vendredi 12 août 2011

Opeth : Watershed


L'on conçoit sans la moindre peine comment il y a toutes raisons de conchier Opeth, paradigme flatulatoire de tout ce que le métalleux, passereau commun, peut avoir de puant en ce qu'il, non pas ne parle que de ce qu'il sait ce qui encore serait modeste à défaut de faire rêver, mais avant tout, horreur, sait de quoi il parle - toute la dimension "zicos qui touche", en somme, toute la qualité d'un soin professionnel pour vos cheveux, ça va de pair. Mais là ... là.
Là on a gavé de voix claires sonnant comme Patton un balai carré dans le fion et qui chante l'amour courtois avec l'infecte délicatesse philosophe de MJ Keenan, et qui du coup passe super mieux que l'original et son sarcasme gominé, gavé de guitares acoustiques qui te croquent un Moyen-Âge de science-fiction une vraie pochette de Yes, gavé de mélodies sidérales plusqueneuneus intolérablement neuro-adhésives (à la limite du Pantheist ou du Paradise Lost, c'est dire) ... J'en oublie obligatoirement, l'album est un arc-en-ciel en bouche, mais le résultat est le même : aiguillé par un intitulé tel que "The Lotus Eater" (ce passage exotique bungleur merengue chez Circé, crénom ! divinement irrésistible), on se laisse faire et emmener au fil de l'eau de ces délicieux voyages d'Ulysse, un Ulysse qui allierait l'imbitable snobisme de Philippe Noiret à la mâle crétinerie de Bernard Giraudeau, paix à son âme, en perfecto ; un Ulysse tel qu'on le sait, bourgeois encanaillé avec ravissements et rien moins que pressé de retrouver sa bourgeoise, qui fait le lover et emballe le vent ("Burden", monstrueuse boucherie elle aussi) bourré seul sur le pont de son rafiot, à raconter des blagues aux Martins-Pêcheurs de Mars, apprenant la recette de la marinade pour les souvlakis à Fernando Ribeiro ...
Vous connaissez le topo : je vous raconte pas tout le film, on en aurait pour la nuit, et si je devais être capable d'autre chose que teaser j'écrirais des disques, pas des billets : c'est bien mieux de le regarder le film, croyez-moi - c'est que ce con-là en taquinerait Morningrise sur la plus haute marche, bouducon ...
Il confirme en tout état de cause la règle salvatrice : pour trouver les albums d'Opeth qui collent pas la gerbe, fie-toi à la pochette ; ce qui augure plutôt bien pour l'Heritage à venir.

2 commentaires:

Little-Axe a dit…

vrai que la pochette du suivant fait rever. surtout les petites têtes dans le feuillage, c'est tout mignon.

Fred a dit…

Mince c'est dommages, j'aimais bien Opeth, un peu, à petite dose mais là ça donne pas du tout envie...