jeudi 2 juin 2011

Morbid Angel : Illud Divinum Insanus


Soit l'affaire Strauss-Kahn qui "secoue le landernau" metal ; coupable ou pas coupable, Angèle, de lèse-culte ? Too extreme, ainsi qu'ils le plaident ? Ou too pooree ?
Pendant que le bon peuple métalleux est empêtré dans les assauts d'amabilité assortis à la délicate question de déterminer si c'est par absence d'ouverture d'esprit ou par pure objectivité, ce fantasme à eux, qu'ils conchient le prévenu, je n'ai, moi, aucunement ce problème, puisque, si je passe dans leur parage pour l'illustration parfaite des dégâts de l'éclectisme - et du fake-isme, et du trend-isme, et du rémigaillardisme - je suis suffisamment non-métalleux justement, malgré les quantités astronomiques que j'en ingurgite, pour ne me point laisser mettre dans tous mes états par quelques beats, aussi commacs soient-ils. Aussi suis-je idéalement qualifié pour statuer :
Silence, ou je fais évacuer la salle.
Mouloud Di Vinum il est tout comme prévu. Les morceaux Laibach-gabber-party-in-Louxor fessent le cul, les morceaux Rammstein-Manson font dégueuler les oreilles non seulement parce qu'un solo mélodieux sur du Morbid en mid, c'est trop teletubbies pour passer, mais aussi parce que Rammstein et Manson c'est bien mieux que la même chose avec la voix de Phil Anselmo en salopette vinyl qui boudine - en gros, c'est plus du Morbid Angel canal historique, mais on se fout de ce que c'est vu que c'est pas bon, ça non - et les morceaux death n'existent pas vraiment.
Bon, d'accord, j'ai triché, j'ai simplifié. Y a un morceau death mid aux riffs triviaux indignes d'Angèle qui s'envole brusquement à l'occasion d'un solo aussi romantique que son titre ; "Nevermore" (eh non, je ne parlais pas de celui-là juste avant) révèle progressivement des charmes inattendus ; le bellâtre "10 More Dead" également, à la réflexion ; et pour être honnête le morceau le plus invraisemblablement pompé à Brian Warner se laisse manger tout seul.
L'important est qu'on a pigé : le Morbid nouveau est excellent comme de juste, et les morceaux les plus farouchement, les plus somptueusement Morbid, dans leur hideuse extravagance sexuellement autoritaire, sont comme de juste les morceaux makina. Les Profonds continueront à écouter du Morbid la nuit ; mais dorénavant ils bougeront leur zouk en le faisant. Morbid n'est pas près de le céder à quiconque en pharaonisme turgescent, tas de vermisseaux. Et ce n'est pas un "Mea Culpa" écrasant d'épais mépris morbidien qui me fera mentir, avec sa dernière louche pour la route en forme de feu d'artifesse gabber-cérémoniel tiré dans la bouche des pisse-froid et des mange-merde, sur un dernier chœur narquois de batracien occulte. Rideau.
Du coup je ne désespère même pas d'un jour trouver un usage à l'affreux morceau de Pantera au milieu, seule véritable maculat du disque et qui fanfaronne pourtant : "Je suis Morbid".


"Don't look back, your pleasure is here, there's no need to fear"
David Vincent
"On a la super patate alors à quat'pattes cocotte !"
King Ju

4 commentaires:

Ikea a dit…

J'applaudis, même si ce MA ne semble pas pour moi.

ACC a dit…

:D

gulo gulo a dit…

comme qui dirait, ptèt bien qu'Angèle est devenue encore plus élitiste qu'avant ^^

Raven a dit…

J'avais pas spécialement l'intention de l'écouter, mais dit comme ça, ça donne plutôt envie