vendredi 16 septembre 2011

Cobalt : Gin

Fait amusant : à l'époque, je m'étais raccroché pour enfin trouver ce que tout le monde trouvait à ce groupe, à ses parties fièrement énamourées des Swans et Neurosis.
Aujourd'hui, je découvre un mirifique album de metal. De quoi-metal ? D'american metal.
War metal, revendiquaient-ils sur leur premier disque, mais sûrement pas, du moins ici, à la Ross Bay Cult, non, plutôt à la guerre dont on prend le sentier, avec cet album pour fond sonore aux hallucinations carnivores d'une danse du Soleil pas piquée des vers. Black metal, les classe-t-on, mais le groupe de l'Ancien Monde auquel ils font le plus penser est le plus noyé dans ses rêves cocaïnés (Satyricon bien entendu), et sur lui Cobalt ont l'avantage d'être nés dedans (la cocaïne bien entendu).
Rien que la prod ne peut être que ricaine, nauséeusement enfouraillées comme sont les guitares sur cette batterie dont la parade nuptiale est d'une gatling en robe du soir.
L'ambiance, aussi, quelque part entre l'Acid Bath des moments pas fleurette, en presque plus sexe, ainsi tout vêtu de lames, et le Today is the Day le plus péquenaud, à la lisière du Rwake et de ses tournis évaporés de Délivrance, par la grâce d'un doublage voix black Sammy Pierre style et voix goret grind, n'oublions pas Circle of Dead Children pendant qu'on est dans l'interlude photo de famille (à laquelle il faudrait ajouter The Great Southern Trendkill, à quoi le chanteur fait involontairement penser à un moment qu'il fait de son mieux le Gira, mais pas que).
Mais encore les riffs qui, tout autant que le dernier High on Fire est fait pour la noblesse sauvage et moite et les passions titanesques d'un roman de Tim Willocks, semblent dessiner à grandes traînées de sang dans le sable un décor de polar de Boston Teran dans la fournaise de l'Arizona, avec leur férocité de chacals venus festoyer sur les reliefs d'un sabbats de pouilleux arraidis à la meth. Katsuk meets Manson Family. Un album d'affut et de curée tour à tour, de traque et d'initiation par le sang, et de sanctification par le long couteau.

6 commentaires:

gulo gulo a dit…

oui, Tristan : j'ai lu ta chronique (elle est même cause que je l'ai réécouté)

Ikea a dit…

barf, comme souvent, nos visions se rejoignent et, comme souvent, tu les explicite mieux que je ne le fais. ;)

Ikea a dit…

*ajout d'un "s" tu sais où

gulo gulo a dit…

allons, allons ; pas de fausse modestie entre nous

Little-Axe a dit…

incroyable, j'ai decouvert cet album hier seulement, par pur hasard. la vie, parfois, est bien foutue.

gulo gulo a dit…

les astres