mardi 7 août 2012

Grimes : Visions

J’en parlais récemment à ma tente, les canadiennes sont étranges. Lorsque la providence t’accorde un nom aussi délicieux que Claire Boucher (ne te maries pas, Claire, ne te maries pas) et que tu te lances dans le quatrième art, tu te dois de produire un son qui fasse honneur à ton patronyme. Mais non ! Contrairement à ce que la pochette Pushead-style pourrait laisser penser mademoiselle livre ici une électro-céleste diaphane jusqu’au transparent. Si les premiers titres retiennent l’attention par leur magnétisme virginal, la production peau d’anguille et la voix de petite-chatte-blanche-avec-un-ruban-sur-l’oreille entraîne irrémédiablement la suite vers une musique de pole dancing pour strip-teaseuses sans seins. Comme le tofu, Grimes a le gout de ce que tu y rajoutes. Comme la galette de riz soufflé bio (celle qui te colle au palais pendant que tu te demandes si tu aimes, si tu aimes pas ou si, au fond, tu t’en fous), Grimes peut provoquer une fascination passagère pour le vide. Quoiqu’il en soit 4AD a sans doute eu le nez creux : les gros puceaux s’extasieront une semaine avant d’aller s’enthousiasmer ailleurs; les autres iront se purger avec un bon vieux Cocteau Twins.

1 commentaire:

Innamorato a dit…

Bon, moi j'adore Grimes, comme pas mal des sorties 4ad (je trouve qu'ils ont jamais perdu le cap en ce qui me concerne, même si Ariel Pink sortait bcp de leur veine habituelle), je trouve que la Clara Butcher est dans un entre-deux indéfinissable, bien moins organique que Cocteau, qui joue assez sur le côté désuet et dégénéré, tout en étant complètement fuyant. En plus elle a une trombine entre Louise Ciccone et Frida Kahlo, qui fait assez mouche dans les clips (soit indie ultra ridicules, soit en mode cosplay lady gaga total). ça joue, le visuel, chez 4ad...