lundi 1 août 2011

Psychopomps : Fiction Non Fiction


Dieu bénisse les soldeurs. A l'époque, j'avais un gros petit faible bien compréhensible pour les Pomps et leur jobarderie (il faudra bien un jour que l'un ou l'autre vous parle de l'inénarrable 666 Nights in Hell), mais j'étais aussi intraitablement sérieux que le Gringo sur la noirceur de mon electro-dark, nom d'un grouft en bois ! j'ai détesté.
Les Sickos, leurs destinées toujours étrangement liées à celle de Claus Larsen, prenaient alors comme ce dernier un virage Nine Inch Nails - en l'occurrence un qu'on pouvait trouver, au moins en apparence, encore plus évident et littéral ; et surtout en quatre fois plus guimauve, quand Leaether Strip lui tentait du moins de sauver les meubles d'un certain gothisme bien rigide aux articulations.
Des années plus tard, à la faveur d'un tout petit prix, c'est la reddition pleine et entière. Nine Inch Nails, certes, sans rien à y envier question feuilleté de textures, de guitares alien, de joaillerie rythmique, de délicatesses vocales, mais Nine Inch Nails en habits baléariques, encore, voletant plus d'une fois non loin d'un Porno for Pyros langoureux et lounge où l'on passerait presque à côté de l'intact mordant ironique qui signe les deux voyous (devenus trois) - presque, et sans jamais faire honte à une pochette qui, a fortiori en cette saison, promet toutes les rafraîchissantes gâteries à la gorge qu'on peut attendre des cocktails les plus extravagants - et Fiction Non Fiction réussit tout ce dont il a l'audace, à commencer par rendre infiniment capable et loveuse une voix geignasillarde qu'on reconnaît pourtant, mais qui se révèle ici, en pendant mâle de Liam Gallagher - mais encore : la drum'n'bass anxieuse et tropicale, la squaredance electro dandie, le slow college 50's perché, "All is Full of Love" en version Diesel & Dust avec Robert Smith au solo, Trent déchiré à la MD en boîte et qui se met à chanter "Can't Take my Eyes Off of You", des harmonies chantantes dorées au soleil de Seattle ... j'en passe et des vertigineuses.
My colour is rich, c'est justement ma définition de la pop.

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