mardi 28 août 2012

Father Befouled : Revulsion of Seraphic Grace

Voici venir les rois de l'harmonique sifflée ... Mais allons, n'invoquons point plus qu'il n'est besoin le dj d'Idéal J : Revulsion of Seraphic Grace et son titre sapeur démontre suffisamment que Father Befouled a d'autres cordes à son arc dans la discipline qu'il est convenu d'appeler "death blasphématoire" (contrairement à Morbid Destitution of Covenant ?).
Ils ont un batteur dont les seuls collègues auxquels il fait penser ou presque, et ce malgré un son renversant de réalisme dans la catégorie "tibias de cyclope" - sont ceux de Dead World et de Klinik, si vous me suivez.
Ils ont le fait de vivre dans un monde de semoule - oh, l'on sent bien, et souvent, même, qu'ils ont envie d’accélérer, et voyez, ils se lancent ; mais chaque fois, bien vite, la double pédale commence bien proprement à ralentir, à s'enrayer, à renâcler, à patiner, à feignasser, oh et puis merde, et à retourner à sa chère bougonnerie - Revulsion, c'est un peu une vaste crypte pleine de voûtes pénombreuses, qui sert de tanière à quelque ombrageuse bête aussi ronchonne que dangereuse, et que l'on visite sans trop savoir si seulement elle est sortie gambader, ou si du moins elle a déjà été nourrie pour la soirée. A ce stade d'humeur pâteuse c'est même plus du doom-death, ce serait du doeaothm.
Et puis, magnifiée par tout le reste, il y a : ce don inestimable pour le riff et la mélodie moches, qui sont de l'or dès lors qu'il est question de death. De ce côté, Caca sur Papa est à une sorte de carrefour entre Grave, Blaspherian et Cianide : excusez du peu.
Mais ce qu'il y a surtout, c'est que Revulsion est un disque qui soulage et rassure : non, on n'avait pas tort de trouver que quelque chose manquait et n'allait pas avec l'album de Disma ; et aujourd'hui le voilà, cet album qu'on espérait, d'ultradeep deluxe occultomormétal (ça sonne pas encore mieux que motoculteur, ça ?), l'album de canapé-death moëlleux, l'album de death seize cylindres en V qui ne tourne qu'en première, le death de baron, Funebrarum - justement - et Barry White dans le même groupe, tels deux doigts dans la même gorge, qui réussissent à tenir les promesses d'un titre aux allures programmatiques, conjuguer avec l'élégance haut-de-forme de la pochette rustre hideur et volupté cossue, sybaritie sophistiquée et goût du terne chevillé au neurone. Le muscle de la profanation, dans toute la vile simplicité atavique de son fonctionnement. Le nerf du death metal.

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