dimanche 18 décembre 2011

Diocletian : War of All Against All

Le metal, a fortiori extrême, a fortiorori death, c'est une esthétique du grandiose et du prodigieux qu'il faut accepter, certes ; mais dans certains cas, on touche carrément à l'expérience limite.
Doom Cult, le premier Diocletian dont j'ai négligé de vous causer, était déjà une sorte de sommet : riffs ultra-evil denses et cisaillants, grésillants et feulants, voix pire que tout dans l'exercice remugle du néant, sirènes, canonnade, chenilles, écrasement méticuleux : dans le genre noir sur noir, à la façon d'un ciel tapissé d'ailes de bombardiers, on était forcément sous le choc.
Et pourtant, à la lumière si j'ose dire du ci-devant suivant, il aurait presque l'air plat et tendre - style, là où l'un était un monochrome, l'autre est un Monokrom, si vous me suivez. On s'en doute, de toutes les façons : on a lu les mots "riffs" et "evil". WoAAA (... n'est-ce pas ?), ou encore Bellum Omnium Contra Omnes comme eux-mêmes disent, ne s'embarrasse pas de ces sortes de choses, ne vous en offre pas le bienheureux asile, est au-dessus de la méchanceté même d'un vieux Morbid Angel ; tout comme sa pochette, il dévoile crûment ce qui s'avance derrière le rideau noir bien en ordre de marche du raid précédent, et qui revient cette fois toutes dents et génitoires nues pour la deuxième couche ; tout sur BOCO (non, décidément, tous ses acronymes sont impossibles) est dédié au fracas de la chair et de la ferraille qui périssent sans distinction, au monstrueux ronron de la tempête de feu atomique qui déchire l'esprit comme la pulpe d'une centaine de bœufs, au rugissement du vide. Le chaos ? Non point, on n'est pas sur le terrain de Revenge, de sa bestialité, de ses fluides corporels ; la dépravation atteint d'autres sphères ici, voyez les mudrās qui trahissent la totalité de la guerre dont il s'agit.
Le monolithe noir s'est ouvert tel une trappe, et tel un scorpion tapi dessous, surgi sur l'âpreté du ciel glorieux vous contemplez en face le dragon.

1 commentaire:

Karamazov a dit…

Hé hé !
Dur à pénétrer le Monokrom, mais très très noir oui. D'ailleurs je ne t'avais pas remercié.
Ca donne un ordre d'idée de ce qui se présente ici.