jeudi 19 janvier 2012

Une histoire de millésimes ...

Il y avait bien longtemps que l'ami Jean-Jean ne nous avait visités ; aussi vous prierai-je de prendre la ci-devant salve tout pareillement que moi : comme un cadeau. Ou un gâteau ; forcément pop, donc, rayonnant de couleurs bonbonnées plus affriolantes les unes que les autres - le roux, bien sûr, au-dessus de toutes.



Megadeth : Cryptic Writings

Un album qui commence un peu comme ce disque de Joy Div' qui porte un titre de magazine (même pas fait exprès, du coup je la garde), pour flancher direct dans le caricatural FM le plus grossier, bien galvanisant, avec quelques micro-restes de thrash, certes quelques moulinages à vide, mais surtout évidemment beaucoup, beaucoup de Mustaine ; j'aime le répéter, mais l'envahissant rouquemoute fait partie de la catégorie très restreinte des connards charismatiques-relous-attachants du monde hardos, ceux avec une vraie bonne grosse voix de bon gros boulet bien grimaçant, un peu comme Axl Rose ; ou une sorte de Brian Johnson, mais humain. Et puis son groupe... Je vais tenter simple car le crayon s'emballe : la version sexuée, gourmande et hétéro du Black Album, auquel Musty a chipé quelques riffs cubiques pour en huiler les angles et pour ceux qui seraient intéressés par de telles coquetteries, est dans ce boîtier (ceux qui veulent encore saisir pourquoi cette légende rabâchée jusqu'à plus soif sur la rivalité des deux  apprendront qu'il n'y a de rivalité digne de ce nom qu'en cas d'équilibre des forces opposées - ou comme dirait ma concierge en touillant son café : "un sucre roux en vaut deux"). Tu pourras créer toi même une flûte de pan chromée avec ces douze tubes, avec laquelle tu les reprendras tous. Je pourrais te parler de "Use The Man" - Sur l'intro, Musty y est plus immonde que jamais, aussi extravaguant et accueillant pour les oreilles qu'un chutney miel-merde pour les papilles ; j'arriverai je crois jamais à vraiment aimer ça, mais ça fait partie du charme c'est comme ça, attirance & répulsion à même puissance - Mustaine, quand il est à fond, c'est ma Suze vocale, voilà. "Almost Honest" m'a amené à Megastaine, autant que "Symphony Of Destruction" - trop écouté ado, mais je lui dis encore bonjour. "Mastermind" est bel et bien dotée - tu ne rêves pas - de reflets très Mike Patton, l'air de rien. "I'll Get Even" possède un des refrains pour lesquels je pourrais faire comme Gégé sur ceux de Lemmy, c'est à dire me faire peur et te faire peur à écrire des trucs de trop grande envergure émotionnelle et mentale, que tu pourrais de toute façon pas piger totalement. Les choeurs sur "A Secret Place" ont ce truc salement new wave pour bal de mariage, limite française en fait (je pense à Emile & Images, précisément), on parle toujours de laideur gros bras, en même temps Mustaine arrive a habiller ça d'une cape sensible, tu sens que c'est personnel - c'est sa "secret place", son coeur de rouquemoute, son cercle de séduction pour t'attirer à lui, il fait bien sentir ça en donnant généreusement de la mélodie sur ses guitares en oubliant le surplus de show technique, il sait aussi faire ça, vu que c'est un guitariste. Le disque assomme un peu sur la fin, mais "FFF" n'est vraiment pas à louper, ne serait-ce que pour voir qu'entre eux et Motörhead finalement, ça se joue parfois qu'à un détail d'habillage pâtissier, question comète hard rock qui fuse dans ta piaule, fait fuser certaines choses, après en avoir fait durcir d'autres... Cryptic, c'est Rust In Peace en souple et sans structure alambiquée, les Guns stéroïdés, Megadeth en bolide heavy-metal propre sur lui mais vibrant d'envie -  avec cette touche typique qui fait ce groupe - la patte du Vengeur ; la rouflaquette bien taillée du chercheur de merde incurable, l'oeil de ce toquard sensible aux expressions disgracieuses qui veut exister, envahir, séduire, être reconnu ; bref : la Mustaine touch. Je retenterai peut être Risk un de ces quatre, à propos.


Jean-Jean

2 commentaires:

Sheol a dit…

Excellent album compte-tenu de ce qu'on en attendait à ce moment ! Il supporte bien le poids des années en plus... Puis Mustaine quoi. Le mec que s'il n'existait pas, faudrait l'inventer de toute urgence. On s'emmerde assez comme ça pour se passer de lui. Allez j'vais me reprendre un petit chutney miel-merde (dit comme ça, ça a presque un gout de Nightwish).

gulo gulo a dit…

vous êtes faits pour vous entendre, avec Jean-Jean, qui trouvera à lire ici :
http://lesnotulesmetalliques.blogspot.com/