lundi 20 juin 2011

Decree : Fateless


En voilà des qui nous rajeunissent pas ... Je vous refais pas les épisodes précédents (parcimonieux), on aura peut-être l'occasion d'y revenir, mais Decree n'est pas resté terré et ne prend pas son temps pour rien, ils ont bien affuté leur propos. Decree a redoutablement densifié et pris en masse moléculaire - et en température, aussi, tant et si bien que Decree aujourd'hui, ils incarnent ce qu'aurait dû être Ministry, si au lieu de devenir peu à peu ce que les métalleux appellent du metal-indus c'est à dire un groupe de metal, il avait suivi sa pente naturelle au sortir de Képhalè Xi Thêta, et plongé de bon cœur là où l'entraînaient des visions telles que "N.W.O", "Scarecrow", et "Corrosion", et "Grace" : dans les hallucinogènes durs, les délirogènes, et l'activisme d'une secte fin-du-mondiste paramilitaire dont le Saint Livre serait un triptyque de Sacrosanct Bleeds, Streetcleaner et Enemy of the Sun - pour un Mexique globalisé, embrasé en permanence, grouillant de rats dans son année du Cochon, et décoré par les cartels pillards de colonnades de crucifiés et d'irradiés, dans les huileuses fumées des hécatombes propitiatoires et le tonnerre des tambours miliciens sur leurs chars romains aux gueules de Baal monstrueuses - car c'est très exactement la même sensation retrouvée, de samba indus fanatique sortie des instruments infernaux d'un groupe de post-punk d'un autre monde, que sur les psaumes sus-cités (vous y ajouterez "The Cannibal Song", merci) ; en encore plus croyant.