vendredi 27 janvier 2012

Fukpig : 3

Mick Kenney est un touche-un-peu-trop-à-tout ; Anaal c'est parfois très très bon mais souvent ç'a été juste sympax, Mistress itou, Kroh c'est juste sympax, et Frost carrément pax. Et Fukpig, depuis deux albums, c'était en ce qui me concerne du grind direct aussi transparent qu'il peut en être.
Mais, qui l'eût cru, Fukpig en vrai c'est des goths. Alors, pour scintiller sur leur grain à la Napalm Death, Fukpig a descendu du grenier ses plus beaux synthés d'horreur bon marché, Hocico-Rotterdam connection, pour en surligner tous les riffs ... non, je déconne, parler même d'un riff est déjà hyperbolique concernant ce disque joué sur un accord et des poussières.
Et le résultat fait au moins autant penser au Danny De Vito de jumeau mongolien du dernier Lock Up, celui avec un chat en fines lanières agrafé à la glotte, qu'à un Ministry qui aurait négocié le virage The Mind is... sans rien lâcher sur le crêpé ni sur le make-up de curiste promo '83. C'est con comme du anaalbilly à chien, con comme du Discharge under the Sign of Hell - c'est con et, forcément, c'est bon ; presque autant que Passion.


edit : on me signale que Mick n'est pas sur le disque, cette fois ; faites en les déductions qu'il vous plaira

jeudi 26 janvier 2012

Ebonylake : In Swathes of Brooding Light

Lac d'ébène à ce qu'on dit est black, c'te blague ... Tout au plus est-ce moins incrédible à la rigueur sur la vieille démo apposée à la fin de ce second album, mais aujourd'hui ce qu'il y a de plus noir à Ebonylake, c'est l'illustre bassiste sludge dont les témoignages traumatiques m'ont persuadé d'y plonger l'orteil.
La famille de ces obscurs-ci campe plutôt vers chez les extravagances gothes qui faute de vin boiront volontiers du sang, ou vice versa - on parle, on aura compris, de Das Ich, DHG, Trial, yelworC, Christian Death ; voire, mieux encore, d'un Elend remoulé dans le gabarit trapûment funky et sardonique du Mr Bungle de l'époque sans titre - ce qui paraîtra une outrance soumienne caractérisée mais décrit on ne peut mieux , non seulement l'outrance carnassière insane de l'album, mais encore son atmosphère de foire sinistre sans les flonflons, tyranniquement gouvernée par le rythme, celui d'un jazz des couteaux aux humeurs aussi brusques et tempêtueuses que saturniennes, celui d'horloges à fantômes mangés au mites houspillant le passant dans les couloirs maudits d'un manoir de forêt noire, chrysalide poussiéreuse traversée de vents coulis aussi subits que coupants, et derrière certaines des portes duquel, à coup sûr, l'on découpe des choses à la feuille - vous avez le droit, allez, de songer à Mercyless, à Valborg ou à Apocryphal Voice, si vraiment le cheveu vous démange, mais sachez qu'ici on ne trouvera rien sur quoi le secouer et roter, l'album est aussi metal qu'un passage thrash de Phallus Dei. Est-ce à dire alors qu'on parle de metal pour ceux qui n'en écoutent pas ? Non plus, plutôt quelque chose de non metal - du gothique, dame ! fait avec des guitares et des ustensiles métalliques, juste comme Elend, donc - et aussi bien d'ailleurs les auteurs en sont-ils des métalleux aussi : quand bien même ? Ça ne fait qu'ajouter  à la valeur de la chose.
Dans notre série mon pays a du talent, donc.

edit : je me signale que le groupe n'est pas français comme je l'ai cru, mais anglais ; n'en déduisez rien d'autre que l'inutilité de la dernière sentence

mercredi 25 janvier 2012

Echancrure : Paysage. Octobre.

