vendredi 14 octobre 2011

Tarik Saleh : Metropia

L’Europe, 40 ans après 1984 : des ressources naturelles sniffées jusqu’à la moelle et une économie qui finit de s’enfoncer dans les sables mouvants. Un univers gris et asphyxiant. Roger, le crâne rasé, les épaules tombantes et le dos courbé est un mec de base, broyé par le système. Il est paranoïaque, c’est-à-dire encore un peu lucide. Les sens engourdis, la gueule dans l’seau, Roger se retrouve entrainé dans une histoire mêlant multinationale sans scrupules, jeux TV crétins (explain why Europe is the place of your dreams) et contrôle mental des masses. Nième variation sur un thème épuisé, l’ambiance dégagée par ce petit film d’animation suffit à se laisser aller à recroquer la pomme. Métro-Lobo aux usagers complètements fumés, Metropolia baigne dans l’amnios anémié d’un hiver scandinave. Difformes, traits lisses, démarches gauches, mouvements synthétiques, les yeux grands ouverts mais l’esprit embrumé, les personnages semblent trainer leurs existences de lemmings comme on traîne une gueule de bois en chêne massif. Le happy end est loin d’être nouille…de quoi utiliser son temps de cerveau disponible à bon escient…

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