôt le problème des autres groupes de mormétal, c'est qu'Autopsy joue sur un autre plan cosmique : Autopsy joue le mormétal là où il est la forme la plus haute du bascule et roule ; le machete'n'roll aux gencives dégoulinantes de sang.

vendredi 10 juin 2011

Shining : blackjazz

Ou quand Hollywood s'empare des films à petits budgets. Ici, on déterre quelques bons vieux nanards des frères Larsen et Larsen, et on confie la réal du remake à des petits Norvégiens irresponsables, en passe de percer, dans tous les sens du terme. Le résultat ? Même univers post-atomique, compact et marécageux, même culte militariste du corps, grosse musclette et artillerie lourde ; une image plus lisse et sophistiquée, mais avec des idées par minutes et des délires saugrenus que n'auraient même pas osé un Michael Bay et un Zack Snyder réunis, des monstres mutants dépassant de cent fois la taille d'un Godzilla, une panoplie d'engins hi-tech aux appendices tous plus improbables, des missiles aux designs impossibles, et leurs explosions qui s'étendent dans des fractales interminables, sans parler des effet papillons qui vont avec ; tout, je dis bien tout pour en prendre plein la tronche. On pourrait douter de la sincérité et de la qualité du résultat, mais je vous arrête : c'est la même boucherie que d'origine, en plus épique.

Meurtre : s/t

Meurtre porte bien son nom. Lorsque j'ai des envies de meurtre, j'écoute Meurtre.
Meurtre n'est pas sanguin comme Today is the Day, ni psychotique comme Brainbombs. Meurtre est plus insidieux que ça. Meurtre cache bien son jeu, et ses paroles alarmistes respirent les menaces de mort. Pis, sous la prose, une musique encore plus évocatrice, noise rock urbaine, mal famée, éthylique dans ce que les rapports à l'alcool ont de plus malsains : à te finir dans le caniveau comme une vieille pute défoncée au crack et à la batte de base ball. Meurtre sort un vinyl, on les y a probablement obligés : si Meurtre s'écoutait dans la rue, nous serions tous morts. Désormais Meurtre s'écoute isolé dans ses retranchements, en paranorama, et finalement, ça finira peut-être par devenir plus dangereux encore…
Allez j'avoue, j'ai bloqué sur la grésillante (interférences-messages subliminaux?) face A, la B calme le jeu, avec sa lueur d'espoir en son milieu, avant de sombrer dans le noir une dernière fois. Cette fois-ci, plus d'hésitation : sortez vos outils, sortez dans la rue, et que le carnage commence.


jeudi 9 juin 2011

Diapsiquir : A.N.T.I.


J'ai une exaspérante fascination pour Kickback, tous mes proches vous le confirmeront, et tous pourront témoigner qu'elle ne se fixe assurément pas sur ce fils de pute de Damien. Ce nouvel album de la malédiction est annoncé sur les trompettes de "La France que vous aimez détester", ou un truc approchant - un que j'ai l'impression d'avoir déjà entendu ...
Et, personnellement, je ne vois pas, mais alors pas. Parce que pour le coup, il a - provisoirement ? enfin ? - lâché son sick black benêt, même si l'on pourra probablement lire çà et là des allusions à Lifelover et Woods of Infinity, et que s'il veut dire par là les nouvelles directions franchouillardes qu'il prend ... A.N.T.I. a la naïve et cataclysmique violence enfantine de Stupeflip, l'inquiétante aigreur punkoolique des VRP (ceux qui pensent que les VRP sont simplement drôles sont bien les plus drôles), la crudité lunaire de TTC, la queeritude garçon-bouchère des Tétines Noires : quant à moi je ne vois pas où se situe le problème, y a quasiment toute la France que j'aime, et puis flanquer tout ça à la clochard sur du rap-metal-blues nauséeusement tartouillé de théâtrale musette entre Bad Tripes et Têtes Raides bien plus raides qu'accoutumé, relooker Satan en Tacchini de pied en cap, escorté de gang vocals, et noyer la couleur dans un son plus toxique que Chris Reifert en soirée au Rectum, c'est d'autrement meilleur goût que le sempiternel beumeu dépravé qui fait ronfler petits et grands - et c'est surtout le ticket gagnant pour un disque somptueusement grotesque et poignant, gavé de mélodies imbéciles et malades qui collent au cerveau, et à la cruauté hâbleuse d'un Seth Gueko qui vient de se faire pisser dessus à la récré ; pour un bon dégueulis, aussi.
Sapristi ! Va peut-être carrément falloir que je me l'achète, pour pouvoir l'écouter mieux que sur le Nokia ...

