samedi 7 avril 2012

Killing Joke : MMXII

Faut-il être anglais, pour être capable de pareil album, pour avec ce naturel faire se coudoyer le punk ouvrier et la lumière élégiaque des matins techno, dans le gris uniforme d'un ciel de gruau ... Anglais comme le punk, et anglais comme la techno qui marie printemps, amour et boue. Anglais comme les punks tout naturellement muant techno stalkers, sous le nom de Leftfield ou Underworld, dont Killing Joke tout bien considéré suit le chemin - mais le suit en dansant la danse de Killing Joke, c'est à dire emmené par cet ours du Penjab qui vit le plus clair de sa vie pieds nus dans une ferme au bout du monde.
Et, comme si c'était du plus simple bon sens, en résulte l'album de Killing Joke le plus new wave depuis un bon bail ; bien plus qu'un Absolute Dissent aux clins d’œil œcuméniques finalement trop intentionnés, finalement épuisé par ses propres assourdissants tubes (symptomatiquement, d'ailleurs, de MMXII le tube qui se détache d'entrée en capacité adhésive est aussi le morceau qui fatigue en premier) ; même dans ses francs moments metal les plus infibulés du Killing Joke nouveau millénaire, MMXII ne peut jamais se départir de cette diffuse douce amertume, de ce sourire gris et clair, à l'exemple de cette toujours plus éternellement verte et étonnante voix, capable en un souffle de passer du cantique le plus gazeux au rugissement chtonien à flanquer la chair de poule (et "Primobile" de gagner dans la même foulée le trophée du titre le plus pérave et celui du refrain le plus bouleversant)...
Un authentique album du Killing Joke qui commence, tout doucement, à prendre de l'âge. Probablement aussi, en fait, le meilleur album de Killing Joke depuis un sacré bail. Ces messieurs sont positivement extraordinaires.

5 commentaires:

Raven a dit…

Toujours pas esgourdé putain... (juste le single qui avais fuité, bonnard sans plus, routinier) Il le faut avant le concert.

gulo gulo a dit…

le premier single (le truc techno agressif, là) se révèle à l'écoute, comme tout l'album excepté le second single, mais pas autant que le reste

Raven a dit…

en tout cas Absolute Dissent, sur lequel j'ai un temps cru m'etre emporté, vieillit foutrement bien. C'est simplement un de leurs 3 meilleurs, et vu ta chro qui racole gras pour celui-ci je sens un possible jartage du piédestal, gimme five

gulo gulo a dit…

je l'ai pas trop réécouté, resté que je suis sur le souvenir que parfois il fatigue gravement ; tout comme le peut MMXII dans une moindre mesure, d'ailleurs, l'effet Killing Joke 00's sans doute

Raven a dit…

Je n'avais pas encore esgourdé la chose le 19, mais tant mieux car malgré la déception relative que fût mon premier live de KJ, les morceaux choisis pour le concert se sont fondus de la façon la plus naturelle et troublante au milieu des reliques que sont Requiem et Pssyche. Déjà des hymnes. Et donc là je le découvre tout juste... Difficile encore de savoir si je le préfère au grandiose Absolute, mais est-ce bien important ? Jaz y est monumental dès les premières minutes et s'y vautre comme un pacha, le son a pris de l'étoffe, les refrains sont définitifs... C'est assurément un de leurs grands disques, avec son identité et sa patte perso comme il convient, immémorial, lumineux, tubesque, conquérant, grondant... RAAAAAH, KILLING JOKE !!!! Je vais le laisser s'aérer tranquillement et savourer... *ronron*