mardi 3 juillet 2012

Khold : Krek

Le seul groupe de norwegian negro-spiritual qui fera irrépressiblement émerger à l'esprit les noms funky de Godlfesh, Korn, Unsane et Therapy?, malgré le maintien inflexible voire roide d'un très rigoureux cap celticfrostien tout ce qu'il y a  de constipé et grimacier, se payant par-dessus le marché le luxe douteux de pratiquer une ligne éditoriale digne seulement d'Iron Maiden ou Megadeth dans ses jaquettes - dans une humeur plus Bergman, c'est le Grand Nord ici - et celui, plus bellâtre, de nous la causer en version originale exclusivement - et lourdement, encore, ne nous épargnant dans l'exercice pas un seul r grasseyé d'orc chagrin ni aucune dentale crachotée, en gargouille tellement au-delà du caricatural, là dans les eaux de l'expressivité la plus extravagamment sincère, qui redouble la force de ces riffs patibulaires, ingrats, frustes, moroses, et appuyés, à la façon d'un ancêtre funeste et forestier de la dépravation des crapauds Craft, ces riffs de carne traînante ballotée entre crises d'acidité gastrique et chapes de neurasthénie bougonne, entre ampleur sans ampleur et ampleur aplatie, ces riffs et cette protubérante basse harassée d'idées noires, et ce si reconnaissable jeu de batterie martial de pingouin sociopathe, tous traits si inimitables d'un groupe dont on a coutume de dire qu'il joue du black pur tradi et en bâtit des albums tous interchangeables, ce qui est une des plus flagrantes et des plus doubles contre-vérités que je sache, chez ces étranges êtres mal-entendants que sont les métalleux. Krek, des albums de Khold, n'est pas le plus godfleshien comme il peut sembler de prime abord, il est plus sûrement le plus riche, avec ses airs insurrectionnels orageux qui font planer un parfum de Killing Joke, et ses saillies death-blues d'entombeur à en faire verdir d'impuissance n'importe quel groupe de crust-metal fraîchement signé chez Greg Ballou et Kurt Anderson, et son humeur dépressive digne d'un Shining qui n'aurait pas eu besoin de pougnette heavy pour se trouver des baloches - juste d'un don de la ligne de basse à l'austère et teigneuse noblesse cold-wave, Even as All Before Us et Kronet til Konge à l'horizon... Mais pourtant n'en doutez pas, mis à part ce détail que Khold est LA réponse fatale à la sempiternelle et pseudo-épineuse requête "un groupe de beumeu où on entend la basse", les gens ont bien raison : Khold joue album sur album de blackthrash engourdi et frostien. Vous trouvez qu'un disque de Motörhead ressemble à un autre disque de Motörhead, vous ?

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