mercredi 28 mars 2012

LoGre : la Déchirure

On le pressentait, on le voit confirmé : LoGre sur disque perd un peu de son vrombissement zomb'n'roll, un peu de cette crétinerie beatboxeuse qui pouvait faire penser à Binaire. On le pressentait et c'est même ainsi qu'on avait fini de se convaincre d'acheter l'album de ce genre de truc concon déraisonnablement jouissif live : parce qu'on sentait à cette musique le potentiel cold wave - toujours zombinique, rassurez-vous - vénéneusement chimique - on se détend d'entrée, on desserre la ceinture à ses références à The Klinik et Dead is Dead - on s'imagine surtout, émerveillé, un miraculeux groupe de batcave toulonnais oublié par l'histoire et qui en aurait profité pour aller détrousser le futur et en ramener la techno-break chimique des teufs séquanodionysiennes les plus casse-cou. On sue, aussi ; froid, il va sans dire ; on est dans un monde caché, une grotte principalement peuplée de gouttes, et de chimères, en terre ultra-dépouillée autant qu'ultra-psychédélique, en présence d'une psycho-activité qui ne rappelle guère que le très secret et singulier Awkward y Borracho Core del Todo, par l'économie de moyens et de mouvement qui y suffit, par la magie des impérieuses lignes de basse omniprésentes et la grâce de synthés simplets affreusement immersifs, à suggérer toutes sortes de choses plus ou moins noires, jazzy, gluantes, globuleuses, merveilleuses ou multipèdes. Bienvenue dans la déchirure.

mardi 27 mars 2012

Child Abuse, Staer, 24/03/12, Saint-Creux-des-Bas-Fonds

Jeune trio norvégien, Staer envoie du bois presque par mètres cubes. Un golem blond produit des sons dénaturés derrière ses fûts pendant que deux encordés maltraitent en permanence leurs pédales d’effet. Ça pourrait s’avérer prétentieusement branle-couille, mais non, c’est même plus intéressant que ce qui se laisse entendre sur leur espace de toile. Décalage audiovisuel et bonne surprise. 
Child Abuse de retour dans la MJC du coin : Droopy s’est fait poussé la moustache, Messi a pris du poids et le Jedi pizzaïolo est, heu, ailleurs. Son remplaçant partage les vocaux avec Lionel, ça gueule moins fort, c’est un peu vert, moins agressif, mais ça tient toujours la route. Le groupe assure malgré l’amertume palpable de ne jouer que devant dix-huit personnes un samedi soir.



Je tiens à signaler aux têtes de veaux que ces deux groupes passent le 03.04 aux instants chavirés. 
Allez-y, la France forte, c’est vous !

vendredi 23 mars 2012

Meshuggah : Koloss

Comme disait Bootsy : "you gotta keep that funk alive".
Le groupe de funk préféré des hommes à barbiche et cheveu ras est donc de retour, et aussitôt c'est la joie dans la maison pour les petits et les grands. Est-ce parce qu'on ne les avait entendus de longtemps, ou bien parce qu'ils allient cette fois les ambiances donjon de Catch 33 et le ludique d'ObZen ? Ou bien auraient-ils comme j'incline à le penser dégainé leurs morceaux les plus malades, gourmands et vrillés ? Les solos sont-ils réellement moins rébarbatifs que d'habitude, voire aussi drolatiques qu'il se doit ? J'avoue ne pas être le mieux placé pour le dire, et me trouver présentement en train de rebondir et me dandiner sur mon fauteuil de maître tandis même que je tapuscris ces mots, être même prêt dans l'excessive faiblesse où me voilà à renier le nom de Trepalium, parce que le zouk extraterrestre est revenu, que se faire par lui traiter comme fines herbes est toujours le même inusable plaisir ; le gentil gorille détraqué est revenu, tu sais que tu vas prendre cher derrière le buisson, et pourtant t'as sorti ton plus large sourire de benêt, tu rebondis sur toi-même tout ce que tu sais, dans le noir on est bien, ça grouille d'insectes et c'est plein de protéines ; l'hallu à base de viande est revenue, elle est encore plus ventripêchue et surtout bien plus cuisamment nette que tes meilleurs souvenirs d'Infectious Grooves, une évidence compacte comme un mur de viscère irisée, que les plus poussifs sont aussi les plus groovy, lèche les verrues du crapaud-colosse et tu comprendras - et pose-moi donc ce cerveau sur le guéridon africain, dans l'entrée, il va t'enquiquiner plus qu'autre chose, là où on t'emmène faire des tonneaux.

