mardi 10 avril 2012

Necroblaspheme : XXVI : The Deeper - The Better

Cela fait un moment qu'une sourde violence alien sous-tend insidieusement la musique de Necroblaspheme, les bouchers qui aiment le bleu. Elle était dans un vagissement de sirène qu'on retrouve ici ; elle est dans des moments en suspension qui rappellent une certaine "A Warm Place" ; elle se tapit dans un son que leur a usiné un certain vicieux Francis Caste, un son de bête ferrugineuse aux yeux brûlants, les dents empêtrées dans la viande ; elle est partout dans une musique trouble, faite, peut-être, d'un appétit de harpie death metal qui fond, des scies dans toutes les mains, sur des plans qu'on pourrait dire post-hardcore s'ils n'étaient défigurés, refondus dans cette espèce de boue à la teigne en vérité toute punk hardcore, cette sorte de nouvelle forme de hardcore death, cette musique qui se fragmente  et se réagrège à tout instant, masse grondante perpétuellement frissonnante, faisant de l'éboulement une technique d'agression, virant et voltant une danse de derviche où chaque pas renferme une menace, comme pour un fauve, ce flux marbré d'abstraction autant que de nécromantie bien ancrée dans ce que sur M6 on appelle le respect du produit - la viande, et sa traque nocturne en meute ; hardcore surnaturel ou death sans foi ni loi, faut-il réellement choisir ? Necroblaspheme n'est rien d'autre que Necroblaspheme, et ce qui fait probablement le plus leur aura d'étrangeté, c'est cette continue violence, dans un style où la masse se vautre en général dans la simple brutalité, cette douleur qui rôde partout dans leur présent e.p. - le plus à craindre à présent étant que des besogneux veuillent en faire une école, sans comprendre.

Aucun commentaire: