dimanche 11 décembre 2011

The Wounded Kings : In the Chapel of the Black Hand

Pas que j'y tienne, mais imaginons un instant que je veuille, à présent que son objet a décanté, retirer un mot à ce texte : ce serait celui de "riff". C'est tout l'insaisissable poison de ce disque, l'agaçant cheveu qu'il laisse au palais. Il ne s'agit point là de doom du culte du riff. La transe, incontournable tout de même, on a dit doom - vient d'ailleurs ; de ce que les guitares ne riffent pas, non, mais dévident, déroulent, dévoilent, lentement, coulant, calligraphiant, déliant, comme l'on dresse un chapiteau, dégringole les tentures, dresse l'autel, tend les toiles d'araignées, posément, ainsi que point par point l'on bâtit et verrouille un attelage de shibari ... Tandis que la narquoise voix de la chanteuse d'opera gouaille et chevrote ses sacerdotales moqueries, et que les solos tels de rondouillards abbés piquent des entrechats d'impatience dans la sacristie ... Le rituel se prépare, et ce simple et jubilateur prédicat quelquefois peut se révéler tout aussi (j'en litotise par contagion) terrifiant que tous les aperçus, suggestions et autres menaces que l'on peut voir ouvrager dans d'autres officines. La peur, tout le travail s'en fait dans l'anticipation, la finition n'est qu'accessoire et à la portée du premier venu lorsque la nef est solidement érigée. Tenez vous donc simplement prêts à éclater, tendres agneaux.

1 commentaire:

Ikea a dit…

La peur, tout à fait. Mais qui cause un poil trop de frustration chez moi, contrairement à "l'autre" qui manipule et séduit assez pour m'exciter. Surtout que le concernant, la suite est assurée.