jeudi 22 mars 2012

Christian Mistress : Possession

New Wave Of British Heavy Metal, ils disent. Et il est vrai que par endroits, j'ai songé au peu que je connais de cet abominable groupe que mainte fois l'on m'a conseillé, là, dont Opeth a superbement repris "Remember Tomorrow", vous voyez qui je veux dire. Mais ces accents épiques à la naïve beauté courtoise ont principalement pour résultat de tirer vers les parages de Jex Thoth  la crudité édénique d'un album dont, autrement, la nerveuse souplesse m'aurait par trop fait penser à cette chose transie de fièvre qu'on nomme Overkill. La chaleur du hard rock à son plus préhistorique, cette sorte de choses, et tout ce qu'elles supposent de sexualité collective houleuse à ignition spontanée, surtout considérée la partie vocale de l'histoire, dont les courbes indomptées sont soulignées d'une gracieuse fêlure qui serpente d'une folk-singeuse des Highlands à la squaw de Mythical Beast, avec un détour par Beth Ditto et Kristin Hersch ; et ...
Sérieusement, arrivés à ce point, c'est moi dont vous voulez entendre davantage de rauque babil ?

mercredi 21 mars 2012

This Gift is a Curse : I, Guilt Bearer

Combien de lustres ça faisait-il, qu'on n'avait pas eu un groupe d'indus qui ratiboise en classe prestige avec presqu'exclusivement des outils à faire le rock ? Peut-être pas tant que ça, mais ça paraît toujours longtemps, parce qu'ils paraissent toujours rares et le sont, à faire les choses nettes aussi bien - et peut-être d'ailleurs est-ce aussi bien.
Parce que This Gift is a Curse, pour frustrants qu'ils étaient sur la brièveté d'un e.p, passé au gabarit album, est de la famille des terrifiants. Terrifiant comment un petit groupe de jeunots a tout l'art d'un bourreau senior au somment de sa carrière ; et terrifiant comment un disque de tourneur-fraiseur monomaniaque devient très vite pour l'auditeur une délicieuse manie, un doux nid de tisons à l'azote liquide, un familier qui sait sans mot dire la réponse à toutes les envies. En cela This Gift is a Curse est toujours un groupe qui joue le hardcore, qui soulage une brûlante pulsion vitale, un prurit consubstantiel, le vieux commandement de raboter la gueule - il n'y a pas de "ta" gueule, pas de "ma"gueule, tu dois penser "notre" gueule - tout à loisir, d'aller mesurer sa propre arabilité au premier matériau de construction qui se présente, la viscérale et glaciale griserie des os qui les jette dans le remous, le gouffre ou la concasseuse. C'est ce que vous trouverez ici, et même tout ce que vous y trouverez, à son état de plus grande nudité.

P.S : pour le namedropping qui tâche plus rouge que le rouge, j'ai tout foutu sur Slow End, si vous y tenez vous connaissez l'adresse.

lundi 19 mars 2012

Ceremony : Zoo

Plutôt que sa mutation en anglais, ce qu'achève ici Ceremony c'est son art de la miniature, du pénis rudimentaire en somme. Cette manière de jouer des chansons reposant sur deux riffs et trois membres de phrase avec ce grain de démence, ce point subliminal dans la voix, ces façons en toutes choses de planteur de clous à plein temps, qui font de leurs petites gigues de gueux ces choses inquiétantes, ces mélodies en zinc dont la candeur hante obstinément et la lumière ronge la pensée ; la guerre aux nerfs étant déclarée d'entrée par une "Hysteria" qui cheville autoritairement au corps l'envie de foutre des pavés à travers la gueule aux passants, tout en claironnant comme un hymne existentialiste à s'en péter la temporale ; l'album en son entier claquant lui comme un rêche album de punk briton de la promo des Three Imaginary Boys et des London Calling ; mais restant au fond dans ses foutus os une traduction américaine de ce cri punk, transposé dans l'extrémisme hardcore, la sanguinité sinistre des In on the Kill Taker ; et puis après tout, la teigne, intacte et rebelle sous le smog mental, est la même.

