jeudi 26 janvier 2012

Ebonylake : In Swathes of Brooding Light

Lac d'ébène à ce qu'on dit est black, c'te blague ... Tout au plus est-ce moins incrédible à la rigueur sur la vieille démo apposée à la fin de ce second album, mais aujourd'hui ce qu'il y a de plus noir à Ebonylake, c'est l'illustre bassiste sludge dont les témoignages traumatiques m'ont persuadé d'y plonger l'orteil.
La famille de ces obscurs-ci campe plutôt vers chez les extravagances gothes qui faute de vin boiront volontiers du sang, ou vice versa - on parle, on aura compris, de Das Ich, DHG, Trial, yelworC, Christian Death ; voire, mieux encore, d'un Elend remoulé dans le gabarit trapûment funky et sardonique du Mr Bungle de l'époque sans titre - ce qui paraîtra une outrance soumienne caractérisée mais décrit on ne peut mieux , non seulement l'outrance carnassière insane de l'album, mais encore son atmosphère de foire sinistre sans les flonflons, tyranniquement gouvernée par le rythme, celui d'un jazz des couteaux aux humeurs aussi brusques et tempêtueuses que saturniennes, celui d'horloges à fantômes mangés au mites houspillant le passant dans les couloirs maudits d'un manoir de forêt noire, chrysalide poussiéreuse traversée de vents coulis aussi subits que coupants, et derrière certaines des portes duquel, à coup sûr, l'on découpe des choses à la feuille - vous avez le droit, allez, de songer à Mercyless, à Valborg ou à Apocryphal Voice, si vraiment le cheveu vous démange, mais sachez qu'ici on ne trouvera rien sur quoi le secouer et roter, l'album est aussi metal qu'un passage thrash de Phallus Dei. Est-ce à dire alors qu'on parle de metal pour ceux qui n'en écoutent pas ? Non plus, plutôt quelque chose de non metal - du gothique, dame ! fait avec des guitares et des ustensiles métalliques, juste comme Elend, donc - et aussi bien d'ailleurs les auteurs en sont-ils des métalleux aussi : quand bien même ? Ça ne fait qu'ajouter  à la valeur de la chose.
Dans notre série mon pays a du talent, donc.

edit : je me signale que le groupe n'est pas français comme je l'ai cru, mais anglais ; n'en déduisez rien d'autre que l'inutilité de la dernière sentence

2 commentaires:

MoizBasstard a dit…

Mettre 'illustre' et 'sludge' c'est comme de souhaiter à une merde de chien d'être rose fluo et de briller la nuit. T'imagines, on ne peut plus marcher dedans, quelle tristesse!

Sinon, cet album est bon, dans la (presque) droite lignée du précédent. Les parties "calmes" en plus. Et ces riffs qui se répètent ad nauseam, miam.

gulo gulo a dit…

ne marche-t-on pas encore mieux dedans si elle brise rose dans la nuit ? pourvu qu'on ait l'esprit dirty harry, hein, s'entend