mercredi 22 février 2012

Nooumena : Argument with Eagerness

Horreur, mais ça ressemble à Ulver ! Remarquez, c'était prévisible, ils m'ont bien écrit qu'ils fréquentaient un peu tous une communauté numérique où Ulver passe rien qu'un peu pour l'épitomé de tout aboutissement musical. Maintenant que vous le dites, d'ailleurs, Mr Bungle et Opeth, qui passent là-bas également pour les fidèles bajoues de l'honnête homme, on pourrait aussi s'amuser facilement à les reconnaître, cachés dans ces fourmillants traits colorés...
Mais ce serait faire injustice à un disque autrement plus charnel que les futuristeries mélancolijazz guindées d'Ulver, et autrement moins lipidique que ce California dont il a l'élancé ; ce qui est surtout prévisible, c'est ma fainéantise d'analogiste patenté au moment de tâtonner un peu dans la souple, élégante, liquide folie de cet album qui fait des rasoirs de volatils archets dont il dessine des valses dans la soie qui est la chair des rêves ; non tant d'ailleurs par manque de références adéquates ; qu'y a-t-il au fait à quoi raccrocher ce disque dont le visage métamorphe miroite et fuit, sinon assurément tout ce qu'on trouvera de plus lunaire, de la douce zeuhl, une subliminale odeur d'inquiétude beumeu, comme si Virus, tiens, plutôt, ou Beyond Dawn, allait faire le viking funambule sur les toîts de la Metropolis de Claro que Si, car plutôt que d'Ulver c'est du prog que vient cet extraterrestre de chant livide...
On abandonnera donc, en formulant l'hypothèse que Nooumena joue plus simplement de l'angoisse de chambre, du jazz-la-menace pour film noir de céphalopodes, ce qui ne serait pas forcément surprenant, dans le contexte.

Aucun commentaire: