lundi 31 octobre 2011

Envy, I Pilot Daemon, Selenites, 30/10/11, le Bikini, Toulouse

Le Bikini est une salle prodigieuse, on le sait. Néanmoins il manquait un peu de tequila sunrises dans le patio ; et le prodigieux son n'était pas forcément adapté à certains des groupes du soir, non plus que les superbes lights Jean-Michel J.

Selenites : j'avais gardé de leur album un désagréable souvenir de velléités néo-violentes ; mais soit ils ont beaucoup changé, soit j'ai vraiment trop mal écouté, parce que ce qu'ils m'ont collé cette fois, c'est une puisssante envie d'entendre quelque chose de réellement haineux, genre Isis, voire carrément de la bonne grosse négativité gratuite à la Pelican. Le light-show vert et bleu n'était peut-être pas si hors de propos après tout.

I Pilot Daemon : sous de trompeurs airs de Converge Escape Plan, voici un groupe qui fait les choses seulement comme ils  les sent, à commencer par un chanteur dont je n'ai jamais vu la pareille à la gestuelle, sinon chez Cali, utilise la basse comme une rythmique indusfunk vindicative, emmène un morceau commencé chaos'n'roll-riffs-qui-piquent-les-tympans vers de la mélodie aux sourires écorchés fugaziens, puis dans de l'acidité à la Kill Sadie, et encore dans de la lancinance mystico-crêpi où on leur trouve des liens de parenté avec les grandes heures 90 des Hems, Davy Jones Locker, Sister Iodine, bref une musique qui a peut-être de la maladresse parfois, mais énormément de fraîcheur et de sincérité.

Envy : je ne les connaissais que d'a priori, et si ce n'est la voix claire  kawai du très charismatique petit type devant, qui n'est pas une mauvais idée en soi au contraire, mais juste d'une platitude effarante, surtout comparée à sa très respectable gutturalité - eh bien je n'ai que du bien à en dire : que c'est neuneu, que c'est gland, que c'est flan, que c'est gay - mais alors, que c'est beau ! J'en aurais presque acheté un album. Un petit rappel hardcore presque de trop, surtout après le final royalement tire-larmes-de-joie, et c'est en fini d'un set épique et fleuri à souhait, qui vous réconcilie avec les adjectifs aérien, cristallin et liquide.

jeudi 27 octobre 2011

HTRK : Work (Work, Work)

Vous lirez çà et là à propos de ce disque le mot "cold". Je voudrais clarifier les choses. Ce disque apporte une réponse au mystère de la disparition de la malheureuse Sade, depuis des années : elle était enfermée dans le frigo. Voilà ce qu'est ce disque en fait de cold.
Quelqu'un comptait probablement sur elle pour ainsi composer un album de téléphone rose queero-nouvelle vague, 1-800 Get Kahn et Characters of Seduction en ligne de mire, et il se retrouve avec ce truc annonant, ces lignes de basses paumées entre Dive et Donna Summer, ces lèvres congelées qui effleurent tant bien que mal tout en se fendant, ces gourdes galipettes dirigées par Second Layer et mises sous vide par Remote, dans un bunker au pôle où ne rôdent en guise de plantes vertes suggestives que quelques faméliques chats synthétiques.
Après, plus trivialement, c'est un disque d'HTRK, quoi : pour peu qu'on soit un tantinet curiste, on aura du mal à savoir si c'est bon pour du vrai, puisque c'est juste la musique la plus naturelle et amniotique du monde, sans passer par la case raison. Toute la différence, en somme, avec un faiseur, surdoué certes mais faiseur néanmoins, tel que The Soft Moon. HTRK sont en prise directe sur votre part lesbienne allemande art-punk, c'est ça, la différence.

