samedi 30 juillet 2011

Emptyset : demiurge


Le minotaure fait sa ronde lugubre dans le dédale de circuits imprimés balayés par les mornes lames de la marée ionique, cramant ce qui palpite sur leur sillon, éteignant la vie, vomie en un blanc limon, embrassant toute chose dans leur appétit d'aimant, comme on remplit son congénère de ciment par la bouche.
Il est le démiurge de cette désolation sans issue, qui rôde. Crains qu'il ne te trouve, crains de sentir son poids sur ton tendre squelette.

The Hacker : The Next Step of New Wave


Eh, c'est marqué dessus. D'accord, le pas en question commence à dater rien qu'un peu. Mais :

a/ le mix comporte le meilleur et unique bon morceau d'Adult : "Hand to Phone".
b/ la new wave, elle, ne comporte pas qu'une seule piste, en son vaste territoire de brumes, et si depuis, zZz, The Horrors, November Növelet et autres Covenant ont produit chacun dans leur direction de tout à fait convenables next steps, il n'en reste pas moins que lorsque t'as eu de la moule et déniché un pochon de MD épicé à l'ancienne façon, type vieux xeu des familles, que tu as la moustache rêveuse et fuis de partout d'envie de broyer tes semblables dans les remous torrentueux de ton amour, on n'a pas depuis fait plus terrifiant ni simplement mieux que ce disque.

mercredi 27 juillet 2011

The Soft Moon : st


Rien qu'à voir ce qu'il griffonne distraitement dans la marge, on a compris que le mec a tout compris, à Absolute Body Control, à Alan Woxx, aux plus précieuses faces b de Cure, à Suicide, à Kas Product - il te vous manie tout ça avec une insupportable outre-aisance.
Lui reste maintenant pour coucher tout le monde, à comprendre comment c'est qu'on fait à partir d'une super idée un morceau, et rien que pour m'avoir forcé moi à dire ça, il n'aura droit à aucune indulgence. Au boulot, Pierrot.

mardi 26 juillet 2011

Gorguts : From Wisdom to Hate


Comme qui dirait si Morbid Angel n'était pas un cardinal obsédé sexuel, forcément de prime abord ça chagrine un peu, mais à la place un moine monacalement appliqué à s'enrouler dans la rêverie en spirale qui laisse le corps loin derrière, en bas, à tomber en poussière, et escalade, escalade, les colonnades qui soutiennent les constellations, délitant et déliant l'hélicoïde du mental, la faisant plante grimpante sur les boyaux ondulants du vide, la faisant brasse assurée parmi les massifs courants d'acide, barrissante entre les bulles pulvérulentes pesamment dandinantes de la pétrochimique effervescence, où elle se disperse avec ravissement.

Baring Teeth : Atrophy


Rarement musique est-elle aussi fluide (surtout si elle balance entre deathjazz et noisemath, mais passons, ce sont considérations d'intérêt nul) ... Baring Teeth coule comme de l'eau, de l'eau qui laverait Through Silver in Blood ou The Destroyers of All de sa douleur, la faisant beauté pure, ferait des ses plaies les crevés de superbe satin cramoisi d'un manteau d'écailles sombres pour aller au cabaret, lustrerait ses noirs à y faire piquer des bains de minuit. Atrophy lapide avec le violent babil de l'unique album de Robinson, comme qui lacère de fulgurants ricochets le tranquille mercure de la marée au crépuscule. Baring Teeth disloque avec toute la paisible liquidité que le vocable suggère, mais mieux, Baring Teeth désaltère. C'est inespéré.

samedi 23 juillet 2011

Cut Hands : afro noise 1


L'Afrique a quelque chose, sur quoi je n'aurai pas la balourdise de risquer des mots qui seraient uniquement suppositoires, et qui attire les tordus les plus inquiétants. Après K-Branding et Wolf Eyes, il était somme toute logique qu'elle inspire à William Benett cette nocturne chose, entre The Klinik, Phallus Dei et Sigillum S, à la douce beauté et au magnétique érotisme de l'épanchement de sang.

Lock Up : Necropolis Transparent


L'évidence est une sensation qui m'est chère. Et l'évidence est ce qui dégouline telle une ambiance surnaturelle de l'étrange osmose entre la laideur mécanique des riffs de label Embury-grind contrôlé, la batterie mechabulldozer de Barker, et l'ambiance black fulminante ; n'y a plus qu'à faire fondre dessus pour les dépecer la voix de harpie de Lindgren, et la terreur nocturne est complète, qui ne décongestionne pas de toute la longueur d'un disque qui aurait pourtant toute la martiale furie qu'il faut pour être épuisant.

dimanche 17 juillet 2011

Ringworm : Scars


Il en va du holy terror comme du black metal : l'existence de Dodheigmsgard, MayheM et Anaal, si elle distribue avec largesse amendes et avis de fermeture administrative d'une palanquée d'officines indignes, pour autant ne disqualifiera jamais la mission de salubrité publique d'Aura Noir ou Darkthrone ; et ainsi une soumission pleine et entière à la dernière machine à orgasmes de Pulling Teeth ne vous servira d'aucune dispense pour une séance de culbutes aussi immodérées qu'effrénées au son du heavy two-step millénariste d'un père Human Furnace en forme olympique. D'ailleurs, Ringworm ont-ils seulement quelque chose à envier à Pulling Teeth au rayon feu d'artifice ? Ici, moins que jamais. Et peut-on être rien moins qu'indémodable lorsqu'on est aussi dévoué au thrash vital, au vermillon, au carnassier ?

jeudi 14 juillet 2011

Deathcore UFC



A ma gauche, short gris, Ion Dissonance, guitares et basses qui se prennent pour Meshuggah et Admiral Angry, batteur québécois, pochette qui se prend pour Bannon et Baisley. A ma droite, short gris, Suicide Silence, batteur cainri, riffs monodoigts en force, The Acacia Strain lâché dans un magasin de barbe-à-papa baptisé UrotSawKidoji, pochette avec des yeux, moshparts d'abrutis du sol au plafond, et disque qui se prend pour Slipknot 2000.0 : une musique qui parlera très sûrement beaucoup à tous les kids vénèrs, outrancière, à qui il ne manque même pas un petit refrain de Jack Sparrow, le plus célèbre enfant du maïs - mais en revanche manque peut-être un tantinet de la prodigyeuse hystérie des sus-nommés, que voulez-vous, faut être de son temps et notre temps est à l'écrasement ... Le slasher-core de Suicide Silence ressemble de fait de plus en plus nettement à un télescopage de Korn et de Cannibal Corpse dans un coquet salon repeint par le gars qui a fait la devanture de Seasons in the Abyss. Raffinement à prévoir à tous les étages du propos.
Devinez lequel est le plus réjouissant ?

Agenda






La seconde moitié de l'année s'annonce aussi éreintante que la première, au moins visuellement.

lundi 11 juillet 2011

Pure : bodyhammer


Le gabber est une chose vaine, de la makina en moins glauque.
La plupart du temps.
Il y a les fois où le gabber est une effraction de la plus grande sèche brutalité militaire qui se puisse dans le système nerveux.

dimanche 10 juillet 2011

Deutsch Nepal : Amygdala


Une armée marche sur cette terre, elle est constituée d'un seul Templier intoxiqué à en faire peur à Urfaust, alcoolique, saturé d'herbes de chamane jusqu'à la pointe des cheveux, aveuglé par les hallucinations, maugréant des psaumes obscurs, et après lui la contrée se change en steppe, à la démence étale sous le ciel noir, en désert dont le vent vagit sur les âmes à nu, paniquées. Amygdala, mes frères, Amygdala est venue !

samedi 9 juillet 2011

PRO-PAIN, "Foul Taste of Freedom Tour 2011”, 06/07/11, München

Ambiance VRAIMENT sympa pour célébrer les 20 ans de Pro-Pain. Couples de "frères de métal", potes de muscu, clones de Scott Ian, minettes superchattées, tondus tatoués aux œillades de St Bernard en quête d’adoption : on est entre Co-Pains !
Chaperonné par un roadie jovial et perfectionniste (qui fond tel un oiseau de proie défaire une boucle de câble et te repositionne une cymbale avec la précision du système d’alignement des chambre à fils du CERN) Pro-Pain délivre un show huilé comme un match de WWF, sans temps mort, plaisant, bien exécuté, propre et net. Certes, c’est à la longue un peu linéaire et ne brille pas par son originalité (Another Par-Paing in the wall du NY metalcore ?) mais il y a des soirs où l’originalité on s’assoit volontiers dessus.

Même s’ils ne passeront probablement jamais la ligne Maginot un mot, Justin, sur la première partie : ME, MYSELF AND THE AUDIENCE, un groupe de Bad Töltz (ville thermale, l’équivalent de Dax : une pharmacie par habitant, sans les fêtes défoulatoires du mois d’août). NYHC grindoïde entrecoupé de musiques de films, c’est du joyeux n’importe quoi : gueule à tourner dans un sit-com, mèche gay, marcel gay, crachats, fessées, coups de micro et accent bavarois imbitable. Quelque part entre Aggresive Agricultor, Spudmonsters et Tokio Hotel.

