lundi 9 avril 2012

Hail Spirit Noir : Pneuma

Il y a plusieurs couches de réalité (pour ce que ça vaut, ce machin-là...) à ce disque. Il en est une, triviale, où il est obligatoire de citer Ved Buens Ende, Virus, et aussi Valborg, et de trouver un verbe d'interaction avec Opeth, voire un truc en -Patton ; et il en est une autre, sauras-tu deviner laquelle nous intéresse ? - où Pneuma est sans méprise possible, même sans dans la poche l'indispensable guide des amanites, un foutu machin toxique, aux relents de The Wall, de Magical Mystery Tour et de Stup Religion, une abomination de rock extravagant, nappé de sirops de luciole rougeâtres, tirant une grimace mi-Pork Soda mi-Sopor Aeternus sous un chapeau fait d'une ombrelle de tue-mouches géante, roucoulant du David Bowie, évoquant les tréfonds moites du Bab-el-Oued, Illinois de Gash, puis les dancings de Rococo Holocaust et leurs absinthe-paf, puis encore les valses-vinasses de 666 International ... Oui, un foutu machin capiteux et toxique comme l'excès baroque, la force centrifuge, la soupe en quoi elle transforme le cerveau, le speculoos du goûter trempé dans une décoction de datura, la confusion entre régal et tournis affreux, la prosopopée que peut inspirer un estomac barbouillé au-delà de l'expressionnisme ... Pneuma ramène comme une comète aux années où ouvrir un livre d'histoires ouvrait pour de bon des portes sur d'autres mondes terriblement excitants.

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