lundi 5 mars 2012

Oranssi Pazuzu : Kosmonument

Les gonzes d'Oranssi Pazuzu viennent-ils du black ? En ai-je quelque chose à faire ?
Il est amusant en tous les cas de voir les contorsions qu'on peut faire dans les catalogues pour faire d'Oranssi Pazuzu du black, comme si la présence de quelques parties black y obligeait, à cette vieille pute de débat est-ce-encore-assez-black, esprit-du-nord-es-tu-là, et ce qui s'ensuit, comme si la scandinave chose était d'autorité naturelle le noyau à quoi on doive à tout prix rattacher, ici du prog, du Pink Floyd, du post-machin, du kraut et du trip-hop ? Croyez bien qu'à une époque, où peut-être l'on savait se tenir, on se serait empressé de te rallier tout le fourbi à la bannière indus, peut-être qu'elle était alors ce qu'est le black aujourd'hui avec toute sa décadence dégénérative, la seule faction assez culottée et malpropre pour tout mesclunifier de la sorte. Parce que ce que vous évoquerez de plus black ici, à part le sempiternel Black Flux, c'est Black Lung.
Parce qu'on l'a compris, Oranssi Pazuzu, c'est de l'indus, comme venu du temps où, précisons-le, l'indus c'était Black Lung, donc, et Seekness, et Lab°, et Scorn. Ne serait-ce que, impérieusement, pour l'amour de cette basse nauséeuse, nauséabonde, proéminente, narcotique (vous connaissez, bien entendu, le rapport entre Throbbing Gristle et The Cure ?).
Parce qu'on l'a compris, Oranssi Pazuzu c'est du dub ; ainsi qu'ont fini par en jouer tous les grands psychonautes, voyez Blut aus Nord, voyez Godflesh, en se rendant au passage au pouvoir aussi des volutes orientales, qui se déploient à leur aise dans les environnements les plus étranges.
Bref, simplifions - un nouveau coup d’œil à droite ne fera pas de mal : Kosmonument est bien cette chose venue de l'éther profond, cette chose fongique qui emmène au long d'une chaude viscère toute en sauriens méandres aux sphincters constricteurs ... pour où ? Pour les strates nacrées d'un océan de sirop de rouille, dans l'extase cauchemardesque desquelles, selon toutes probabilités, les dernières lucioles de votre perception devraient finir de brasoyer dans la plus limpide paix.

1 commentaire:

blasting D a dit…

excellent groupe!!

autre chronique du disque et surtout une interview sur The blasting days :

http://theblastingdays.blogspot.com/2012/03/oranssi-pazuzu-kosmonument-by-finnish.html