samedi 11 juin 2011

Autopsy : Macabre Eternal


Je le fais pas exprès, je jure ! Le fait est, pourtant, que l'intérêt principal du nouvel Autopsy, outre un don intact pour les titres, est de montrer magistralement à quel point Autopsy est - ahem - vivant.
Les journalistes ont dit qu'ils avaient dû tuer Abscess pour cela. J'en étais fort marri, surtout à l'écoute d'un e.p. apéritif éventé ; mais aujourd'hui, en attendant qu'Abscess immanquablement ressuscite, je n'ai besoin pour me consoler que de goûter la ci-devant démonstration qu'ils n'ont même pas la nécessité du son eyehategodien de Mental Funeral pour sonner plus sludge que nature avec leurs solos fistuleux et leurs embardées punkblues ; de savourer des tubes à tiroirs (en forme de tubes eux aussi) tels que l'énorme "Dirty Gore Whore" (quand on a un don avec les mots ...) ou l'éléphantiasique "Always about to Die" ; d'apprécier la production épique juste ce qu'il faut à un album épique et fracassant, où tous les morceaux tournent dans les cinq minutes, et cinq minutes d'Autopsy on dépasse le stade de la poutre, ce sont d'entiers ouvrages de charpente sur le coin de la figure garantis, souriez ; de déguster l'évidence que Reifert est le meilleur chanteur de mormétal sans conteste possible, devant même les deux connauds de Bolt Thrower, vu qu'il redonne à chaque ligne un sens - très gastrique, et très giclatoire - au mot jubilation (oui, j'ai une coupable inclination pour ses presleyiennes inflexions), et cette ordure fait tout cela, non en battant, mais en battant comme un sauvage ... On s'offre même le luxe princier de claquer quelques bises bien frappées aux nineties, et particulièrement au proto-neo de Chaos A.D.
Le problème d'Autopsy, ou plutôt le problème des autres groupes de mormétal, c'est qu'Autopsy joue sur un autre plan cosmique : Autopsy joue le mormétal là où il est la forme la plus haute du bascule et roule ; le machete'n'roll aux gencives dégoulinantes de sang.

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