Verdun, 7/6/11, le Mojomatic, Montpellier


Le coin de cette bonne vieille France qui vous a déjà donné Mutiilation et Mourning Dawn (et Pord, mais eux ils viennent de notre Mordor) a dernièrement enfanté un putain de groupe de doom, il serait temps qu'on commence à se le dire !
Ils jouent à Alès ce weekend, au passage.

Et désolé pour les As We Draw, mais pour les concerts en semaine, je commence à me faire vieux et rangé.

mercredi 8 juin 2011

Valborg : Barbarian


Les surdoués de Valborg ne chôment pas - trois ans, trois albums, depuis 2009, sont déjà bien lancés sur le prochain - et si Soum tient le ryhtme cahin-caha, on ne peut pas en dire autant de de leur préposé aux peintures : passe encore la maladroite naïveté de la copie rendue ici, mais en revanche il s'est carrément tout trompé de pochette de Godflesh, le nul, pour son hommage subliminal ! En effet, si Valborg, qui tout comme Blut aus Nord affiche de plus en plus ouvertement et richement son héritage, se rapproche ici d'un album de Godflesh, c'est du plus gothique de tous, Selfless, au groove de Killing Joke tabassé aux quaaludes duquel il entretisse, s'il était besoin, encore un peu plus de grosse corde rock gothique saurien, sous les espèces de Dolorian et Triptykon.
Gothique, gothique, ça fait une fois de plus beaucoup de gothique, sale gothique, m'apostrophera-t-on ; eh ! oui, c'est là sans conteste possible un superbe album de gothique viril, sybarite, forestier, comme d'un vieux Katatonia devenu félin et grondeur - croisé avec Entombed, en somme ? tout à fait : croisé avec Entombed - et qui me rappelle fort cuisamment à propos comment le second album m'avait très légèrement déçu avec sa saveur spadassine, et comment le premier était surtout promesse avec sa saveur de tartare non encore accommodé.
Voici donc Valborg, mesdames messieurs.

Vastum : Carnal Law


Série Z, troisième école : le mormétal pyramidal. Tel Morbid Angel dans un tout autre registre, Vastum vous transporte à la perfection dans les inépuisables couloirs et salles, éclairées par les grimaces des torches, d'un tombeau de roi-sorcier égyptien tout mal fait, dont les murs et le salpêtre suitent autant le malsain d'un vieux Mario Bava que celui d'un vieux Slayer, pleins qu'ils sont de vieux minotaures vicelards à la rêche pelure mal cousue aux entournures, quelques momies pour faire grincer un peu de doom-death ensablé dans leur thrash mythologique occulte et pataud, aussi torride et huileux que la fumée des cœurs mis à griller sur les braseros : un disque réjouissant comme un vieux jouet en bois farci partout de tirettes, de coulisses et de manivelles pour actionner toutes les sortes de chausse-trappes, de herses et de gorgones à ressort qu'on peut rêver. Pour regarder avec régal s'y faire équarrir et démembrer tous les Conan qu'on peut rêver.
Le mormétal, c'est offrir la joie à notre part enfant, aussi. D'ailleurs, même si vous ne lirez ceci que mercredi, comme il est en fait dimanche et que j'ai bien travaillé, je m'en vais me découper une part de gâteau au chocolat.

mardi 7 juin 2011

Corpsessed : The Dagger and the Chalice


En d'étranges éons, dit le proverbe, même la mort peut mourir ...
Mais pas mormétal. Le death metal ne saurait mourir, oh non. Adoncques, pour ce second épisode de notre saga navrante, un autre disque Dark Descent. Ceux-là tiennent déjà le genre de blaze qui fait partir avec un avantage. Il y a Decrepitaph, il y a Monumentomb mais c'est un album, il y a Testicouille mais ils n'existent pas ; et il y a Corpsessed.
Le nom annonce la couleur, l'intro l'assombrit direct : à côté, Into the Grave c'est Aesthethica ; le death à son aigu et cisaillard, c'est possible et possiblement réussi, confer Ithyphallic, mais le vrai mormétal est grave, et les canassons de chez Dark Descent, ils sont graves de chez grave. Corpsessed, c'est du profond venu d'outrespace - et je le pensais avant même d'apprendre que certains de ces mecs venaient de l'ultrasick doom et d'un groupe de funeral qui m'est cher - de ces coins reculés là-bas où des trous noirs vêtus de sacs de bure à capuche révèrent un dieu qu'ils appellent Craig Pillard. Corpsessed c'est du gnostic zouk vortex mormétal, ça mâchouille le cortex tout comme il faut mais ça n'oublie pas de bourrer comme une mule. Corpsessed, c'est un peu le saladier de rillettes cyclopéen venu dévorer des galaxies par chez nous : c'est puissant, on pige pas tout bien selon quelles normes d'hygiène c'est préparé - je dis ça pour l'occultisme évident de la chose mais aussi parce que c'est tellement gavé de basses que les riffs font un peu dégradé de noir sur noir - et on en a une énorme envie.

The Fatima Mansions : Valhalla Avenue


Un coreligionnaire sur un forum m'a fait tomber dedans ce disque en affirmant en substance qu'il était la version anglaise d'Angel Dust : moins porté sur le metal bourricot (mais celle-là je l'emprunte au mighty modafaca), plus sur l'electro, moins sur Sinatra, plus sur Scott Walker. Difficile de ne pas voir ce qu'il veut dire, mais comme de Scott Walker je ne connais, en couard que je suis, que les deux albums à grand spectacle cauchemardulatoire, je me permettrai de voir plutôt ici un boniment à l'exubérance certes angeldustienne, mais qui vient chahuter un rock-wave de punk à cravate, pour milk-bar de station balnéaire, et donc forcément très hanté par les fantômes de Frank Tovey et Hugh Cornwell - ne serait-ce qu'en ce que sans même rien biter aux textes, on en sent tout le violent sarcasme, et l'âcre morgue éduquée, qui bâtit bien plus l'atmosphère au bord du débord de cruauté, que ne font les cycliques dérapages noisy voire indus voire powernoise, de cette musique où affleure déjà le blues avec ses plus râpeuses ombres, bien avant même qu'elle ne commence d'agiter sur la fin du disque les marionnettes de Foetus et Pig, ou que sur les bonus de la réédition elle ne défoule sa tension dans du Skinny Puppy smart et funky, une reprise de "Stigmata" (oui, celle-là) très rock'n'roll, une très potache de "Shiny Happy People", et retour au calme. Bref.

lundi 6 juin 2011

Wu-Tang Clan : The W


Afin de ne pas davantage se surpeupler le transit avec les real compreneurs du hip-hop que je ne fais avec les authentiques du metal : je n'aime pas, que ce soit dit, le premier Wu-Tang Clan. M'emmerde. Jusqu'au point qui nous intéresse, quand ils sont tous réunis ils sont pour moi seulement le groupe de Wu-Tang Forever - et j'ai le triste devoir de vous apprendre que je ne le fais même pas exprès pour presser le vôtre, de transit : c'est là une élection qui date de 98, je ne connaissais alors pas internet ni le moindre avis sur ce disque que j'avais raflé à la médiathèque.
Voilà, on peut à présent parler musique, et de ce W conseillé par Mondkopf - lequel y voit une curieuse parenté de son, en producteur qu'il est, avec les travaux de Burial. Je me contenterai quant à moi d'admettre, en coquet que je suis, une couleur scornienne à la chose, puisque je me fais un principe de ne point entendre de dubstep.
Mais c'est avant tout à Hell on Earth que renvoient les glaciaux et osseux échos de monde souterrain et d'entrepôts désolés du W ; Hell on Earth dont il est une manière de version ultra-soul si l'on veut, RZA oblige, aux moues nocturnes parfois oniriquement proches du trip-hop très encre de chine de Pressure Drop ; ce qui veut dire all that jazz, bien sûr ; mais ce qui veut dire, non moins sûrement, que les protagonistes si smart de ce film noir entre poubelles et tripots derrière des tentures chinoises, ont déjà tous leurs ombres projetées et figées de l'autre côté du fleuve, underground, aux bons soins de Charon, ainsi que le veut le fatum dans toute bonne tragédie grecque - Carlito's Way et The Big Doe Rehab en tête ; quel est cet étrange vent dans ta voix qui sonne si creux, et tout ce qui s'ensuit ...
Downtown, ils disent, uh ? La ville basse, en effet.

Miasmal : Miasmal

Le mormétal, c'est vital. Tzim, boum. Je vous la fais aussi, celle du "ça réchauffe le cœur de voir comme ça des petits labels qui gardent le old school et le style plus vivants que jamais" ?
N'empêche ; Dark Descent, c'est des bons ; ils ont un sacré vivier (bon o.k, j'arrête, enfin, j'essaie).
Prenez Miasmal, tiens. Du juteux Entombed préhistorique, qui vient tout juste de commencer à faire des rêves au sujet de Wolverine Blues, tisse riff après riff d'horreur gothique au poil trempé de traverser rideau après rideau de basse plus gibbeuse que la lune (ah, le pouvoir du violet ...), et qui les caresse des voiles de superbes solos capiteux comme du Motörhead, pour une fois qu'on ne leur pique pas, erreur de débutant, les riffs, mais plutôt l'esprit blues nerveux et humble, ici relevé de poivre crust - en toute désinvolture, disais-je, tandis que la voix se carbonise à des constellations de distance : on entend presque claquer des doigts dans l'air qui miroite à la façon d'un mirage dans les vapeurs d'alcool.
Les solos, c'est vital aussi.

dimanche 5 juin 2011

Morbid Angel : Heretic


L'album jadis réputé le pire d'Angèle, et que des légions éplorées de fans bafouées dans leur tendre chair anale réenvisagent aujourd'hui pour se consoler de la perte de leur (adjectif possessif) idole chérie.
Là, je me sens rien qu'un peu, et doublement, blousé. D'une, je kiffe la vibez Illud, de deux, j'ai mêmement kiffé Heretic au premier regard - et regard il y a lieu, puisque l'artwork de la chose est remarquablement ... bleu ciel, bien plus que ne le laisse soupçonner la seule couverture. Mais, à nos moutons : je n'ai jamais réussi à me fourrer dans le citron ce qu'au juste on reprochait à Heretic : à part à la rigueur, paradoxe et défaut de sa qualité, de ressembler par trop à leurs serviles disciples de Mithras ? Parce que s'il est un album qui a été plus pompé que Felix Faure par tous les Morbid Angel-like loués de nos jours par les monomaniaques du brutal, c'est lui - et à juste raison : il est tout aussi vertigineusement morbidien que les autres, déjà par cette façon unique de, justement, vertigineusement toiser l'auditeur dès le premier morceau, des hauteurs inconcevables et perdues dans d'inimaginables cieux d'une aberrante et interminable cathédrale, pile de griffes, pignons et riffs, encore plus extra-terrestre même que l'encore animal Gateways ; Heretic crame les rétines comme la vue du soleil descendant moissonner la terre, à travers un vitrail impie qui donne aux infortunés le contemplant l'ouïe pour entendre l'obscénité métaphysique des rouleaux de canines coralines, et des multiples effractions de leurs enveloppes corporelles par où il vient festoyer de leurs plus intimes pulpes iridescentes ... Enfin bref, on a saisi le tableau général, je vais pas vous tricoter tout le synopsis, on a tous déjà assisté à une apocalypse : sachez que celle-ci est une sacrée foutue partouze byzantine.

jeudi 2 juin 2011

Speedy J : A Shocking Hobby


LE exemple massif pour illustrer comment une pochette - non mais regardez-la me la un peu, mes neveux ! - peut, assortie en sus ici d'un intitulé intrigant, donner maint relief à un disque somme toute simplement honnête.
Speedy J, briscard de la trad techno certifiée batave, nom de scène bien wizz-nineties à l'appui, qui se mettait alors, comme d'autres, d'un orteil à l'indus rythmique, sous lumière Aphex Twin, nous a certes laissé un sympathique et très sympathique album de hip-hop tectonique, abstrait, joufflu et corrodé, et dans le genre il était déjà bien meilleur qu'à peu près n'importe quel album de LFO, ne fût-ce qu'en régularité de la consistance. Mais force m'est d'avouer que la fort attachante face de taupe que dès l'abord il arbore, n'a jamais été pour rien dans les mystères dont se parent dans mes songeries ses recoins pénombreux et ses géologiques méandres.
Ce qui, sachez-le, ne me cause pas beaucoup plus de questionnements moraux qu'un album dont la moitié des œufs sont dans le panier du producteur : j'achète encore des disques, voyez ? Celui-ci était présenté dans une fort seyante cardboard sleeve, et je n'imagine même pas comment qu'elle doit prodigieusement rendre en taille vinyl - tandis que ce faisant je continue de la contempler et de rêvasser : une taupe ? Ou un renne ? Un arbre ? Ou l'inspiratrice de celle, tout aussi personnellement importante, de Kiss the Pig ?

Morbid Angel : Illud Divinum Insanus


Soit l'affaire Strauss-Kahn qui "secoue le landernau" metal ; coupable ou pas coupable, Angèle, de lèse-culte ? Too extreme, ainsi qu'ils le plaident ? Ou too pooree ?
Pendant que le bon peuple métalleux est empêtré dans les assauts d'amabilité assortis à la délicate question de déterminer si c'est par absence d'ouverture d'esprit ou par pure objectivité, ce fantasme à eux, qu'ils conchient le prévenu, je n'ai, moi, aucunement ce problème, puisque, si je passe dans leur parage pour l'illustration parfaite des dégâts de l'éclectisme - et du fake-isme, et du trend-isme, et du rémigaillardisme - je suis suffisamment non-métalleux justement, malgré les quantités astronomiques que j'en ingurgite, pour ne me point laisser mettre dans tous mes états par quelques beats, aussi commacs soient-ils. Aussi suis-je idéalement qualifié pour statuer :
Silence, ou je fais évacuer la salle.
Mouloud Di Vinum il est tout comme prévu. Les morceaux Laibach-gabber-party-in-Louxor fessent le cul, les morceaux Rammstein-Manson font dégueuler les oreilles non seulement parce qu'un solo mélodieux sur du Morbid en mid, c'est trop teletubbies pour passer, mais aussi parce que Rammstein et Manson c'est bien mieux que la même chose avec la voix de Phil Anselmo en salopette vinyl qui boudine - en gros, c'est plus du Morbid Angel canal historique, mais on se fout de ce que c'est vu que c'est pas bon, ça non - et les morceaux death n'existent pas vraiment.
Bon, d'accord, j'ai triché, j'ai simplifié. Y a un morceau death mid aux riffs triviaux indignes d'Angèle qui s'envole brusquement à l'occasion d'un solo aussi romantique que son titre ; "Nevermore" (eh non, je ne parlais pas de celui-là juste avant) révèle progressivement des charmes inattendus ; le bellâtre "10 More Dead" également, à la réflexion ; et pour être honnête le morceau le plus invraisemblablement pompé à Brian Warner se laisse manger tout seul.
L'important est qu'on a pigé : le Morbid nouveau est excellent comme de juste, et les morceaux les plus farouchement, les plus somptueusement Morbid, dans leur hideuse extravagance sexuellement autoritaire, sont comme de juste les morceaux makina. Les Profonds continueront à écouter du Morbid la nuit ; mais dorénavant ils bougeront leur zouk en le faisant. Morbid n'est pas près de le céder à quiconque en pharaonisme turgescent, tas de vermisseaux. Et ce n'est pas un "Mea Culpa" écrasant d'épais mépris morbidien qui me fera mentir, avec sa dernière louche pour la route en forme de feu d'artifesse gabber-cérémoniel tiré dans la bouche des pisse-froid et des mange-merde, sur un dernier chœur narquois de batracien occulte. Rideau.
Du coup je ne désespère même pas d'un jour trouver un usage à l'affreux morceau de Pantera au milieu, seule véritable maculat du disque et qui fanfaronne pourtant : "Je suis Morbid".


"Don't look back, your pleasure is here, there's no need to fear"
David Vincent
"On a la super patate alors à quat'pattes cocotte !"
King Ju