mercredi 28 septembre 2011

Big Sexy Noise : s.t

Les sensations qu'évoque ce backing band donnent toutes sur la même cour : un Morphine encore plus préhistorique, du Unsane recru de fatigue et de mollards, le morceau de Faith no More avec Boo-Yaa Tribe : fenêtre sur swamp, là en bas, crassement familier, paresseusement intime, ton bon vieux swamp privé, ton alligator de compagnie. Et là-devant, affalée de toute sa vieille chair de morue pas assez éventée, elle ! la grognasse que j'ai jamais pu encadrer : Lydia Lunch.
Et c'est qu'elle me fait du rentre-dedans façon Crash, le vieux sac-à-vin, un genre de - Dieu sait pourtant si lui non plus je peux pas me le farcir - Tom Waits en version fém... mouais, non, c'est pas si probant maintenant que j'y pense, elle est aussi féminine en tous cas que peut l'être le plus esquinté des chats de gouttière, et je ne parle pas de Tom Waits, petits malins - mais carrément en pleine possession de ses moyens de vieille salope calée à califourchon sur la mère Diamanda, Jennifer Finch, Nicole Blackman, une Jennifer Charles défraîchie, et Brian Johnson - oui, sacré attelage de bataille, et la lourde pute-épave donne ici une vraie performance de conquérante, de celles, massives et évidentes, qu'on n'a pas un quart de poil de couille de seconde le loisir de discuter : c'est le vrai truc. Ceci est un album, un vrai, une rencontre de celles dont on ne mélange pas le prénom, un album qu'on arrivera pas à seulement entendre, quoi qu'on trouve à faire en même temps : il assied son orageux cul sur toi, et il t'en pétrit et t'en repasse avec des grâces de rhinocéros. Cet album est de ceux, pas si nombreux, qui font sécher et piquer les yeux, parce qu'ils te transportent sans délicatesse ni demander consentement - mais par magie - dans un de ces bouclards sans issue dont l'haleine de tout-à-l'égout devient la seule chose qui ait jamais existé pour les gluants instants d'éternité qui s'y étalent. Un connard chassieux d'album de blues, de vaudou péquenaud - c'est ptèt bin pour ça qu'il me fait cet effet bœuf, moi qui n'ai jamais rien compris à Lydie P'tidèj.

2 commentaires:

Innamorato a dit…

vu en concert, absolument monstrueux, musique de chiens bourrés, Iggy femelle, tout ça tout ça...
Et Lydia Déjeuner (ben oui sinon elle se serait appelé Lydia Breakfast... ce qui aurait été pas mal aussi) qui redevient un espèce de pré-mamie goth avec son sac à main une fois descendue de scène, alors qu'elle devient cette espèce de marianne faithfull goudronneuse une fois montée. Bon je peux toujours pas la piffrer dès qu'elle ouvre la bouche pour autre chose que chanter, mais ça ça changera jamais. Il faut rendre à Gallon drunk ce qu'il eur appartient par contre: la musique derrière c'est eux, et ce groupe semble condamné à être une illustration de l'éthylisme sauvage.

gulo gulo a dit…

en même temps, j'ai depuis redonné leur chance, tant qu'à faire, à ce groupe dont la lecture du nom fait toujours résonner la voix de Bernard Lenoir à mes oreilles, et c'est toujours aussi chiant