lundi 18 juin 2012

Me & Gerda Are Both Dead Like You

Les parfois fatigants Gerda (pas sur disque, en général, remarquez) se fendent ici de peut-être leur meilleur morceau, le plus mémorable assurément, liquide ce qu'il faut autant qu'abrasif au sens le plus concret du terme, avec sa basse onduleuse et pulsatile, et ses cris posés comme de l'écume sur la crête de riffs, en tôle brute et déchiquetée, de post-hardcore à son plus tangent au post-punk, le morceau grisant par excellence, qui submerge d'entrée dans le vif des choses pour ne plus le quitter, et agite le sujet comme peut faire un rouleau de mer - je ne sais pas d'où ils sont en Italie, mais on entend la mer et son appel sous le ciel gris du soir, pour sûr - cette chose qui ne ressemble à rien d'un disque d'Isis, lorsqu'on a grandi sur sur ses rivages, croyez-moi sur parole.
Délicate situation pour mes voisins de Dead Like Me, que de passer après ça ? A moins que non, et qu'on entende une autre sorte de fluidité, elle qui est tout ce qui importe pour réussir à me faire intéresser à ce type de hardcore chaomathématique, Colaesce en mode écorché, avec une agilité d'acrobate à la 108, pour faire ça grossièrement, ce qu'on ne peut pas dire de la façon Dead Like Me de faire les choses ; comme pour Gerda, on croit retrouver de fantomatiques sensations noisy nineties in France, dans cette exigence permanente de sincérité qui fait toute la différence quand il s'agit de rendre perméable et, mieux, très engageante et tentante cette musique si instable et rudoyeuse ; elle est dans la fièvre communicative des guitares intenables, dans la teigne sobrement élégante de la batterie, dans la naturelle rugosité de la voix et ses humeurs sans chichis ; elle est la plus irrésistible des invites.
Un disque qui fait voir le rouge sang de la vie derrière le gris, tellement punkement généreux qu'on s'y croirait à l'Up & Down, où d'ailleurs il serait du meilleur goût qu'ils donnassent la release party qui s'impose.

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