samedi 21 janvier 2012

Omala : Germ

La Grèce antique selon mon cœur. Lourde comme le sourcil d'un Brendan Perry qui n'aurait pas encore appris à porter la nourriture à sa bouche avec ses parties préhensiles. Lourde comme les effluves des raisins pourris dans les naseaux des chèvres affolées sur les pentes caillouteuses. Lourde comme les épaisses amphores et le vin épais qu'elles dispensent. Lourde comme les fumées dégoulinant des encensoirs. Lourde comme les insinuantes psalmodies que geignent les petites acolytes serviles. Lourde comme la cuisse des prêtresses qui ne l'en lèvent pas moins sauvagement haut dans la pénombre rougeâtre des colonnades. Lourde, lourde, lourde.
Lourde comme un monde, lourde comme une Grèce plus vaste que la Grèce, faite d'immenses continents sauvages livrés à la magie et à l'obscure et sourde palpitation des désirs, dans la touffeur des grottes ; lourde comme la torpeur et la demi-conscience, comme le vertige et la confusion des sens, comme le rouge sang des fresques sur les parois des boyaux que son propre errement ouvre à l'esprit engourdi. Lourde, si lourde ... On pourrait poursuivre ainsi aussi interminablement que dure ce disque-gouffre. Mieux que de la musique rituelle : de la musique de divagation post-méridienne, de la musique post-prandiale sacrée.

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