lundi 19 mars 2012

Ceremony : Zoo

Plutôt que sa mutation en anglais, ce qu'achève ici Ceremony c'est son art de la miniature, du pénis rudimentaire en somme. Cette manière de jouer des chansons reposant sur deux riffs et trois membres de phrase avec ce grain de démence, ce point subliminal dans la voix, ces façons en toutes choses de planteur de clous à plein temps, qui font de leurs petites gigues de gueux ces choses inquiétantes, ces mélodies en zinc dont la candeur hante obstinément et la lumière ronge la pensée ; la guerre aux nerfs étant déclarée d'entrée par une "Hysteria" qui cheville autoritairement au corps l'envie de foutre des pavés à travers la gueule aux passants, tout en claironnant comme un hymne existentialiste à s'en péter la temporale ; l'album en son entier claquant lui comme un rêche album de punk briton de la promo des Three Imaginary Boys et des London Calling ; mais restant au fond dans ses foutus os une traduction américaine de ce cri punk, transposé dans l'extrémisme hardcore, la sanguinité sinistre des In on the Kill Taker ; et puis après tout, la teigne, intacte et rebelle sous le smog mental, est la même.

Aucun commentaire: