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Affichage des articles du janvier, 2012

Fukpig : 3

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Mick Kenney est un touche-un-peu-trop-à-tout ; Anaal c'est parfois très très bon mais souvent ç'a été juste sympax, Mistress itou, Kroh c'est juste sympax, et Frost carrément pax. Et Fukpig, depuis deux albums, c'était en ce qui me concerne du grind direct aussi transparent qu'il peut en être.
Mais, qui l'eût cru, Fukpig en vrai c'est des goths. Alors, pour scintiller sur leur grain à la Napalm Death, Fukpig a descendu du grenier ses plus beaux synthés d'horreur bon marché, Hocico-Rotterdam connection, pour en surligner tous les riffs ... non, je déconne, parler même d'un riff est déjà hyperbolique concernant ce disque joué sur un accord et des poussières.
Et le résultat fait au moins autant penser au Danny De Vito de jumeau mongolien du dernier Lock Up, celui avec un chat en fines lanières agrafé à la glotte, qu'à un Ministry qui aurait négocié le virage The Mind is... sans rien lâcher sur le crêpé ni sur le make-up de curiste promo '83. C&…

Ebonylake : In Swathes of Brooding Light

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Lac d'ébène à ce qu'on dit est black, c'te blague ... Tout au plus est-ce moins incrédible à la rigueur sur la vieille démo apposée à la fin de ce second album, mais aujourd'hui ce qu'il y a de plus noir à Ebonylake, c'est l'illustre bassiste sludge dont les témoignages traumatiques m'ont persuadé d'y plonger l'orteil.
La famille de ces obscurs-ci campe plutôt vers chez les extravagances gothes qui faute de vin boiront volontiers du sang, ou vice versa - on parle, on aura compris, de Das Ich, DHG, Trial, yelworC, Christian Death ; voire, mieux encore, d'un Elend remoulé dans le gabarit trapûment funky et sardonique du Mr Bungle de l'époque sans titre - ce qui paraîtra une outrance soumienne caractérisée mais décrit on ne peut mieux , non seulement l'outrance carnassière insane de l'album, mais encore son atmosphère de foire sinistre sans les flonflons, tyranniquement gouvernée par le rythme, celui d'un jazz des couteaux aux …

Echancrure : Paysage. Octobre.

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Coup de pute ; pochette, titre, patronyme, avouez : impossible de ne pas croire à une quelconque saleté bedroom indie postintimistronica. Tout aurait-il été plus clair si ce disque s'était, ainsi qu'il aurait mérité, nommé Blackjazz ? Il faudrait, alors, que jazz voulût dire Bohren & der Club, et black Blut aus, ou Axis of Perdition ; mais ce n'est pas ça ; ne fût-ce que parce que ladite petite saloperie sournoise commence, bien avant l'entrée dans la perfusion de grincements guitaristiques mangeurs d'âmes, alentour de la moitié de l'album, à poser sur le sujet son atmosphère singulière et singulièrement désertée, limpide et raréfiée - black jade ? JadeMoRT ? Il faut plutôt, pour se faire une idée de cette suave toxicité, chercher du côté de tous ceux-là qui restent un peu hors des cadres, tant du trip-hop que du hard rock, les ScottSturgis, les Eraldo Bernocchi, les Bosque, les PhallusDei, les Heart in Mouth ; et laisser sans résistance monter à la percep…

Omala : Germ

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La Grèce antique selon mon cœur. Lourde comme le sourcil d'un Brendan Perry qui n'aurait pas encore appris à porter la nourriture à sa bouche avec ses parties préhensiles. Lourde comme les effluves des raisins pourris dans les naseaux des chèvres affolées sur les pentes caillouteuses. Lourde comme les épaisses amphores et le vin épais qu'elles dispensent. Lourde comme les fumées dégoulinant des encensoirs. Lourde comme les insinuantes psalmodies que geignent les petites acolytes serviles. Lourde comme la cuisse des prêtresses qui ne l'en lèvent pas moins sauvagement haut dans la pénombre rougeâtre des colonnades. Lourde, lourde, lourde.
Lourde comme un monde, lourde comme une Grèce plus vaste que la Grèce, faite d'immenses continents sauvages livrés à la magie et à l'obscure et sourde palpitation des désirs, dans la touffeur des grottes ; lourde comme la torpeur et la demi-conscience, comme le vertige et la confusion des sens, comme le rouge sang des fresques s…

Botanist : I : The Suicide Tree / II : A Rose from the Dead

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Tous ceux convenablement ferrés ayant eux le temps de faire les expériences utiles, je peux à présent cesser de me retenir et spoiler : ce double album est l'interpolation d'Aesthethica et des Variations Goldberg sur le clavecin de Trevor Pinnock, est une pièce de nô intitulée Monumental Possession - aurait dû être dans cette grappe l'eussé-je reçu plus tôt en format réel.

Une histoire de millésimes ...

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Il y avait bien longtemps que l'ami Jean-Jean ne nous avait visités ; aussi vous prierai-je de prendre la ci-devant salve tout pareillement que moi : comme un cadeau. Ou un gâteau ; forcément pop, donc, rayonnant de couleurs bonbonnées plus affriolantes les unes que les autres - le roux, bien sûr, au-dessus de toutes.



Megadeth : Cryptic Writings

Un album qui commence un peu comme ce disque de Joy Div' qui porte un titre de magazine (même pas fait exprès, du coup je la garde), pour flancher direct dans le caricatural FM le plus grossier, bien galvanisant, avec quelques micro-restes de thrash, certes quelques moulinages à vide, mais surtout évidemment beaucoup, beaucoup de Mustaine ; j'aime le répéter, mais l'envahissant rouquemoute fait partie de la catégorie très restreinte des connards charismatiques-relous-attachants du monde hardos, ceux avec une vraie bonne grosse voix de bon gros boulet bien grimaçant, un peu comme Axl Rose ; ou une sorte de Brian Johnson,…

Imaginary Forces : Uppstigande

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C'en est (presque) fini de la jungle ; faut dire, aussi, avec ce qu'elle se prenait ... Ce qui en revanche a tout le contraire de péri, c'est l'identité Imaginary Forces. Une chose qu'on ne peut guère qu'à la rigueur rapprocher de mutations nommées Silk Saw et Synapscape, par cette façon d'être tout à la fois furieusement dub et radicalement techno (radicalement veut dire : pensez Starfish Pool, pensez Zymosiz) et farouchement rien d'autre qu'eux-mêmes. C'est confirmé, dans la famille Birmingham b-boy (Scorn et Techno Animal) de votre discothèque, Imaginary Forces se range non pas dans les -like, mais dans les chefs de famille, les porteurs de semence.
Presque, disions-nous cependant. Car c'est une vitreuse jungle chimique où l'on pérégrine à présent ; une jungle de toxines et de neuro-inhibiteurs, un écosystème macro-bacillaire devenu plus vaste que le monde anciennement vrai, désormais phagocyté par les infiltrations de gaz mutagènes p…

Botanist : I - The Suicide Tree / II - A Rose from the Dead

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Le bon sauvage, haha. Tous autant qu'ils sont, celui que vous voudrez ; Robinson Crusoë, l'Ent, le barbu, le déguenillé, le couvert de brindilles, l'aigre-sous-le-vent, le Huron, Harvey Keitel, Pocahontas, le crapaud-singe au fond de la forêt de Chine ... Une fois les regards détournés, une fois partis Rousseau et son équipe télé, une fois entre soi dans le havre de sa grotte, que croyez-vous qu'il fasse ? Dans son secret jardin de pierres où les graviers sont autant de petites dents et les bonsaïs ligaturés de cordelettes faites de ses propres cheveux ? Sous l’œil de jade glauque des vitraux végétaux avides ? Marteau de clarté, fontaine de démence, villebrequin de joie : acharnée, céleste, astringente, il joue comme un perdu la gigue du Porteur de Lumière.

Enslaved : Frost

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Du skyrim metal, au même titre que peut exister le Warhammer 40k metal. Vous le savez, on reconnait un homme de goût à deux choses: le port de la moustache et un amour immodéré pour les sons de basse ronflants. Autrement dit, certains d'entre nous ont trouvé en Lemmy leur Ryan Gosling. Frost, ou l'épopée d'un bouffeur de hareng qui s'est pris une branche dans la gueule, tout bourré à l'aquavit qu'il était en cherchant des champignons. Une sortie au grand air, la fiole en vrac et des glaçons dans le calbard, avouez que c'est autrement plus bandant qu'un nouveau forfait téléphonique.Meilleur moment pour écouter le disque : Un 1er janvier, au petit matin.

Wormrot : Dirge

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On choisit la partie d'une cour, d'une place ou de toute autre pièce de terre, la plus éloignée du voisinage des habitations, des hangars, de toutes matières combustibles. On dégage l'endroit choisi de toute immondice; on prépare des bottes de paille en tas; on apporte un grand vase ou marmite de terre, ou même un petit baquet, pourvu qu'il ne soit pas profond ; on a quelques seaux remplis d'eau ; puis on procède à la mort de l'animal. La manière de tuer les porcs est barbare: comme par malheur on ne peut agir autrement il faut bien s'y résigner; mais ce que l'on doit éviter religieusement, c'est de souffrir que les enfants s'en fassent un sujet de joie. Rien, n'est plus affreux que de voir, dans les villes de province , les gens du peuple s'attrouper en riant devant un porc qu'on égorge, et les enfants sauter autour de la victime, soit lorsque ses cris aigus font horreur, soit lorsque les flammes l'environnent : il me semble tou…

Dragged Into Sunlight : Hatred for Mankind

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Sauf leur respect, si Bolt Thrower c'est la guerre, alors Dragged Into Sunlight c'est la guerre sale. Si vous voulez, la guerre racontée aux porcs. Car si vous voulez imaginer Hatred for Mankind, au delà de ce qui est probablement, dans les faits, un mélange cochonné de black et de death qui ne réussit qu'à sonner comme le plus vil goresludge repeint avec une philanthropie d'ouvrier charpentier, pensez plutôt à tout ce que vous trouvez de plus porc ébouillanté (je cite Ikea, de mémoire), prenez Circle of Dead Children, Napalm Death, Acid Bath - virez Dax et ne gardez que Sammy Pierre - prenez The Codex Necro, et, sous une abrutissante avalanche d'épais coups de pédale sulfateurs, sous un non moins abrutissant bain de cymbales aveuglantes pire que le premier Mitochondrion, sous des seaux et des seaux de riffs en boue de limaille de fer scorbutique, desserrez le garrot et lâchez la bride à tout le machin : vous ne savez plus, dans un massif brouillement de la vision…

Craft : Void

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Un album de black'n'roll à bouée ventrale, école Khold et Darkthrone. Une fois qu'on a dit ça, on a dit le moins compliqué, et le moins important.
Car faire de Void un disque de sacs-à-bière tressautant, c'est sans compter l'obscène absence de groove d'un groupe adepte du riff coup de pelle, antinomique du rock'n'roll, même celui d'Unsane : c'est bien simple, dès qu'un de leurs plans commence à taquiner la cervicale ils te lui en emmanchent un de traviole là-dessus. C'est sans compter non plus sur la viscosité d'un groupe adepte du black vermiforme, pas du tout antinomique, lui, avec le coup de pelle, ni avec les décollages stellaires malades que ces cerveaux congestionnés affectionnent, au milieu de leur metal non pas tant froid que de la gluante tiédeur d'une nuit de fièvres. Son odeur de charogne fraîche digne de Sardonic Wrath, sa boîte à rythmes imitant à s'y méprendre un homme armé de trois pelles-à-tarte surdimensionné…

Congress : Stake through the Heart

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Plutôt que dans le jardin de cailloux des gentils légionnaires plantigrades d'Integrity, voici, à mon avis, où s'enracine l'insanité de Pulling Teeth. Lavez les (à la javel) de leur chape de gomina et de leur sape de merlans, et vous devinerez bien vite, non loin, l'inquiétante étrangeté de Congress, les quelque part errants entre Kickback et Voivod, dans un futur rigoureux et désertique, hivernal et charognard, fait d'autant de Kill'em All que d' ...And Justice for All, avec sa sévère raideur beatdown se dandinant entre indusmetal nineties et electronic body music larvée, on n'est pas belge pour rien.
La ferraille démoulée ultracompact par Congress, en un douloureux étron d'acier, est groovy, aimable et apaisante comme une volée de frelons, émaillée de plans d'ambiance dark-wave aussi ringards que polaires, puants comme du vieux Leaether Strip, et de diverses tentatives de voix claires et/ou narratives curieusement mâchouillées comme par une b…