Mercyless : Coloured Funeral


Trivialement, voire objectivement, on a ici affaire à un gros congrégat gris de patafix fait d'écrasures de Covenant, Forest of Equilibrium, The Rack, Heartwork, et du plus malgracieux, myodégénérescent et, disons le, death, des Godflesh : Selfless bien entendu. Comment la convergence de toutes ces choses qui rivalisent en laideur aboutit à une étrange mais frappante beauté, ça, c'est la classe française.
Au niveau plus poétique de la réalité, on a une épouvantable froidure gluante comme d'une stalactite qui vous goutte libidineusement dans le col, une prestance aussi féline qu'elle est cadavérique, une horreur baroque aussi limpide et adamantine que poussiéreuse - mon dieu cet interlude à la guitare classique, quelle ignominie ! Tout à fait le genre de manoir Renaissance où l'on s'attend à voir des immondices Harkonnen/Clive Barker de type ci-contre surgir des miroirs.
Une splendeur sans merci.

jeudi 7 juillet 2011

HeadCat : Walk the Walk ... Talk the Talk


Que Motörhead passe pour avoir inventé le metal voire Metallica (mon cœur ...) alors que Lemmy se défend d'en jouer et en appelle à longueur de goulées de Jack (mon coeur, bordel ...) à Eddie Cochran, Buddy Holly et Chuck Berry, vous le savez déjà sûrement, tout le monde le sait, tous les concerts de Motörhead commencent et finissent par cette annonce, et presque tous les articles la citent.
Que HeadCat est le groupe de bar qui reprend le personnel de Lemmy, Slim Jim & Danny B et avec qui Lem donne des concerts de musique de bar dans des bars bénis par les esprits du rock'n'roll, et que le présent album soit moins country et plus rock que l'album jaune, genre du ZZ Top à l'os et sudatoirement sexuel, vous ne le savez peut-être pas et vous vous en foutez sûrement.
Ce n'est sûrement pas ainsi que je parviendrai à éveiller un vif intérêt et à vous coller l'envie d'écouter l'album.
En même temps, qu'est-ce que j'en ai à foutre, que vous écoutiez l'album ? Moi je l'écoute, ce putain de disque en or, c'est bien tout ce qui compte, et je suis pas votre mère, si vous n'avez pas d'éducation ce n'est vraiment pas mon problème. Allez vous faire foutre ailleurs, au besoin, il y a sûrement des bars pour ceux de votre espèce, des musiques pour ceux de votre espèce, si vous n'entendez pas celle-là. Peace.

mercredi 6 juillet 2011

The Horrors : Skying


The Horrors, c'est un peu l'artisan un peu sorcier que tu appelles pour restaurer ce qu'il peut de la dignité d'un bijou ancien, et qui non seulement te le remet à neuf, comme dans "comme le jour où il était neuf, et que tu te tenais vierge devant ses charmes", mais encore, sans avoir le mauvais goût de le mettre à celui du jour, t'en fait quelque chose d'encore mieux, le rehaussant et l'épurant, le veloutant et l'acérant, te le rendant plus resplendissant encore qu'au jour de sa jeunesse et que Vénus sortant de son huître.
Sur Skying, il s'agit de la musique exceptionnellement racée et parfois un poil d'angora trop uniforme des Chameleons ; et l'espace d'un album, la new-wave (oubliez d'avance ces conneries que vous entendrez sur le shoegaze et le chou-croûte, ne parlons pas du trompe-couillon, mais des essences seules, ce dont il est question ici est la new-wave) redevient, non seulement la plus belle musique du monde, mais la plus sublime forme de la pop ; celle qui accompagne à ravir un agent secret en croisière sous le tropique de la morphine, terrassé sur le pont à siroter des cocktails de toutes les couleurs de l'ergot de seigle, un sourire lourd sur sa face d'Arlequin madré en route pour Tanger ; celle qui est tellement belle fleur que les derniers albums de zZz et des Walkmen, et jusqu'aux deux premiers A-Ha en personne, ont des cheveux à se faire.
Il paraît que c'est complètement con de s'exprimer aussi prématurément sur un disque et de claironner parmi les premiers ahuris, mais je veux partager ma joie, car The Horrors sont la joie depuis déjà trois albums, et jamais la joie n'avait été aussi vertigineuse.

lundi 4 juillet 2011

The Gates of Slumber : the wretch


Je n'arriverai décidément pas à livrer ici quelque chose, non pas de mieux comme si c'était une sorte d'inaccessible, mais simplement d'autre, que ceci, vu comment à le réécouter j'ai juste envie de refermer le bec, et de laisser pendre mon menton le long de son filet de bave - putain seigneur c'est trop beau ! j'en relirais le dernier Tim Willocks dans la nuit avec ça en boucle infinie, retenez moi, mais retenez moi !
Mais comme il faut, non, il Faut, que The Wretch trône un peu ici, je vous invite à suivre le mulot vers l'ouvrage d'un qui me rend plus souvent qu'à son tour jaloux de son étincelante lettrosité, et qui a dû être mon frère appolinien dans une vie ou une autre. Lisez et comprenez.

