jeudi 19 juillet 2012

Sigh : In Somniphobia

J’ai quelque chose à cacher et tu as quelque chose à cacher, je sais que tu as quelque chose à cacher et tu sais que j’ai quelque chose à cacher : les combats de barbus sont généralement sans pitié et celui-ci n’a pas dérogé à la règle. Ludwig Otto Friedrich Wittelsbach von Wilhelm encore tremblant du meurtre de son psychiatre personnel pénètre dans l’eau glacée. Il s’avance, s’enfonce jusqu’à mi-cuisse, s’avance encore. Après s’être barbouillé le foie des pâtisseries les plus baroques tuer un homme à main nue n’est pas une mince affaire. Le corps de l’assassin n’est que sang, sueur, sucre glace et crème au beurre. Son âme se détache et emprunte la première des sept cent soixante-dix-sept marches que lui seul a le pouvoir de descendre éveillé. Réalité castratrice, instincts muselés, il quitte sans remords un monde gris, trivial et décidément contrariant. Exalté par son crime il bouillonne, élabore, échafaude à toute vapeur les détails de son existence à venir…s’adjoindre les services d’Ennio-comme-ses-pieds, d’Yvette-chaudasse, de Charles-oligo-élément, de Melinda-Pimbêche et de Rocco-rococo-les-mains-pleines…faire bâtir une demeure immense toute en façades ventrues…la peupler de gros chats oisifs, de garçons de joie frivoles et de fantômes larmoyants… orner ses balconnets de chérubins ensanglantés…l’entourer à perte de vue de jardins labyrinthiques et luxuriants…y donner grand bal sous une pluie de pétales de rose…valser aux rythmes contrefaits de chorégraphies sirupeuses…valser aux bras de Sophie-Charlottes embarriquées d’enfant-monstres… couronner toutes les têtes… illuminer au ralenti le ciel de feux d’artifices rémanents…enclafoutir la cerise de l’officier d'ordonnance…enclafoutir la cerise du maître de cavalerie…survoler le plateau de Leng en ballon dirigeable …

Grésillements, frissons, hoquet : le roi fou disparait dans les flots.

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