vendredi 16 mars 2012

LoGre, 15/3/12, Up & Down, Montpellier

Encore un concert comme on n'en peut voir que là-bas, dans ce ventre de Montpellier, ce seul endroit où ça gargouille encore, cet endroit où l'on peut tomber aussi bien sur des Monsieur Viande que sur des Oso el Roto.
Ou bien sur LoGre. LoGre est un de ces groupes dont on peine à dessiner le contour ; probablement ne sera-t-on pas complètement à côté tant qu'il y aura les mots Stupeflip, Death Breath, Primus, Binaire, Alien Sex Fiend, The Cure, Spectre ... mais, et alors ? Il y a deux basses, un synthé qui spooke tout ce qu'il sait pour ne pas être en reste, deux cagoules, des samples de dialogues grinçants in extenso, des projections goguenardes ou glauques, je ne sais pas bien puis désolé, j'ai tendance à ne pas trop y faire attention, d'autant plus quand regarder les musiciens en caoutchouc est bien plus fascinant - mais ç'avait l'air amusant aussi. Mais on aura pas pour autant touché du doigt ce qu'il y a de gluant et de profondément réjouissant dans la naïve horreur gris fluo de LoGre qui, c'est certain, porte bien son nom. Dommage que je n'aie pas pu assister au second set, annoncé comme "plus pêchu", sur lequel ils ont poursuivi après une petit entracte. C'est comme ça les jeudis à l'Up & Down, entre les tauliers et les invités, je vais finir par m'y réconcilier avec les Lyonnais.
A revoir dès que possible, quitte à les faire revenir, sur une scène moins minuscule que, paraît-il, ils savent fort bien occuper.

jeudi 8 mars 2012

Horn of the Rhino : Weight of the Coronation

Et si cet album de Horn of the Rhino était juste un peu le seul héritier sérieux du doom particulier à Reverend Bizarre - c'est à dire, bien entendu, le doom chibromatique à l'extrême ? Le seul à savoir cet art de la lenteur à l'érotisme torturant, à savoir provoquer l'émission de toute la diluvienne puissance qu'il y a pour gorger tout ce pesant fatalisme ? Ne cherchez pas ici un disque d'iommiphiles empruntés, Weight of the Coronation est l'album qui fait la preuve, inutile tant c'est défoncer au bélier de siège une porte qui n'est que pour les abrutis, mais cruciale tant il est bon de sentir à son visage le vent moite qui souffle en ces lieux, la preuve disais-je du muscle et donc de l'homo-érotisme motardo-culturiste du doom, la libido conquérante et empaleuse de mondes à la pulpe palpitante, qui bout d'impatience empâtée dans le sein de cette musique de prétendus blasés, toute prête à flamber sur une brusque poussée de chriscornellite d'un chanteur que j'ai par trop dévalué en en faisant parfois un simple imitateur surdoué : ce type, qui donnerait à Keith Caputo (allons bon, voilà que je recommence derechef) la motivation pour aller dominer le championnat WWE, est tout bonnement formidable, à ainsi faire sans faiblir durer les débats, interminablement roucoulant, rugissant ou pesant de tout son suggestif silence, sur les riffs les plus huileux que vous ayez jamais avec humidité rêvé.
Album pour hommes.

mardi 6 mars 2012

C R O W N : The One

Bernard's finest ? Ils sont de Colmar, ils adulent probablement Neurosis et Godflesh, ils ont eu un groupe qui s'appelait Hollow Corp., sur la pochette duquel on voyait un quelconque chemisage métallique, et d'ailleurs Bernard les connaît sans doute personnellement : assurément, tout est en place, pour caractériser le "style". Mais ce qui compte vraiment, dans le Bernard-metal, et les C R O W N l'ont, c'est surtout ce qui fait le style ; au vrai sens du terme. Tout ce qui vous cueille à l'improviste et fait de vous ce qu'il veut : ici une frissonnante intervention à l'archet, là un refrain new-wave ; des rythmiques à différents stades de cryogénie ; les ondulations techno qui sourdement les parcourent parfois ; le son des guitares, chaud, sec, contenu avec une précision d'acier ; tout ce qui fait que C R O W N, dans la catégorie, évoquera tout au plus Eibon, Dirge et Kill the Thrill, on a vu pire, mais qui en fait avant tout, donc, un groupe imprévisible, davantage identifiable, encore que par éclairs, à la croisée brumeuse de Pain Station et du Faith de Bobby Smith ; tout ce qui donne à The One une aura de recueillement qui tient du cercle polaire et du rayonnement d'une flamme de bougie, en fait un disque qui n'a rien à voir avec tous les barbus ahuris des grands espaces ouverts à tous vents creux, avec son art bien à lui pour les riffs lancinants et obsédants comme une goutte sur l'occiput, qui gravent avec cette étrange méticulosité (si on m'avait dit qu'un jour je ferais de ce mot une qualité ...) cette musique d'une si infinie concentration et si intime - elle en est même précautionneuse, à la façon d'un massif laminoir mécanique qui s'appliquerait à préserver un fragile poinçon de chaleur soudain perçu, une sorte de Red Harvest ou de Desanctification transfiguré par une curiosité bienveillante aux proportions d'un engin à terraformer.
Tout ce qui en fait, en somme, un disque unique et que sa brièveté, sur la crête entre perfection et frustration, charge de lourdes et dangereuses promesses.

lundi 5 mars 2012

Oranssi Pazuzu : Kosmonument

Les gonzes d'Oranssi Pazuzu viennent-ils du black ? En ai-je quelque chose à faire ?
Il est amusant en tous les cas de voir les contorsions qu'on peut faire dans les catalogues pour faire d'Oranssi Pazuzu du black, comme si la présence de quelques parties black y obligeait, à cette vieille pute de débat est-ce-encore-assez-black, esprit-du-nord-es-tu-là, et ce qui s'ensuit, comme si la scandinave chose était d'autorité naturelle le noyau à quoi on doive à tout prix rattacher, ici du prog, du Pink Floyd, du post-machin, du kraut et du trip-hop ? Croyez bien qu'à une époque, où peut-être l'on savait se tenir, on se serait empressé de te rallier tout le fourbi à la bannière indus, peut-être qu'elle était alors ce qu'est le black aujourd'hui avec toute sa décadence dégénérative, la seule faction assez culottée et malpropre pour tout mesclunifier de la sorte. Parce que ce que vous évoquerez de plus black ici, à part le sempiternel Black Flux, c'est Black Lung.
Parce qu'on l'a compris, Oranssi Pazuzu, c'est de l'indus, comme venu du temps où, précisons-le, l'indus c'était Black Lung, donc, et Seekness, et Lab°, et Scorn. Ne serait-ce que, impérieusement, pour l'amour de cette basse nauséeuse, nauséabonde, proéminente, narcotique (vous connaissez, bien entendu, le rapport entre Throbbing Gristle et The Cure ?).
Parce qu'on l'a compris, Oranssi Pazuzu c'est du dub ; ainsi qu'ont fini par en jouer tous les grands psychonautes, voyez Blut aus Nord, voyez Godflesh, en se rendant au passage au pouvoir aussi des volutes orientales, qui se déploient à leur aise dans les environnements les plus étranges.
Bref, simplifions - un nouveau coup d’œil à droite ne fera pas de mal : Kosmonument est bien cette chose venue de l'éther profond, cette chose fongique qui emmène au long d'une chaude viscère toute en sauriens méandres aux sphincters constricteurs ... pour où ? Pour les strates nacrées d'un océan de sirop de rouille, dans l'extase cauchemardesque desquelles, selon toutes probabilités, les dernières lucioles de votre perception devraient finir de brasoyer dans la plus limpide paix.

vendredi 2 mars 2012

Cro Mags : Age of quarrel

Il est de ces disques sur lesquels l'attention glisse comme sur une merde chaude. Cette espèce là d'excréments n'a pas même le mérite d'avoir résisté aux efforts, si on peut dire, des services municipaux payés pour les occire. J'ai, à bien y regarder, beaucoup plus de respect pour ces vieilles crottes de cleps, blanchâtres et déséchées, qui ornent les trottoirs comme autant de terminus au sens antique et topographique du terme. Et il y a heureusement d'autres disques, dont celui-ci vous l'aurez saisi, appartenant à une catégorie bien plus propice au gonflement des corps caverneux et autres extremités. Ceux là t'agrippent, te ceinturent, te prennent à la gorge. Là où certains voient une ruine, tu distingues le monument. Quand d'autres pensent caillou, tu visualises monolithe. D'aucuns disent s'il vous plait, toi tu dis ta gueule tapette.

Meilleur moment pour écouter le disque : une soirée crêpes, quelle question.