Bong-Ra : Monster


Mince alors ! Un concept-ep, et de breakcore, encore ! Sur Monster, à chaque morceau son nom de monstre, et derrière chaque masque de monstre un écueil qui guette la relation entre deux personnes ... Fichtre.
Bon, on parle de Bong-Ra, donc ni Charybde ni Scylla, on aura Behemoth, Cyclops, Kraken et Yeti ; pour dessiner ces béantes gueules, étrangères à ses goguenards érotosatanisteries accoutumées, Jason K. bombarde un contusionnant alliage de brutal aikido façon Panacea récent et de kendo nyctalope entre le Xingu Hill tardif et le Cdatakill paradisiaque, sous lequel vont se faire froisser et déglinguer quelques versets de Cabale à en troubler Rachel Kozak et quelques pizzicati qui parviennent élégamment à davantage suggérer Alison Shaw qu'Aaron Funk.
Et l'amour selon Jason Köhnen de se présenter comme un train fantôme dont les virages giflent avec la gracieuse sauvagerie du breakdance le plus enfiévré.

dimanche 3 juillet 2011

Tombs : path of totality


Non le postcore n'est pas nécessairement une musique de majestueux branle-mous, non ses velléités blackish ne sont pas fatalement vouées à résulter en purée aussi vaine que Céleste.
Tombs reste toujours soigneusement près, en guise d'épique, de verser dans le ravin crust, Tombs est toujours au contact des ses racines curistes, ici le fanatisme malade, roide et haché de Pornography dans ce qu'il a de plus godfleshien et sourd à son humanité - et de ses racines hardcore, on ne fait pas ici dans la hallebarde de cérémonie post-metal, on donne plutôt de la machette, Tombs ça plane pas, Tombs ça laboure, presque comme une sorte de Buried Inside, non moins funèbre, mais plus vif, plus viril, plus dangereusement mobile, et cependant même ses influences norvégiennes rockent plus que les riffs sévères de Tombs et la rocailleuse dégelée que met son batteur, avec ce disque la nuit tombe à la façon d'une grêle de cafards de fer sur la terre condamnée, Path of Totality est mieux qu'un des attelages les plus réussis de hardcore et de beumeu : du goth école Killing Joke initié dans l'Inner Circle.
Bref Tombs ne rigole pas, et vous non plus.

samedi 2 juillet 2011

Wormskull : Sound of Hell


La bande originale qu'aurait eu "Blade" * si Happy Walters n'avait pas foiré la suite à donner à l'album Judgement Night, pour la seconde fois après Spawn ? Même pas. Parce que Jason Köhnen, qui kiffe suffisamment la poussière pour rendre un hommage rudeboy valable à Morricone, et qui a le tort tout véniel de n'avoir pas pour nom Vorhees, est trop resté un death métalleux malgré l'échec de ses groupes de hard, pour se contenter d'un disque juste festif comme Always Outnumbered, Never Outgunned ; et surtout parce que Blade est un film de merde jusqu'à l'os, que les vampires y sont des tantouzes, et que Jason n'aime pas assez les choses propres et bien dégagées derrière les oreilles pour caster Wesley Snipes et Roni Size - lui aurait pris Busta Rhymes et Reel 2 Real, et tant qu'à donner dans le crossover en face aurait foutu James Woods et The Klinik. Accessoirement, parce que le futur vers lequel fonce Wormskull à fond les gamelles est un western vandale et médiéval.
Pas d'étiquette made in Soum ici, celle qu'ils se sont adjugée de deathhall dit suffisamment bien la rafale de basslines entre death metal et goth que vos tibias vont connaître ici (mais si viandard-junglepunk vous intéresse, je peux vous le garder au frais) : sous ses beats raggagoth pour thugs en chasse de fémur à ronger, Wormskull est tout bêtement le retour racaillard de Jason Köhnen au pays des groupes de hard.



*edit : je viens de m'apercevoir que je voulais probablement parler de Blade II, mais on a saisi l'idée à la mention du nom Happy Walters : je parlais de ce disque dont le seul moment réussi est une apparition de Cypress Hill (ce qui me permet de faire une référence point innocente), et puis ça marche aussi avec "Blade II" niveau merdisme