lundi 27 février 2012

Brame, Menuet Babel, 25/2/12, Up&Down, Montpellier

Pourquoi ne devrais-je pas rapporter ce concert ? Parce que je l'ai co-organisé ? Parce que j'ai passé des heures entre le 25 et le 26 à causer avec d'affables Brame aussi prolixes que moi ? N'ai-je pas déjà rien qu'ici sinon depuis avril 2008 assez employé la première personne du singulier pour être exonéré des convenances de l'impartialité ?

Menuet Babel : par chance, aurais-je presque envie de dire, j'en ai loupé la moitié ; ainsi n'aurai-je pas à trouver les mots pour décrire ces juvéniles extra-terrestres aux voix flûtées ; sachez simplement que leur auto-célébration en tant que boys band d'ebm atonale frénétique n'est pas imméritée, et que je n'ai pas eu à regretter d'avoir fait confiance à leur maître de danse. Un concert comme il n'en arrive qu'à l'Up&Down.

Brame : le groupe qui donnerait presque envie de dire que Gira et son My Father Will Guide Tout Ça Tout Ça arrivent après la guerre, qu'il laisse un peu son taf à Nick Cave ce sale gothique, que Faulkner en secret était français, ce genre de folles conneries enthousiastes ; le groupe qui donnerait presque envie de dire qu'ils jouent un peu tout le temps le même morceau, qu'ils ont une seule idée, ce genre de conneries (ne vous cachez pas, je sais que certains l'ont pensé) ; si ce n'est que chaque morceau, chaque pulsation provoque dans le bassin et les vertèbres des réactions différentes, eux qui sont plus intelligents que nos pauvres cerveaux mesquins ; Brame, qui tire toute la transe qu'il y a au blues, en en pressurant le riff primordial sous toutes ses mornes et irrésistibles inflexions venues du ventre, qui en fait de l'indus et le joue comme du hardcore ; le groupe qui s'ajoute à la croissante liste de ceux qui me rendraient chauvin malgré que j'en ai, avec cette façon de s'approprier le folklore qui n'appartient qu'à nos punks à nous.

D'ailleurs, ce sont encore des punks de chez nous que nous vous proposerons la prochaine fois : vous avez rendez-vous le 17 avril avec Binaire, mes petits potes !