lundi 24 octobre 2011

Life of Agony : River Runs Red


Qu'est ce que j'ai branlé moi ? Comment ai-je pu oublier de parler de ce disque ? Les ravages de l'alcoolisme sans doute. Mais j'en conviens, tout a déjà été dit sur ce disque. Ou si ce n'est tout, disons beaucoup de choses. D'un autre côté il est de notorieté publique que ce que le monde entier raconte, j'en ai plus ou moins rien à battre. J'en parlais il y a peu avec des âmes pures et vraies: la souffrance morale et la souffrance physique ont ceci en commun que la douleur persiste un temps, comme un mémo adressé à soi-même qui dirait "ce que tu viens de faire là, si tu pouvais eviter de recommencer pendant les deux prochaines années on y gagnerait, parce que ça fait un mal de chien cette connerie". Le rapport me demanderez vous ? Quand bien même il n'y en aurait aucun, je dis ce que je veux. Mais le fait est que là en plus il y en a un.
Life of agony, c'est à la fois la boule dans l'estomac et le coup de pied dans les couilles. C'est parfois moche, souvent gay. Life of agony, c'est marcel et eye-liner.
Meilleur moment pour écouter le disque : en prenant un bain moussant, I guess.

dimanche 23 octobre 2011

Phallus Dei : Orpheus & Eurydice

J'aurais plutôt dit Histoire d'O ; mais peut-être ce n'est pas antagoniste.

En tous les cas dans le genre - tragédie romantique sexuelle pire que l'album de Carla Subito - hormis le nouvel HTRK, vous ne trouverez pas foule d'autres candidats.

vendredi 21 octobre 2011

Rorcal, Solar Flare, 400 The Cat, 20/10/11, le Mojomatic, Montpellier

Une chose qu'on prénomme déontologique voudrait que je ne rapporte pas ce concert, non tant que j'en aie fait partie de la logistique, mais que de ce fait j'en ai été plus distrait que ne l'aurais souhaité. Cette chose ne m'ayant pourtant jamais empêché de descendre en flammes des groupes dont j'ai regardé la performance deux minutes, je passerai outre. Parce que ces groupes-ci le méritent. Non pas de se faire descendre ; au contraire.

400 The Cat : je ne connais pas Superstatic Revolution, mais j'ai bien senti ici l'hérédité Morgue ; d'une parce que déjà Morgue sonnait davantage comme du chaosnoisecore extrême que le deathgrind qu'il était supposé être, de deux et c'est la même chose, parce qu'on retrouve ici la sensation de se faire cribler d'éclats minéraux dans ces riffs dont le swing ultra tight et pourtant décontracté dégage la grande classe des grands petits groupes, portée entre autres par un chanteur qui habite les embardées de son groupe avec la même électrocution, un peu, que Mike de Pord, et s'en fait dévaster sans théâtre et de bon cœur. A revoir quand ils veulent.

Solar Flare : catastrophé au début par un début d'angoisse de ne pas du tout rentrer dans ses riffs drone pas trop menaçants, dans ce contexte dépouillé de toute solennité, j'ai été bien attrapé, et me suis retrouvé densément fasciné par cette musique de grotte, ces gouttes tour à tour mélodiques et infrabassues, c'est quand il reveut lui aussi.

Rorcal : plus fan de MMM que de leur dernier pavé mono-piste peplum, j'ai là aussi été fait choper par suprise, celle de découvrir que ces petits jeunes adorables ont dans la besace un excellent ultradoom au tranchant de scie black, bien plus réussi que tous les machins blackened doom auxquels je peux penser, et finalement une interprétation assez horrorgothique (version fuligineuse et fulminante) du doom moderne, ce qui a tout pour me plaire ; un peu comme si Overmars et Céleste étaient le même groupe - et bons. Quand ils veulent, ter. Et réécoute du susdit pavé à prévoir. Quand vous voulez aussi, l'album de beumeu un peu uptempo (mais pas tout le temps).



