jeudi 16 juin 2011

Sol Invictus : The Cruellest Month


Je le sentais : Ol'Tony est dans une putain d'année patate - au vrai, ç'avait même déjà commencé à gagner l'an dernier. Non pas, naturellement, que le galopin ait réellement plongé jamais : disons juste que je me suis dispensé d'acquérir l'album de The Triple Tree, collaboration d'autant plus décevante que Grey Force Wakeford ne l'était pas, ô combien - et que The Affordable Holmes ne m'a pas non plus balafré à vie. Mais foin des comptes d'apothicaire.
En bon branleur, je ne vais pas m'amuser à décrire Sol Invictus pour les novices - qui ne connaît pas Sol Invictus a tort, bien tort. Sol Invictus, trivialement, c'est de l'apo-folk.
Ce qui m'importe en vrai, c'est que Sol Invictus, c'est la meilleure apo-folk qui soit ; la preuve : c'est la seule qui m'aille. Parfaitement médiévale, élégamment fataliste, et je ne parle évidemment pas d'une voix l'une des plus belles de vieux matou à patte-folle. Et The Cruellest Month est un très bon Sol Invictus, aussi vivement médiéval que possible, c'est à dire présent, saisissant, comme la bise sur la lande ; et le pinacle saillant de cette vigueur vibrante est un "Cruel Lincoln" absolument brillant, hilare de virtuosité à sa plénitude, celle du ventre lunaire de Tony, et où ledit se permet même de nous renverser sur notre fondement en jonglant avec une goguenarde rougne, une aérienne grâce de bouffon qu'on ne lui avait jamais connue.
Ce n'est sans doute pas aux vieux bardes qu'on apprendra les plus véhémentes et époustouflantes grimaces, et cette prospère carcasse-là a encore de piquantes histoires en réserve, dans le manteau de son tendre rire diabolique.

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