lundi 14 novembre 2011

Blut aus Nord : 777 - The Desanctification

Toujours cette batterie qui est un marteau-piqueur à tête de petite cuiller en acier médical, qui fendille le crâne à la façon d'un oeuf-coque, toujours ces guitares qui te tartinent tout fin sur les cruelles faces de monumentaux blocs de verre obscur, toujours cette couleur de solution d'humain dans la hideuse rêverie extraterrestre d'une brillante diatribe panhellénique ...
Et pourtant ... Pourtant il y a cette étrange frustration qu'on attribue tout d'abord à la courte durée du disque, et à la désagréable acuité d'esprit avec laquelle on en ressort, pourtant il y a ces double-pédales qui cognent avec une méchanceté  frontale et ouverte qu'on avait perdu l'habitude (l'a-t-on eue jamais ?) d'associer au groupe, il y a cette aise claire et vive où l'on se sent baigner à l'écoute de ces motifs ascensionnels et ricanants, cet appétit que semblent affuter les beats trip-hop toxiques et quincaillants, pourtant il y a cette ambiance de cauchemar typique, de retour et appuyée, par-dessus les voileries stellaires de Sect(s), mais qui semble réveiller pour une fois plus de salivation que de nausées ... Blutaus nous aurait-il sorti son premier album de hardcore, voire son album tough guy ? Suis-je si loin de penser par endroits à un No Surrender plongé dans le Warp ?
Allez, je vous taquine un brin, on reste bien plus dans les eaux d'un Phallus Dei du necrospiritual, par les manières de gentilhomme et le dédale de parfums orientaux où est enclose et s'avance la violence barbare des officiants ; et aussi, on reconnaît de plus en plus distinctement ce qui est arrivé de mieux à l'héritage de pépé Godflesh, en l'espèce de sa mutation baroque, féline, libidineuse, épiscopale - et je ne vous parle même pas de l'impudence qu'a le disque à dans le même mouvement enveloppant sembler exaucer enfin les promesses hip-hop susurrées dans Thematic Emanations et Sect(s), et s'achever effrontément en promettant plus grandiosement phat encore ... Mâtin ! Vivement que les trois 7 soient disponibles et encastrables ...

3 commentaires:

Ø a dit…

raaaaaah putain, toujours pas reçu...

Uekte a dit…

Déjà SECT(S) et The Desanctification écoutés à la suite c'est du bon j'imagine pas avec le final...

Karamazov a dit…

On peut effectivement reprocher au Desenctification, si je t'ai bien lu ailleurs, de trop précipiter l'ambiance, de trop en promettre, trop suggestif, de fruster, de raccoler même, de surtout jouer avec les nerfs, (ça j'aime beaucoup, un grand manipulateur pour le coup, un coup à droite, un coup à gauche, un VICIEUX), je comprends le reproche, mais perso je l'aime beaucoup le Desenct'.
Cela dit je n'espère (presque) qu'une chose maintenant, c'est qu'il ferme la boutique à la fin de la trilogie, et tente autre chose.