Avis aux amateurs : All that Glitters Montpellier et son abruti de caissier ne pratiquent pas l'entrée gratuite à partir de la dernière demi-heure de concert ; qui veut voir vingt minutes de concert ne veut pas voir de concert.

jeudi 20 octobre 2011

Opeth : Heritage

Comme son nom ne l'indique pas, la nouvelle comédie musicale Loukoum est, conformément à la vogue actuelle à Hollywood d'acheter les grandes licences pop françaises, adaptée des Trois Mousquetaires. Très librement.
Ainsi, les trois gascons bouchers ont-ils été avantageusement remplacés par les virevoltants et cheveuxauvants Albator, Ulysse et Münchausen, tandis qu'en lieu et place du joli-cœur D'Artagnan l'on trouvera le roi des crevards en moustache, Mike Patton, sur des parties pour lui écrites par les rois-quenelles, Cornell et Cantrell.
Escomptez un voyage aussi picaresque et fringant que vous pouvez imaginer, un crépuscule baléarique et intranquille en Arcadie sous les palmes murmurantes.

lundi 17 octobre 2011

Skinny Puppy : Handover

Maigrechiot, c'est l'exemple-type de mon principe de ne jamais enterrer un groupe qui a pesamment compté pour moi, même après qu'il a sorti une demi-réussite (donc un amer échec) du nom de Greater Wrong of the Right, et connu la submersion corps et bien sous les espèces de Myhtmaker - à vrai dire, c'en est même probablement l'origine. Aussi les surveillais-je toujours, d'un œil distant mais mouillé de mansuétude.
En toute logique, Maigrechiot me prouve aujourd'hui mon bien-fondé. Et merde aux grincheux qu'il se trouvera forcément pour estimer que les survivants n'ont droit qu'à la suite du piedestalisé Last Rights : Maigrechiot s'engouffre cette fois enfin plus que de la tête et des épaules dans la mer mélodique qui les fascinait depuis si longtemps, en une forme de retour au popisme new-wave dont ils ont germé au commencement, accouplant les textures du chic techno, sophistiqué et aérien, acquis dans Download, la nunucherie inquiétante des élucubrations pour Ohgr solo, et le penchant au mélodrame guindé démasqué sur un The Process encore un peu gauche. Oui : le clébard efflanqué est aujourd'hui une bête de cristal digital, et aquatique, presque une sorte d'avatar post-Ghost in the Shell de Sol Invictus - gare, pourtant : cela ne l'empêche pas d'être toujours capable dans le même temps des feulements les plus hostiles.
Et merde aussi à la pochette aussi ahurissante de nullité que celle du dernier Ohgr, justement - ou par où les vases communiquent : les disques de Kevin O devenaient de meilleurs en meilleurs tandis que son association avec Kevin C sombrait, maintenant que ce dernier resplendit et cause des chairs de poule à nouveau, l'album de Kevin O est pourri. Il y a une logique à tout cela. C'est beau.

samedi 15 octobre 2011

Master of reality ...



... Pan-pan master.
 

Acephalix, Destroy Buster, 13/10/11, le Mojomatic, Montpellier

Les Poulpes en Rut : ne sont donc pas de Frisco et ne s'appellent donc que Destroy Buster, hélas, mais cela ne les empêche pas de balancer la sauce punk hardcore à l'ancienne tout juste comme il faut, avec leur Duff McKagan lumineux de guitariste, leur bassiste nu dans sa salopette turquoise et leur chanteur décalqué : énergique, caustique, incisif. Le public étant composé essentiellement de leur crou, pour ce concert improvisé très mal annoncé côté salle, l'ambiance est familiale et blagueuse, et on passe un excellent gentil moment de rock'n'roll.

