vendredi 3 février 2012

Maruta : forward into regression

Le fameux maréchal de Vauban, qui, comme tous les gens philanthropes et éclairés, s'intéressait à l'agriculture, a fait le calcul approximatif des produits présumés d'une truie ordinaire pendant dix ans; son travail, intitulé la Cochonnerie, fait partie des douze volumes in-folio, manuscrits, fruits de méditations profondes, qu'il nommait ses oisivetés. On conserve ce recueil précieux à la Bibliothèque royale de Paris. Ce grand homme n'a pas compris les mâles dans son calcul, quoique l'on suppose, avec raison, qu'il nait autant de verrats que de femelles dans chaque portée. Le produit de chaque portée n'est aussi estimé qu'à six cochonneaux, quoiqu'il soit prouvé que, l'une dans l'autre, les ventrées sont au moins d'un tiers plus nombreuses. Malgré ces réductions, le résultat des calculs du maréchal de Vauban est que la production d'une truie, en dix années, équivalentes à dix générations, donne six millions quatre cent trente-quatre mille cent trente milliers de porcs ; ce qui est autant qu'il peut y en avoir en France. Si l'on poussait cela jusqu'à la douzième génération, ajoute Vauban, il y en aurait autant que l'Europe pourrait en nourrir; et enfin, ce calcul poussé jusqu'à la seizième génération, il y aurait de quoi peupler abondamment toute la terre de porcs ; ils finiraient par l'envahir; mais par bonheur les charcutiers et les gastronomes mettent ordre à cette invasion.



Manuel du charcutier, ou, L'art de préparer et de conserver les différentes parties du cochon d’après les plus nouveaux procédés précédé de l'art d'élever les porcs, de les engraisser et de les guérir, par une réunion de charcutiers et rédigé par Mme Celnart, 1827.

1 commentaire:

gulo gulo a dit…

superbe jaquette, le contenu de quoi je ne suis pas encore parvenu à dire plus qu' "intéressant"