lundi 9 avril 2012

Altar of Plagues : Mammal

Je devrais me rire bien gras de ce disque, qui a plus que son lot d'aimants à quolibets. D'ailleurs je fuis bien volontiers tous les autres disques du groupe - dame ! ces connauds mélangent post-black et post-metal, et si ça ne suffisait pas déjà à en faire d’insubmersibles nunuches, ils sont irlandais par-dessus le marché, et probablement écolos.
Et pourtant ... on se rend à cet album. Humblement, en rampant, la vue brouillée, sous les trombes d'une brutale averse de tristesse crust qui viendrait teindre de jade les ombres roulantes de The Gathering Wilderness, et tirer enfin de sa dessiccation tout ce qu'il peut survivre de souffle noble en nous, dans un aveuglement enfantin ; on se rend à ce qui paraît d'abord joliesse mais se révèle beauté nue comme un caillou, un gros - obtuse, non taillée, écrasante de douleur sans pudeur, sans honte, de sensitivité naturiste ; on se laisse aller, on se laisse dépasser par la grandeur de ce qu'on ne contrôle pas, sans plus chercher à le réduire par le petit esprit, on se laisse aller à la chamade, au vent de tempête de la course, sans demander où en est le terme ou l'issue, on abandonne son sort aux forces qui meuvent les éléments et les continents - oui, assurément il y a tout ici pour se rétamer dans la nunucherie la plus immodérée, quand on ne sait pas faire ; et Altar of Plagues n'a pas su faire, les autres fois. Mais ce coup, ils ont réussi à nous faire Frodon qui vient de partir seul pour traverser l'Emyn Muil, et ce qu'il y a par-delà.

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