Acephalix : tout de suite, évidemment, c'est beaucoup moins gentil. Alors si je ne suis pas trop convaincu par leur disque, noyé qu'il est dans la diarrhée que nous vaut la récente marotte de Greg Anderson pour le blackened crust death negative hxc mon boule, en live tout de suite ça prend une autre dimension : rigoureusement chaotique et incompréhensible, gruauïde, outre-occulte, menaçant, crétin, rouspéteur, tout ce que doit vouloir dire death metal. J'en hésite presque, vers la fin du tunnel dans lequel ils enchaînent sans la moindre accalmie leurs morceaux à partir du troisième, à leur acheter Interminable Night.
Mais c'est avant que le ténébreux medley ne s'achève et que, tandis que ses musiciens déposent direct les instruments sans autre forme de procès ni de communication, le chanteur, lui, ne fende à grands pas la foule, d'un air mécontent et dégoûté, pour aller ... s'asseoir à sa table de merch.
Dégoûté de ? me demandez-vous. Je ne sais, je l'avoue. De minimes problèmes d'entente avec l'ingé-son ? Le micro parfois défaillant (beaucoup moins qu'avec Destroy Buster) ? L'ambiance qui n'a pas viré à la total kickback comme il a parfois semblé l'espérer (sans non plus trop vigoureusement le provoquer, ni par son satanisme de scène étrange, à la limite du Monty Python, ni par ses quelques bourrades au public majoritairement punk et bienveillant venu l'apprécier, à défaut des abonnés métalleux non informés) ? La découverte cuisante qu'on peut avoir sorti un skeud sur Southern Lord, mec, Southern Lord (pvre fvcking new level of radness) ! et ne pas être traité comme les stars qu'on est partout où l'on va ?
Hey yo, welcome to Southern France ... bitch !

vendredi 14 octobre 2011

The Body : Anthology

La guitare : une chape de nausée qui te broie les tempes.
La batterie : le battement du sang qui régulièrement fait rougeoyer la sensation des éclats d'os en purée dans ta chair.
La voix : du vent, un trou de peur et de cécité.
La castration publique est redevenue une bonne idée. La différence ? Ici tu n'auras pas l'absolution à l'issue de ton calvaire. Tout juste un cri punk que tu pourras pousser, do they owes us a living ? of course they do, of course they do - horriblement gondolé et défiguré, avant d'entendre siffler le gaz arrivant dans les pommes de douche.

Tarik Saleh : Metropia

L’Europe, 40 ans après 1984 : des ressources naturelles sniffées jusqu’à la moelle et une économie qui finit de s’enfoncer dans les sables mouvants. Un univers gris et asphyxiant. Roger, le crâne rasé, les épaules tombantes et le dos courbé est un mec de base, broyé par le système. Il est paranoïaque, c’est-à-dire encore un peu lucide. Les sens engourdis, la gueule dans l’seau, Roger se retrouve entrainé dans une histoire mêlant multinationale sans scrupules, jeux TV crétins (explain why Europe is the place of your dreams) et contrôle mental des masses. Nième variation sur un thème épuisé, l’ambiance dégagée par ce petit film d’animation suffit à se laisser aller à recroquer la pomme. Métro-Lobo aux usagers complètements fumés, Metropolia baigne dans l’amnios anémié d’un hiver scandinave. Difformes, traits lisses, démarches gauches, mouvements synthétiques, les yeux grands ouverts mais l’esprit embrumé, les personnages semblent trainer leurs existences de lemmings comme on traîne une gueule de bois en chêne massif. Le happy end est loin d’être nouille…de quoi utiliser son temps de cerveau disponible à bon escient…

mardi 11 octobre 2011

And now for something completely different


Vous leur direz que vous venez de ma part, vous aurez droit à un larsen à l’œil - oui ça fait mal.
Cuisez, enfoirés.

lundi 10 octobre 2011

Ulver : Themes from William Blake

Aussi occulte pour moi que ces petites étiquettes sur les fringues, dont le langage obscur indique parait-il la matière et la température à laquelle on les lave. Irritant tel un touriste paumé dans le metro parisien, et qui reste planté comme un con la tête en l'air, convaincu qu'une indication divine va apparaître sous la forme d'une tache d'urine au plafond. La froideur du carrelage le matin au réveil, quand l'idée saugrenue de se lever pour aller bosser l'a emporté sur le besoin de sommeil. Ma cabale au canada, aurait en fait pu chanter Line Renaud à propos de cet album.

