lundi 17 octobre 2011

Skinny Puppy : Handover

Maigrechiot, c'est l'exemple-type de mon principe de ne jamais enterrer un groupe qui a pesamment compté pour moi, même après qu'il a sorti une demi-réussite (donc un amer échec) du nom de Greater Wrong of the Right, et connu la submersion corps et bien sous les espèces de Myhtmaker - à vrai dire, c'en est même probablement l'origine. Aussi les surveillais-je toujours, d'un œil distant mais mouillé de mansuétude.
En toute logique, Maigrechiot me prouve aujourd'hui mon bien-fondé. Et merde aux grincheux qu'il se trouvera forcément pour estimer que les survivants n'ont droit qu'à la suite du piedestalisé Last Rights : Maigrechiot s'engouffre cette fois enfin plus que de la tête et des épaules dans la mer mélodique qui les fascinait depuis si longtemps, en une forme de retour au popisme new-wave dont ils ont germé au commencement, accouplant les textures du chic techno, sophistiqué et aérien, acquis dans Download, la nunucherie inquiétante des élucubrations pour Ohgr solo, et le penchant au mélodrame guindé démasqué sur un The Process encore un peu gauche. Oui : le clébard efflanqué est aujourd'hui une bête de cristal digital, et aquatique, presque une sorte d'avatar post-Ghost in the Shell de Sol Invictus - gare, pourtant : cela ne l'empêche pas d'être toujours capable dans le même temps des feulements les plus hostiles.
Et merde aussi à la pochette aussi ahurissante de nullité que celle du dernier Ohgr, justement - ou par où les vases communiquent : les disques de Kevin O devenaient de meilleurs en meilleurs tandis que son association avec Kevin C sombrait, maintenant que ce dernier resplendit et cause des chairs de poule à nouveau, l'album de Kevin O est pourri. Il y a une logique à tout cela. C'est beau.

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