mardi 17 avril 2012

Loincloth : Iron Balls of Steel

D'un côté, ce disque fera honneur à son intitulé et saura parler à ceux qui aiment à user de tronçons de chaînes montagneuses en guise de glaçons, pour trinquer avec des cocktails aux noms fruités tels que Coalesce, Meshuggah, Keelhaul ou Intronaut, en frétillant d'un croupion fossile. D'un autre côté, Loincloth a beaucoup à voir, sans même prendre en compte le commun registre metal instrumental, avec les cauchemars d'appellation contrôlée : les Trephine, les Blotted Science, les Tarantula Hawk, les Voivod. D'un autre côté, les testicules sous le pagne et leurs entrechocs pesants ont tout à voir avec ce que Pantera pouvait avoir de plus difforme, voire avec le groupe de beatdown par excellence : je parle bien entendu de Crowbar, dont ils seraient la version pour partie de Warhammer moustachue.
Ça fait déjà une tripotée de côtés. En effet Loincloth a trop de côtés, en bon monstre monstrueux qu'il est. Iron Balls of Steel a a autant à voir avec un film de bagnards du futur interprété par Vincent Gasoil, qu'avec un roman fantasmagorifique de Clive Barker, sous sa couverture de Jérôme Bosch qui va bien. Il danse la valse grimaçante, baveuse et gibbeuse d'un forgeron dont une jambe est plus courte que l'autre d'une bonne tête et qui travaille exclusivement outillé de ses seules mâchoires en sécateur. J'ai tenté de marcher avec cet album dans le casque, c'était pareil que visiter un teknival sous kétamine : tu es à toi tout seul tout le Ministère des Démarches Ridicules, ta caboche fait sa vie, ta jambe droite fait un truc, la gauche un autre, et les vertèbres font ce qu'elles veulent ; tu ressembles à un chamallow qui essaie de se mettre au dancehall ; t'as l'air d'un con.
Dieu sait qu'il faut se lever tôt, pour me faire écouter du rock instrumental, a fortiori du metal - Keelhaul justement en pâtit - mais faites excuse ! on parle ici d'un drunken master style de bourreau baroque et xénomorphe, d'un truc plus musqué qu'une daube de gibier irradié, d'un éboulement de groove non-euclidien, d'une vraie confrontation organique des familles. Alors tombez moi ces frusques et foutez-vous en pagne - et maintenant, pas demain matin !

1 commentaire:

Raph a dit…

moi aussi, rien qu'en lisant leur itw dans Noise, je savais déjà que j'aimerais =)