Meilleur moment pour écouter le disque : idéal pour un apero knacki balls / mauresque.

dimanche 9 octobre 2011

Trophy Wife : Patience Fury

Quand l’avais-tu vue sourire pour la dernière fois ? Tu l’avais mariée jeune. Elle, en tout cas, était jeune. Et les collègues étaient bien-bien jaloux. Puis l’ennui et la dépression sont venus souffler l’âpre et le rêche. Une vraie beauté détruite, encore en peignoir en milieu d’après-midi, pleurant son rimmel dans son verre de whisky. Du genre qu’on finit par retrouver inerte, le sang saturé d’alcool et de médicaments.
Et puis un jour, elle disparait ! Plus de nouvelles, tu comprends par recoupement qu’elle est partie avec la femme du Corporate Business Team Manager. Il est bien triste lui aussi, le cloporte manager. La proactivité dans les chaussettes, il retrouve plus ses milestones. Il a du faire une pause, le Dr Fenouillet s’occupe de lui. Il est entre de bonnes mains. Les collègues étaient bien-bien jaloux. Ils se foutent bien-bien de ta gueule maintenant…

samedi 8 octobre 2011

Lingouf : Doème

Doème, c'est un peu l'histoire de l'éléphant dans le magasin de porcelaine. L'éléphant, ce sont les doigts, monumentaux et embarrassés, de quelque intelligence extra-terrestre, probablement un dieu, qui promènent leur curiosité de nébuleuse à travers la vaisselle fine de votre cerveau - vrillant çà une terminaison effleurée, surexcitant là un stimulus qui part comme une mouche affolée, coupant ici une transmission par un courant d'air brutal, brisant des rêves d'intégrité dans un faux mouvement, faisant naître par sa seule sudation des constellations nouvelles à la grâce terrifiante et dysarticulée. Doème ça veut dire tunnel rugueux et merveilleux qui vous aspire comme une balle dans ses sphincters de fleur-rocher, ça veut dire se faire passer au pilon et puis sniffer, pour découvrir le monde de l'autre côté du trou noir, dans le sinus du poupon-cyclope géant, dans les machineries à glaire, loin dans la cité des nerfs.
Une autre conception de l'épique, pour sûr.

vendredi 7 octobre 2011

Dead Elephant, Morse, Verdun, 6/10/11, le Mojomatic, Montpellier

Verdun : never trust a Verdun. Juste quand je commence à me dire que je commence à reconnaître les morceaux et à en voir des ficelles, que ça va bientôt tourner en rond, que d'ailleurs tous ce soir ils ont l'air de se battre pour faire le taf (Flo qui ne réussira pas à me faire croire que l'ampli était le seul éclaté, Cricri qui a souffert dans sa chair la débauche des fêtes de la grande ville, Dadoo qui a l'air de se sentir seul aux commandes, et les deux autres ? bah, impénétrablement sybillins, comme d'accoutumée), que Verdun finalement c'est juste El Wiz + Neurozizi ... plaf ! tout connement, au détour d'un trompeusement primaire gloubiboulga doomblackemocore à la Eibon, tu te fais cueillir comme un bleu par un putain de réacteur épique, genre un peu comme si Times of Grace était un bon album, tu te secoues la carcasse comme un perdu, tu souris comme un benêt, et tu te dis que décidément, le tough guy doom, c'est chanmax. Enfoirés.

Morse : assisterais-je à un concert exceptionnel et unique ? Abel (chairman of the board chez Head Records) remplace le bassiste de Morse ??
Il aura donc fallu attendre le troisième concert que je voie d'eux pour capter qu'Abel est le bassiste de morse - à ma décharge, la première fois c'était du fond du Baloard, et la seconde du fond de ma généreuse alcoolisation (rendue nécessaire par les rigueurs de l'été lozérien). Bref, c'est chouette aussi, de les écouter en les voyant distinctement, ça twiste toujours aussi fort, Morse ça pourrait aussi bien s'appeler Guest tellement ils sont abonnés aux premières parties mais c'est pas grave, ça fait une chance de passer une bonne soirée dans pas mal de concerts chausse-trape où ils dament les doigts dans le nez le pion au gros poisson.

