dimanche 19 février 2012

Horn of the Rhino : Grengus

Je l'avais pressenti : Horn of the Rhino sont les fiers exhibiteurs d'un jamon-jamon-metal de fort beau gabarit, la jaquette - si j'ose m'exprimer ainsi - de Grengus m'en est témoin. Le lâcher de références qui s'y rapportera ne peut se faire que pêle-mêle, en cohue houleuse, tant il n'y a rien ici de si articulé qu'on le puisse démonter : la musique de Horn of the Rhino est simplement un épais sang ; y torrentuent les gènes de High on Fire, Alice in Chains, Gates of Slumber, Entombed, Bolt Thrower, Celtic Frost et Danzig : tous ceux qui font la musique de vit luisant, la mentalité de motard des âges farouches et la membrure égotique des Glen et des Tom Gabriel - toutes choses qu'ils baignent dans leurs pâteux ciels cramoisis de passion plus assommante encore que la chaleur de fin du jour pesante et pressante comme une mamelle de matrone tragique.
La différence alors, me demandera-t-on, avec les albums précédents, puisque selon toutes les apparences que je dis l'on s'encorne et se saille cette fois encore entre les mêmes matamores ? La précision, s'il faut insister, est que cette fois l'on n'y pense, à tous ces turgescents totems, que par réflexe, mémoriel ou analogique, ils ne sont plus aujourd'hui les pères de nos Ibères, mais leurs pairs, aujourd'hui Horn of the Rhino a des traits animalement affirmés comme un Javier Bardem, et sonne comme Horn of the Rhino, pas autre chose - et c'est beau comme une gaule du matin qui durerait toute une après-midi à s'éventrer dans la joie.

4 commentaires:

Ikea a dit…

"c'est beau comme une gaule du matin qui durerait toute une après-midi à s'éventrer dans la joie."

Nailed it.

Karamazov a dit…

De la rhinomachie, courage au toréador (s'il se présente dans l'arène).
Je note et tente.

Raph a dit…

j'adore la conclusion

Ø a dit…

putain, cette pochette