Coup de pute ; pochette, titre, patronyme, avouez : impossible de ne pas croire à une quelconque saleté bedroom indie postintimistronica. Tout aurait-il été plus clair si ce disque s'était, ainsi qu'il aurait mérité, nommé Blackjazz ? Il faudrait, alors, que jazz voulût dire Bohren & der Club, et black Blut aus, ou Axis of Perdition ; mais ce n'est pas ça ; ne fût-ce que parce que ladite petite saloperie sournoise commence, bien avant l'entrée dans la perfusion de grincements guitaristiques mangeurs d'âmes, alentour de la moitié de l'album, à poser sur le sujet son atmosphère singulière et singulièrement désertée, limpide et raréfiée - black jade ? JadeMoRT ? Il faut plutôt, pour se faire une idée de cette suave toxicité, chercher du côté de tous ceux-là qui restent un peu hors des cadres, tant du trip-hop que du hard rock, les Scott Sturgis, les Eraldo Bernocchi, les Bosque, les Phallus Dei, les Heart in Mouth ; et laisser sans résistance monter à la perception, telles des bulles fantomatiques dans une eau-de-vie de souffrance translucide, monter le lascif haïku calligraphié par le large pinceau trempé dans l'acide à même la chair de la nacelle qui vous véhicule à travers les rêves ; puis s'évanouir, sur un dernier cuisant délié, comme un lourd dernier regard en arrière ... Vous vous réveillez. Un peu envasé.

samedi 21 janvier 2012

Omala : Germ

La Grèce antique selon mon cœur. Lourde comme le sourcil d'un Brendan Perry qui n'aurait pas encore appris à porter la nourriture à sa bouche avec ses parties préhensiles. Lourde comme les effluves des raisins pourris dans les naseaux des chèvres affolées sur les pentes caillouteuses. Lourde comme les épaisses amphores et le vin épais qu'elles dispensent. Lourde comme les fumées dégoulinant des encensoirs. Lourde comme les insinuantes psalmodies que geignent les petites acolytes serviles. Lourde comme la cuisse des prêtresses qui ne l'en lèvent pas moins sauvagement haut dans la pénombre rougeâtre des colonnades. Lourde, lourde, lourde.
Lourde comme un monde, lourde comme une Grèce plus vaste que la Grèce, faite d'immenses continents sauvages livrés à la magie et à l'obscure et sourde palpitation des désirs, dans la touffeur des grottes ; lourde comme la torpeur et la demi-conscience, comme le vertige et la confusion des sens, comme le rouge sang des fresques sur les parois des boyaux que son propre errement ouvre à l'esprit engourdi. Lourde, si lourde ... On pourrait poursuivre ainsi aussi interminablement que dure ce disque-gouffre. Mieux que de la musique rituelle : de la musique de divagation post-méridienne, de la musique post-prandiale sacrée.

Botanist : I : The Suicide Tree / II : A Rose from the Dead

Tous ceux convenablement ferrés ayant eux le temps de faire les expériences utiles, je peux à présent cesser de me retenir et spoiler : ce double album est l'interpolation d'Aesthethica et des Variations Goldberg sur le clavecin de Trevor Pinnock, est une pièce de nô intitulée Monumental Possession - aurait dû être dans cette grappe l'eussé-je reçu plus tôt en format réel.

jeudi 19 janvier 2012

Une histoire de millésimes ...

Il y avait bien longtemps que l'ami Jean-Jean ne nous avait visités ; aussi vous prierai-je de prendre la ci-devant salve tout pareillement que moi : comme un cadeau. Ou un gâteau ; forcément pop, donc, rayonnant de couleurs bonbonnées plus affriolantes les unes que les autres - le roux, bien sûr, au-dessus de toutes.



