samedi 28 avril 2012

Eugene Robinson, 27/4/12, le Black Sheep, Montpellier

Je passerai sur le documentaire projeté, qui passe lui-même tout seul et donne l'impression d'être tel la réalisatrice Mariexxme embedded sur la tournée d'Oxbow, ce qui est plaisant, mais dont j'aurais du mal à définir l'intérêt, mis à part constater que Nico Wenner a tous les airs de ta précieuse new-yorkaise ordinaire caractérisée.
Place à la perf d'Eugene, donc, un slam/spoken word/teaser du roman A Long Slow Screw, récemment enfin traduit en version for the french. On avait eu peur de le lire avant, intimidé par sa réputation de slang littéraire réservé aux vrais. On était un peu inquiet de la perspective de rien bitter non plus à la version vocale, mais Eugene s'exprime for the french, et il articule bien alors quand en plus on a lu Paternostra, aucun souci à signaler.
Et la prestation d'être parfaitement fidèle au bouquin, pandemonium mafieux plus qu'haut en couleurs, trames simples mais puissantes, à la Tim Willocks ou Clint Eastwood, et un style d'auteur certain, qui a l'oral transfère son talent pour les phrases félines dans une propension de négresse de la porte de Clignancourt aux bruits de bouche et autres clapotis de surface des divers appétits, dédains et convoitises qui se chahutent dans ce polar, ainsi que dans une certaine nervosité physique qui laisse à goûter de celle de ses protagonistes ; parfaitement fidèle donc à la puissance et l'assurance de séduction dudit bouquin, celles dudit moricaud, et au sentiment sur lequel la lecture m'avait laissé : manque à toute cette maestria et à cette force d'évocation sauvage, le grain suffisant de cette chose qu'on appellera identification ou ce qu'on veut d'autre de tartignole et midinette, mais que personnellement il me faut pour garder une œuvre au rayon de mes mémorables et cicatricielles - grain que justement je trouve chez Willocks et Eastwood.
Une très agréable soirée donc, et merci à Abel de nous en proposer de pareilles.

1 commentaire:

gulo gulo a dit…

edit : et j'ai oublié de vous conter le savoureux moment de fin, où Eugene nous laisse le temps qu'il se rhabille pour lui poser les questions qu'on voudra - non qu'il se soit mis en slibard, cette fois, il est question cette fois de repasser une veste et, si je me rappelle bien, de rempocher une montre à gousset - "une dernière question ? il vous reste quelques secondes" : total respect à la Grand Méchant Loup attitude et au sourire éclatant qui va de pair