mardi 24 juillet 2012

Necrovation : Necrovation

Le death metal est une chose trop délicate pour être laissée aux métalleux.
Ils disent old school, suédois et influences heavy, et ils estiment avoir tout dit. A la rigueur si c'était pour préciser : un genre de Puteraeon purgé de toute sa teneur motarde, un genre de Stench dénudé de toute son écume punk - mais surtout plutôt un genre d'Autopsy aristocrate, un genre d'Asphyx sarcastique...
Mais comment ne pas vouloir, tant bien que mal tout du moins, dire ce coup de plume, le même que celui de la pochette (déjà, celle-là on la voit, on sait qu'on n'a pas affaire à un client ordinaire, si on est normalement constitué), ce trait des guitares à la limpidité d'eau-forte, et leurs couleurs qui ont la verdâtre halluciné des soleils ambigus de fin du jour, et cette sinistre démence gothique dont les amis distingués se prénomment Edgar Allan et Howard Philip, cette polyphonie arachnéenne de cruel fer forgé, ces sardoniques arcs-boutants, de partout gauchis et grinçants et grimaçants ; la laideur anguleuse et crochue qui est toute la formidable beauté du death metal ne germe pas ici comme chez Morbid Angel de la brutalité la plus drue ; ici l'on croit presque entendre des clavecins s’esbaudir dans des entrechats de guingois, les riffs sont dégingandés et voient double, les cymbales fourmillent par-dessus la panique dératée des caisses ; et, mal gré qu'on en ait, les impossibles mélodies surnaturelles se chevillent au crâne, inexorablement ; mais ne croyez pas, à la description de plaisirs si sophistiqués, que pour autant les gencives dégoulinassent moins de sang souillé.

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