Megadeth : Cryptic Writings

Un album qui commence un peu comme ce disque de Joy Div' qui porte un titre de magazine (même pas fait exprès, du coup je la garde), pour flancher direct dans le caricatural FM le plus grossier, bien galvanisant, avec quelques micro-restes de thrash, certes quelques moulinages à vide, mais surtout évidemment beaucoup, beaucoup de Mustaine ; j'aime le répéter, mais l'envahissant rouquemoute fait partie de la catégorie très restreinte des connards charismatiques-relous-attachants du monde hardos, ceux avec une vraie bonne grosse voix de bon gros boulet bien grimaçant, un peu comme Axl Rose ; ou une sorte de Brian Johnson, mais humain. Et puis son groupe... Je vais tenter simple car le crayon s'emballe : la version sexuée, gourmande et hétéro du Black Album, auquel Musty a chipé quelques riffs cubiques pour en huiler les angles et pour ceux qui seraient intéressés par de telles coquetteries, est dans ce boîtier (ceux qui veulent encore saisir pourquoi cette légende rabâchée jusqu'à plus soif sur la rivalité des deux  apprendront qu'il n'y a de rivalité digne de ce nom qu'en cas d'équilibre des forces opposées - ou comme dirait ma concierge en touillant son café : "un sucre roux en vaut deux"). Tu pourras créer toi même une flûte de pan chromée avec ces douze tubes, avec laquelle tu les reprendras tous. Je pourrais te parler de "Use The Man" - Sur l'intro, Musty y est plus immonde que jamais, aussi extravaguant et accueillant pour les oreilles qu'un chutney miel-merde pour les papilles ; j'arriverai je crois jamais à vraiment aimer ça, mais ça fait partie du charme c'est comme ça, attirance & répulsion à même puissance - Mustaine, quand il est à fond, c'est ma Suze vocale, voilà. "Almost Honest" m'a amené à Megastaine, autant que "Symphony Of Destruction" - trop écouté ado, mais je lui dis encore bonjour. "Mastermind" est bel et bien dotée - tu ne rêves pas - de reflets très Mike Patton, l'air de rien. "I'll Get Even" possède un des refrains pour lesquels je pourrais faire comme Gégé sur ceux de Lemmy, c'est à dire me faire peur et te faire peur à écrire des trucs de trop grande envergure émotionnelle et mentale, que tu pourrais de toute façon pas piger totalement. Les choeurs sur "A Secret Place" ont ce truc salement new wave pour bal de mariage, limite française en fait (je pense à Emile & Images, précisément), on parle toujours de laideur gros bras, en même temps Mustaine arrive a habiller ça d'une cape sensible, tu sens que c'est personnel - c'est sa "secret place", son coeur de rouquemoute, son cercle de séduction pour t'attirer à lui, il fait bien sentir ça en donnant généreusement de la mélodie sur ses guitares en oubliant le surplus de show technique, il sait aussi faire ça, vu que c'est un guitariste. Le disque assomme un peu sur la fin, mais "FFF" n'est vraiment pas à louper, ne serait-ce que pour voir qu'entre eux et Motörhead finalement, ça se joue parfois qu'à un détail d'habillage pâtissier, question comète hard rock qui fuse dans ta piaule, fait fuser certaines choses, après en avoir fait durcir d'autres... Cryptic, c'est Rust In Peace en souple et sans structure alambiquée, les Guns stéroïdés, Megadeth en bolide heavy-metal propre sur lui mais vibrant d'envie -  avec cette touche typique qui fait ce groupe - la patte du Vengeur ; la rouflaquette bien taillée du chercheur de merde incurable, l'oeil de ce toquard sensible aux expressions disgracieuses qui veut exister, envahir, séduire, être reconnu ; bref : la Mustaine touch. Je retenterai peut être Risk un de ces quatre, à propos.


Jean-Jean

dimanche 15 janvier 2012

Imaginary Forces : Uppstigande

C'en est (presque) fini de la jungle ; faut dire, aussi, avec ce qu'elle se prenait ... Ce qui en revanche a tout le contraire de péri, c'est l'identité Imaginary Forces. Une chose qu'on ne peut guère qu'à la rigueur rapprocher de mutations nommées Silk Saw et Synapscape, par cette façon d'être tout à la fois furieusement dub et radicalement techno (radicalement veut dire : pensez Starfish Pool, pensez Zymosiz) et farouchement rien d'autre qu'eux-mêmes. C'est confirmé, dans la famille Birmingham b-boy (Scorn et Techno Animal) de votre discothèque, Imaginary Forces se range non pas dans les -like, mais dans les chefs de famille, les porteurs de semence.
Presque, disions-nous cependant. Car c'est une vitreuse jungle chimique où l'on pérégrine à présent ; une jungle de toxines et de neuro-inhibiteurs, un écosystème macro-bacillaire devenu plus vaste que le monde anciennement vrai, désormais phagocyté par les infiltrations de gaz mutagènes par lacs entiers, qui remodèlent relief et horizon sous le regard qui n'en peut mais de nos vannes synaptiques. Les pulsations d'Uppstigande glissent, subliminisent, décapent, liquéfient et redécoupent la matière, bref lui font subir tout ce qu'on aurait à l'époque aimé trouver chez Typhoid, et qu'on rencontre enfin ici téléscopé par l'expansion vertigineuse d'un psychédélisme mathématique à l'interlope parfum de danger (oui, Sigillum S et Zs ne sont pas si loin qu'on pourrait croire).
Un monde nouveau ; en voilà une année qui commence bien.

vendredi 13 janvier 2012

Botanist : I - The Suicide Tree / II - A Rose from the Dead

Le bon sauvage, haha. Tous autant qu'ils sont, celui que vous voudrez ; Robinson Crusoë, l'Ent, le barbu, le déguenillé, le couvert de brindilles, l'aigre-sous-le-vent, le Huron, Harvey Keitel, Pocahontas, le crapaud-singe au fond de la forêt de Chine ... Une fois les regards détournés, une fois partis Rousseau et son équipe télé, une fois entre soi dans le havre de sa grotte, que croyez-vous qu'il fasse ? Dans son secret jardin de pierres où les graviers sont autant de petites dents et les bonsaïs ligaturés de cordelettes faites de ses propres cheveux ? Sous l’œil de jade glauque des vitraux végétaux avides ? Marteau de clarté, fontaine de démence, villebrequin de joie : acharnée, céleste, astringente, il joue comme un perdu la gigue du Porteur de Lumière.

mercredi 11 janvier 2012

Enslaved : Frost

Du skyrim metal, au même titre que peut exister le Warhammer 40k metal. Vous le savez, on reconnait un homme de goût à deux choses: le port de la moustache et un amour immodéré pour les sons de basse ronflants. Autrement dit, certains d'entre nous ont trouvé en Lemmy leur Ryan Gosling. Frost, ou l'épopée d'un bouffeur de hareng qui s'est pris une branche dans la gueule, tout bourré à l'aquavit qu'il était en cherchant des champignons. Une sortie au grand air, la fiole en vrac et des glaçons dans le calbard, avouez que c'est autrement plus bandant qu'un nouveau forfait téléphonique.

Meilleur moment pour écouter le disque : Un 1er janvier, au petit matin.

Wormrot : Dirge

On choisit la partie d'une cour, d'une place ou de toute autre pièce de terre, la plus éloignée du voisinage des habitations, des hangars, de toutes matières combustibles. On dégage l'endroit choisi de toute immondice; on prépare des bottes de paille en tas; on apporte un grand vase ou marmite de terre, ou même un petit baquet, pourvu qu'il ne soit pas profond ; on a quelques seaux remplis d'eau ; puis on procède à la mort de l'animal. La manière de tuer les porcs est barbare: comme par malheur on ne peut agir autrement il faut bien s'y résigner; mais ce que l'on doit éviter religieusement, c'est de souffrir que les enfants s'en fassent un sujet de joie. Rien, n'est plus affreux que de voir, dans les villes de province , les gens du peuple s'attrouper en riant devant un porc qu'on égorge, et les enfants sauter autour de la victime, soit lorsque ses cris aigus font horreur, soit lorsque les flammes l'environnent : il me semble toujours voir des cannibales et des inquisiteurs chantant autour de leur victime. Tous les préparatifs achevés, le tueur aiguise bien son coutelas, semblable aux couteaux des bouchers ; il couche le porc sur le côté, en lui appuyant fortement la main gauche sur la tête : deux autres personnes l'aident à assujettir l'animal ; l'une le tient par les pieds, l'autre par les oreilles. Le tueur enfonce le coutelas dans la gorge du porc, autant que possible , pour bien faire couler le sang, qu'une autre personne reçoit dans le vase, marmite ou baquet plat dont j'ai parlé plus haut. A mesure que le sang coule, elle le remue avec la main, ou plutôt avec une cuiller de bois pour empêcher qu'il ne se coagule; le tueur penche l'animal autant qu'il le peut, enfonce et tourne toujours de plus en plus son couteau, jusqu'à ce que les cris et les efforts du patient aient cessé par sa mort.


Manuel du charcutier, ou, L'art de préparer et de conserver les différentes parties du cochon d’après les plus nouveaux procédés précédé de l'art d'élever les porcs, de les engraisser et de les guérir, par une réunion de charcutiers et rédigé par Mme Celnart, 1827.

mardi 10 janvier 2012

Dragged Into Sunlight : Hatred for Mankind

Sauf leur respect, si Bolt Thrower c'est la guerre, alors Dragged Into Sunlight c'est la guerre sale. Si vous voulez, la guerre racontée aux porcs. Car si vous voulez imaginer Hatred for Mankind, au delà de ce qui est probablement, dans les faits, un mélange cochonné de black et de death qui ne réussit qu'à sonner comme le plus vil goresludge repeint avec une philanthropie d'ouvrier charpentier, pensez plutôt à tout ce que vous trouvez de plus porc ébouillanté (je cite Ikea, de mémoire), prenez Circle of Dead Children, Napalm Death, Acid Bath - virez Dax et ne gardez que Sammy Pierre - prenez The Codex Necro, et, sous une abrutissante avalanche d'épais coups de pédale sulfateurs, sous un non moins abrutissant bain de cymbales aveuglantes pire que le premier Mitochondrion, sous des seaux et des seaux de riffs en boue de limaille de fer scorbutique, desserrez le garrot et lâchez la bride à tout le machin : vous ne savez plus, dans un massif brouillement de la vision et de la conscience digne de la pire intoxication alimentaire aux abats de porc gâtés, si vous êtes l'humain livré à ses propres moyens additionnés d'un couteau à pain dans le chaos de la porcherie, ou bien plutôt l'obèse conscience collective de la horde desdits porcs enragés par la fringale du quatrième service quotidien. Cela fait beaucoup de porcs ? C'est qu'il faut bien comprendre que cette cochonnerie de disque n'est qu'affaire de porcs et de coups de porcs. Pig metal.

lundi 9 janvier 2012

Craft : Void

Un album de black'n'roll à bouée ventrale, école Khold et Darkthrone. Une fois qu'on a dit ça, on a dit le moins compliqué, et le moins important.
Car faire de Void un disque de sacs-à-bière tressautant, c'est sans compter l'obscène absence de groove d'un groupe adepte du riff coup de pelle, antinomique du rock'n'roll, même celui d'Unsane : c'est bien simple, dès qu'un de leurs plans commence à taquiner la cervicale ils te lui en emmanchent un de traviole là-dessus. C'est sans compter non plus sur la viscosité d'un groupe adepte du black vermiforme, pas du tout antinomique, lui, avec le coup de pelle, ni avec les décollages stellaires malades que ces cerveaux congestionnés affectionnent, au milieu de leur metal non pas tant froid que de la gluante tiédeur d'une nuit de fièvres. Son odeur de charogne fraîche digne de Sardonic Wrath, sa boîte à rythmes imitant à s'y méprendre un homme armé de trois pelles-à-tarte surdimensionnées, ses riffs qu'on dirait détaillés à la trancheuse à jambon, sa propension semblable à celle de The Cult is Alive à bourgeonner, passé la moitié du disque, de solos aussi stupidoïdes qu'hors de propos : cet album très cuir et lycanthrope est le petit frère idiot, borné et nuisible, dans la riante famille des mollusques ascendant écoulement méatique où concupiscent Hell Militia, Skitliv et Nunfuck Ritual.
Pour citer un commentateur particulièrement inspiré, sur un webzine spécialisé, à propos du il est vrai plus que grandiose final de Void, "Void" : un album phallucinogène.

jeudi 5 janvier 2012

Congress : Stake through the Heart

Plutôt que dans le jardin de cailloux des gentils légionnaires plantigrades d'Integrity, voici, à mon avis, où s'enracine l'insanité de Pulling Teeth. Lavez les (à la javel) de leur chape de gomina et de leur sape de merlans, et vous devinerez bien vite, non loin, l'inquiétante étrangeté de Congress, les quelque part errants entre Kickback et Voivod, dans un futur rigoureux et désertique, hivernal et charognard, fait d'autant de Kill'em All que d' ...And Justice for All, avec sa sévère raideur beatdown se dandinant entre indusmetal nineties et electronic body music larvée, on n'est pas belge pour rien.
La ferraille démoulée ultracompact par Congress, en un douloureux étron d'acier, est groovy, aimable et apaisante comme une volée de frelons, émaillée de plans d'ambiance dark-wave aussi ringards que polaires, puants comme du vieux Leaether Strip, et de diverses tentatives de voix claires et/ou narratives curieusement mâchouillées comme par une bouche xénomorphe essayant d'imitant notre langage, dans une intention à définir, ou par quelque capo hashishin un peu non-mort. Les seules parentés probantes sont à trouver du côté d'un Starkweather laconique et d'un Disembodied en mode guerre dans les rues à volonté - la holy terror ? Oublie bébé Jésus, il n'habite plus ici.