dimanche 10 juin 2012

Witchrist : The Grand Tormentor

Comment éviter de continuer à tracer des parallèles entre Witchrist et Diocletian ? Le second Witchrist, comme le second Diocletian, surprend, et d'une assez semblable manière. Quand War of All against All abandonnait les riffs en forme d'ombres de bombardiers noirs sur ciel noir d'hiver nucléaire de Doom Cult, pour un intoxicant ciel bleu fracassé par le déluge de flammes de la bataille dernière contre toute pureté, The Grand Tormentor de son côté lâche le sombre orangeasse pisseux à peine distinct sur le noir terreux de Beheaded Ouroboros, pour ... eh bien, ce blanc pétant épatant, aussi lisible que les paroles (mais oui !) dans le livret et, qui plus est, les riffs (!). Oui, le nouveau Witchrist est lisible, il a le son ronflant, chaud, dodu en basses, félin même, et il se livre à la débauche de sa puissance ouvertement ; car il est toujours question de guerre sainte, mais cette fois on a sorti les géants numides obèses, les grandes trompes de cuivre, les éléphants, les étendards calligraphiés et les catapultes. Bien sûr, vous n'êtes pas allés croire tout cela littéralement : cette triomphale avalanche de fanatisme, cet holocauste cérémoniellement paresseux - car comme de juste le tempo aussi s'est globalement alourdi, avec tout ce militaire appareil à mettre en branle - n'est toujours bâtie qu'avec du riff, certes plus à chercher du côté de Gateways to Annihilation que de Triumph.Genocide.Antichrist, mais toujours non moins malignement truffé de cruelles sécrétions de solos effervescents autant qu'infectieux, qui sont la clameur des sucs gastriques qui clabaudent déjà d'impatience pour leur festin. Witchrist laisse derrière lui sa suffocante furie élémentale pour, fendant la croûte terrestre, émerger glorieusement dans toute sa gourmandise, sa pompe, et la jouissance de sa propre domination, et pourtant dans ce ruissellement de puissance baryton l'on croit encore entrapercevoir une iridescence de ce qu'elle contient encore après, comme une chrysalide pour quelque chose d'encore plus éblouissant qui y frissonne de vorace impatience.

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