lundi 18 juin 2012

Mike Scheidt : Stay Awake

Cochon de barbu ! Il choisit juste le moment où ma longue étanchéité à Yob doucement cède, pour benoîtement sortir ce bouleversant album d'un genre avec lequel j'entretiens les rapports de la plus grande défiance : l'apofolk. Mais Stay Awake, voilà l'affaire, ne me renvoie qu'à ceux que j'aime dans ledit genre : Sol Invictus et Roses Never Fade. Bien autrement que les fastidieux albums pour barbe solo des deux ours corniauds de Neurosis (Yob, Neurosis, vous souffrirez que je ne justifie pas davantage le parallèle), il dresse un incroyable paysage de terre laissée ravagée par les flammes de l'apocalypse nucléaire, déserte et pourtant brûlante d'amour nu mauve et orange, sur laquelle flotte frissonnante la voix du dodu croisement d'Ozzy et Lennon, irisée par éclairs de douloureux reflets d'orfraie soul, d'Axl Rose, voire de Zakk Wylde, selon les besoins émotionnels de ces chansons qui toutes sont des braises, émiettées du magmatique cœur d'artichaut du hippie volcanique, du sirop de kumquat, de sang et d'or en fusion qu'est sa lancinante tristesse, bienveillante comme un sein pleurant le lait, de madone velue qui égrène ses litanies vibrantes et enluminées de vie, à genoux dans le champ d'un Woodstock transformé en Hiroshima.
Ce sacré type est un bijou, c'est bien ce pressentiment qui m'avait fait ouvrir mes perceptions à ses salades la première fois que je l'avais eu en face.

Aucun commentaire: