mardi 21 juin 2011

M.K.B. : Docteur Chance

Obséquieux et abscons, plus de forme que de fond. Creuse à deux mains mon garçon, ils ont bien noyé le poisson. Rock de cave enfumée. Poésie prophétique, codée, mouvante, fuyante, évocatrice. Pose et prose. Mots distincts, détachés. Voie plaquée assumant généreusement des phrases télégraphiques, vaines ou visionnaires dans un souffle creux. Sous l’emphase esthétisante, un fil rouge qu’on devine : une géopolitique fumeuse, alambiquée. Un dessous des cartes ivre et livide. Le dernier printemps européen n’est plus très loin...

Les armes sont muettes
L’Ennemi se rapproche
Les mots d’ordre ont disparu
Des feuilles de bord.
Pourtant l’on avance.
Les irréguliers se perdent.
L’arme blanche à la ceinture.
Et une conviction vissée au cœur

5 commentaires:

gulo gulo a dit…

pourquoi, mais pourquoi ai-je revendu Le Trésor des Îles Chiennes ? (toujours la même réponse : la dèche)

Le Moignon a dit…

J'ai un doute affreux.

Il y a la B.O. du film Docteur Chance, mais j'ai l'impression qu'il y a aussi un album du même nom avec un tracklisting totalement différent, non ? C'est plutôt celui-ci que tu as chroniqué j'imagine... Chopé Terminal Toxique il y a peu, un rien brouillon (punk, quoi) mais ça donne envie d'y voir plus loin

Veni Vidi Peni a dit…

C’est en effet de l’album que je parlais, pas de la BO du film (je me suis un peu galéré pour trouver sur le web une pochette au format qui convienne et comme elle est plutôt insignifiante j’ai laissé tomber). Le chant est davantage mis en avant ici que sur terminal toxique.

Le Moignon a dit…

Ouép, sur Terminal Toxique, c'est un peu plus incorporé au vacarme, façon punk quoi ; là j'viens de choper "Feu!", et la voix est carrément en premier plan, ça fait très spoken word sur fond d'indus, bien classe ; faut vraiment que je teste le reste

Veni Vidi Peni a dit…

Feu! est très proche du spoken word, comme tu dis. L’instrumentation est discrète mais très réussie, je trouve qu’elle supporte intelligemment le texte. J’ai eu un peu de mal aux premières écoutes à cause des multiples références artistico-littéraires, je trouvais ça un peu "scolaire", mais il semble que ce soit plus un hommage, un désir de s’inscrire dans la continuité.