Cypress Hill : Los Grandes Exitos en Español

Après un IV inégal, comme on dit dans la presse spécialisée, mais lesté d'encore quelques assez beaux carnages ("Prelude to a Come Up", nom d'un pochon ...), voici la première taule, visuelle tant que sonore, des b-boys palmipèdes, et la fin de l'âge d'or, quand bien même je fais partie des ceusses qui trouvent encore sporadiquement leur compte dans la suite, ce matin encore je manquais de pleurer pendant "High Life" et chopais une putain de peau de poulet sur "Worldwide" - je me souviens également avoir entendu de bons morceaux dans Stoned Raiders, mais je me rappelle jamais lesquels - néanmoins le présent album au programme pourtant si bouillamment prometteur (vous parlez sûrement assez le gominé pour piger le titre) restera le début de la chute.
Cypress Hill c'est comme les Soprano : au quartier, ils ont quelque chose de plus ; au bled, ils ont quelque chose de moins.

Asphyx : Deathhammer

Ces chers vieux Asphyx ne seraient-ils pas, au fait, les Motörhead du mormétal ? Pas qu'il manque de concurrents plus ou moins évidents ou déclarés au titre, mais si l'on veut bien passer sur ce qu'il y a de plus cliché à Motörhead, tout l'aspect groupe qui opiniâtrement mule le même morceau de rock'n'roll préhistorique dans toute son humble splendeur raboteuse, il leur manque à tous ce qui fait une part non négligeable de l'équation : le charisme et la discrète extravagance du caractère de Lemmy, celle qui lui a fait tenter quelquefois des choses à plus grande voilure et lui fait préférer qu'on lui parle de ses disques récents, celle qui le met tout naturellement en lévitation à étinceler au-devant du vacarme. Asphyx ont pour cela celui que l'on connaît bien pour l'un des tous meilleurs et plus éblouissants gosiers, dans ce style aussi traditionnel que le hard boogie de l'autre. Pour nébuleuse que la théorie puisse vous paraître à présent, vous verrez tout s'éclairer lorsque vous entendrez, en seconde position sur le disque, l'expéditif morceau-titre, expéditif comme dans expédition punitive, son entame qui promet du hardcore, son riff cru comme la faim, et sa conclusion, cinglante et nonchalante, à ranger en vividité aux côtés du pouffement de Cobain sur "tourette's" - ce sacré bon sang de Van Drunen doit avoir du sans écossais, c'est pas possible autrement... Quand bien même Asphyx ne serait pas la crème du vieux death-doom à gencives en feu (qu'ils me font rire, ceux qui ressortent les livres d' "histoire" d'il y a quinze ans (...) où Asphyx figure à la rubrique seconde zone ...), il serait géométriquement impossible après pareille gifle d'avoir le moindre résidu de bidet de rationnalité devant Deathhammer l'album. Et c'est dans un brouillard de béate hébétude - et les oreilles en sang - qu'on note qu'ils survivent ma foi fort bien à l'abandon du fameux et "daté" son outre-ferrugineux de l'emblématique Last One on Earth (seconde zone, non mais je vous demande un peu, à moi mes côtes ...), qu'ils sont passés du death à l'ancienne ergo forcément doomy, à carrément çà et là de la pierre d'église doom-death, et que cette pompe se conjugue elle aussi très bien à un death terne et sinistre somme toute, école Bolt Thrower, lequel ils parviennent pourtant à changer en quelque chose de flamboyant, dans ses tons noirs et menaçants - l'opulence prodigue dans l'austérité, vertu cardinale du death classique. Une sorte, donc, de pendant sourdement baroque, nocturne, courroucé comme un destrier ombrageux, de l'aristocratie troupière Bolt Thrower, davantage dans la prouesse individuelle, mais non moins lourd sur le dégât artificier.
Pour le coup, ce qu'ils ont cherché à faire avec Hail of Bullets m'est de moins en moins clair, mais ce qui est douloureusement net, c'est qu'un grand groupe de death vient de sortir un grand disque de death.

jeudi 1 mars 2012

Cro Mags : Best wishes

Odeur de pain chaud, démarche lente et regard vitreux. Peu d'expériences t'en apprennent autant sur toi-même qu'un retour au bercail après une nuit blanche. Alors que les cernes se creusent un peu plus profondément sous tes yeux, à mesure que tu diminues la distance qui te sépare de ton plumard, des centaines de gonzes se lèvent pour aller bosser. Les premiers oiseaux chantent, tu es seul dans les rues, le coeur de la ville bat dans ta poitrine. Je ne sais pas ce qu'il en est pour toi mon ami, si tu souffres que je t'appelle ainsi, mais moi je me couche pas encore. On attend l'ouverture des premiers cafés et on s'en jette un ?


Meilleur moment pour écouter le disque: need i say more ?