vendredi 27 avril 2012

Peaches : The Teaches of Peaches

Un pari stupide. Une arène pleine à craquer. Pénultième chevauchée : la chaleur…l’épuisement… je m’écroule au dernier coup de rein. Une clameur monte après un court silence. Les quolibets, l’opprobre, mon corps qu’on traine sur le sable souillé des combats de la veille. J’embarque le soir même sur un navire grec, sans autre projet que de fuir le plus loin et le plus rapidement possible.
La suite est confuse : une tempête en mer Egée, un naufrage, une dérive vers l’Est agrippé à quelques planches, une île, une plage. De papillonnants petits rires féminins me font reprendre connaissance. Je suis nu, enchainé, oint d’huile et l’on m’a méticuleusement, très méticuleusement, rasé. La maitresse des lieux me donne mon nouveau nom d’esclave, Dame Carotte, me passe un collier de grelots et d’os autour du cou et déclare "Kramouille contre Kramouille, il pleut, il mouille, c’est la fête à la patchoule". Je ne tarde pas à réaliser que la fête à la patchoule, c’est tous les soirs. Mes maitresses me font goûter, à même leur corps en feu, le suc de fruits délicieusement iodés par les vents marins. Des pêches de vignes. J’observe. On utilise occasionnellement ma virilité et j’apprends à gravir le mont Olympe par d’autres chemins. Des pêches de vignes, du vin et des pêches de vignes… après quelques semaines je décide de retourner à Rome : j’ai une revanche à prendre ! J’y parviens par un concours de circonstances bancal, typique des récits de mon époque. Je n’ai pas fait vingt pas qu’un quidam m’interpelle : "Hé, Spartacus, alors, t’es revenu gros PD ?". Mon sang ne fait qu’un tour : "Envoie-moi  tes musiciens, une amphore de ton meilleur vin et quelques plumes de paons. Envoie-moi ta fille. Si tu n’as pas de fille envoie-moi ta femme. Si tu n’as pas de femme envoie-moi ta mère et si tu n’as pas de mère envoie-moi ta fille. Je l’honorerai comme jamais tu n’as su honorer une femme, misérable. Lorsqu’elle te reviendra à l’aube, radieuse de bonheur, tu pourras lire dans son regard qui c’est, le gros PD." Je campe mes mains sur les hanches, renverse ma tête en arrière, et part d’un rire énorme. Et les Dieux rient avec moi. Et l’homme devient livide. Une créature arborant d’énormes bourses velues en lieu et place de poitrine surgit des entrailles de la terre et l’entraîne dans les profondeurs. Le gouffre se referme sur ses hurlements, ne laissant sur le sol qu’un noyau de pêche desséché.

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