Dead Elephant : le gros poisson est donc italien, ce soir, et après Gerda, vient confirmer que si en gothique les macaronis sont imbattables, le noisecore en revanche, c'est pas leur truc. Gros chaotic noisy pas gentil ultra sérieux et sans outrance, tout ce que j'aime pas, on s'arrache, bonne nuit les petits.

J'aurai appris quelque chose ce soir, le sobriquet "gros !" ne s'écrit pas "gros", puisqu'il vient d'un vocable arabe (écorché par notre imparfaite langue) qui veut dire "mon chou" ou quelque chose d'approchant.

Atlas Losing Grip : State of Unrest

Mon mensuel de météo préféré a récemment tenté de me fourguer Wolves like Us, aujourd'hui c'est mon tour. De glisser mon groupe de gros emocore pas bien fin. Car si Atlas Losing Grip évoque le feu d'At the Drive-in, c'est totalement déshabillé de sa transsexualité apollinienne. Et vous savez quoi ? Je veux pas faire mon Orelsan, mais tant mieux. Un seul At the Drive-in suffit ; d'ailleurs, je n'en ai qu'un, et il me suffit en général pour quelques années.
State of Unrest le bien nommé s'écoute quant à lui tout seul, malgré une équivalente surcharge, ici du coté de l'épaisseur des surénergiques mélodies le cœur en étendard et en turbo-compressé, un peu délicate à encaisser au début - avant que ne se lance la voix, c'est à dire, car celle-ci transfigure humblement la musique légèrement ingrate du groupe, avec ce son épique hypercalorique à la limite du metalcore, elle lui donne cette vulnérabilité joviale aussi clichée qu'imparable. Je n'irai pas jusqu'à vous soutenir qu'ils ont la même veine tragique que Planes Mistaken for Stars, ni l'amertume superbe d'End of a Year, mais il y a ce qu'il faut de vague à l'âme et d'iode à la vague de cette émotive patate-ci. State of Unrest s'écoutera tout seul pour peu que vous n'ayez jamais vu l'antinomie entre votre amour pour Quicksand et celui pour Hartley Coeurs à Vif.

Et là, je lis la bio gentiment fournie par Abir et dès les premières phrases le mot tombe : "skate-punk".
Misère.
Me serais-je tout planté ? Pas tant que ça, je persiste à le croire. Mais peut-être aurais-je dû faire du skate, quand j'en avais l'âge. Ç'a l'air chouette, bien plus que dans Paranoid Park.

mercredi 5 octobre 2011

Nos lecteurs sont formidables !

"Bonjour!

Je suis tellement heureuse que les fins connaiseurs de la musique existent encore. Dans votre profil j'ai trouvé oui, j'adore cette musique.

Je voudrais juste vous remercier pour votre excellent blog satanowesusmoney.blogspot.com.

J'ai lu votre premier post "Nunfuck Ritual : in bondage to the serpent" et après j'ai passé une heure entière à découvrir votre blog :) Votre style est clair, passionnant, accessible. J'ai bcp aimé votre post "Brighter Death Now : very little fun".

En fait, je travaille dans la société Jooble. Nous référençons les offres d'emploi dans le monde entier.

Mon travail consiste à persuader des bloggeurs d'ajouter les liens vers notre site.

J'adore mon travail. Notre équipe est très unie. Le directeur est sympa. Mais malheureusement, je n'ai aucune idée comment persuader un bloggeur de mettre notre lien sur son blog. C'est pourquoi j'ai peur de perdre mon travail :(

Et maintenant, au lieu d'envoyer des milliers de lettres aux bloggeurs différents, je lis votre blog.

Franchement, je ne suis pas tout à fait sûre que le lien vers notre site France jooble-fr.com soit convenable pour votre blog, mais si vous pouviez le mettre, je vous serais extrêmement RECONNAISSANTE!!! Notre site est vraiment génial pour chercher du travail.

Bonne journée à vous! Merci encore pour votre excellent blog. Bonne continuation!

P.S. J'ai remarqué que vous êtes Capricorne, les gens de votre signe sont très créatifs :)




Cordialement,

Yulia Durand
Account Manager "







Non mais, sans déconner.
Mettons qu'à la limite j'aie gobé le fait que les deux articles cités en exemple soient forcément issus des premiers de la première page - ça fait pourtant une heure qu'elle lit, la gueuse ...
Mettons que j'aie gobé que google lui a pas bien gentiment filé mes coordonnées astrologiques.
Mettons que j'aie gobé que notre charisme fracassant lui a fait oublier sa conscience professionnelle et jusqu'à la nécessité de sa propre subsistance - j'aime cet esprit over the top ...


Mais " Votre style est clair, passionnant, accessible" ???


La supériorité de l'humain sur le robot, malgré la louable application de celui-ci, va durer encore un petit moment, je crains. Engagez des commerciaux, les gars ...

mardi 4 octobre 2011

Nunfuck Ritual : In Bondage to the Serpent

Lorsqu'on s'attire les services digitaux d'un bassiste capable de tout, à commencer par toujours se fourrer dans les coups les mieux dotés par le baptème (et en l'occurence même concernant celui de leurs membres, dont l'un ici n'est autre que le délicieux et norvégien Teloch), tout les rêves dénaturés sont possibles.
J'ai rêvé d'un monde dans lequel l'espèce qui aurait prévalu sur le planétoïde ne serait ni le poulpe, ni l'homme - mais la limace ; et où au son de ses languides tambours de guerre, le black metal et ses accents gothiques seraient devenu la musique dominante. Ce n'était pas un rêve agréable, mais j'ai adoré ça. A côté de ces gluanteries, Giedi Prime avait l'air d'une après-midi sur l'herbe.

dimanche 2 octobre 2011

Brighter Death Now : Very Little Fun

Ç'a beau être un recueil de miscellanées de provenances variées, on bout d'envie de beugler comme un veau que tonton Roger est de retour - reuh !
Parce que le pape benoît-saoûl du death industrial savoureusement cold et necro a le même talent que son bassiste de concert et compère de boisson pour gauler des compiles qui paraissent des albums tant elles sont cohérentes et harmonieuses - et ce n'est pas la peine de songer un instant me rétorquer que ça lui serait facile rapport à une supposée uniformité de sa musique ; en trois disques, l'oncle Roger nous gratifie d'une bonhomme démonstration de son délicieux lexique. Un premier cd à l'austérité de ses jeunes années punk, pas loin des moues hostiles de Lille Roger, à la glauquerie nue, contondante, glacée et flippant ; un second lyrique, sapeur, jubilateur, et ultraflippant, culminant sur une reprise improbablement cauchemardesque de "Bad", d'autant plus terrifiante, comme souvent avec BDN, de ce qu'elle semble avant tout dégouliner d'humour navrant ; et un troisième plus décousu, débutant ronronnant en demi-teinte-demie-molle, et réservant sur la fin de ce Vive La Fête quelques succulentes bouchées plus surprenantes, après tel festin dédié à la gastronomie classique. Il y a des oncles avec lesquels on est toujours assurés de se régaler, quand bien même on les a perdus de vue.
La chose bien sûr est en tirage limité, mais cette fois la jeunesse dispose de sa petite chance de ne pas avoir à claquer la même fortune qu'il en coûte aujourd'hui pour pavaner en détenteur du précédent triple de Roger, à l'emballage quasi-identique (rêvez tout de même pas : vous n'aurez pas la Necrose en vrai ferraille, ici) : faites donc pas les cons ...

The Body & Braveyoung : Nothing Passes

Des chœurs de bambins qui flottent comme une affreuse menace fantomatique sur un désert nucléaire pâle, suffocant d'odeur d'une guerre totale, qui semble interrompue un antédiluvien battement de cil avant et dans l'imminence ultraviolente de reprendre, un instant suspendu et empoisonné de grâce céleste au milieu de la dévastation aride et grise, de l'aveuglant nuage immobile, infusé de limaille comme d'un thé au jasmin, vaisseau amiral exterminateur de l'innocence et de la pureté.
L'apocalypse reprend son nom.